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CQFD N°074


À L’ARRACH’

COMMENT BIEN S’ASTIQUER L’AXE DU BIEN

Mis à jour le :16 février 2010. Auteur : Georges Broussaille.


L’ADHÉSION à l’OTAN est aux pays de l’Est ce que le bac est aux lycéens : un rituel de passage. Mais pour être membre du club, pas besoin de passer un concours, il suffit de faire plaisir à l’examinateur de la Maison- Blanche. Envoyer des soldats se faire trouer la peau en Irak et en Afghanistan et/ou héberger des bases militaires US font partie des gestes qu’on attend du zélé postulant. On sait maintenant que, sous Bush, accueillir un centre de torture secret de la CIA était du dernier chic. La Pologne, qui venait d’être admise dans le club, la Roumanie et la Lituanie, qui aspiraient à l’être, ont choisi cette option. Pour cette dernière, qui n’a pas assez de chair à canon à sacrifier, c’était un bon moyen de faire de la lèche. En 2002, les services de renseignements indigènes offrent à la CIA un local à Vilnius. À la fin de l’année, le pays est admis en classe prépa. En mars 2004, la CIA achète un club hippique à Antavilai, au nord-est de la capitale. À la fin du mois, la Lituanie obtient son diplôme de membre officiel. Situé au cœur d’une forêt, loin des regards indiscrets, le centre de torture est à moins d’une heure de l’aéroport international d’où débarque la matière première. Pouvant traiter huit suspects à la fois, le centre a fonctionné de septembre 2004 à novembre 2005, avec au programme passage à tabac, simulation de noyade, privation de sommeil. Aujourd’hui que l’affaire est ébruitée, les âmes sensibles sont choquées. Mais être une escale dans l’archipel du goulag mondialisé n’est pas si cher payé quand on peut accrocher au mur du salon son diplôme de défenseur des droits de l’homme.

Article publié dans CQFD n°74, janvier 2010.






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