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CQFD N°011


La chance aux chansons

Le monte-en-l’air et les démontés

Mis à jour le :15 avril 2004. Auteur : Will et Pierre Etbunk.


La nouvelle édition augmentée des écrits du marseillais Marius Alexandre Jacob, célèbre monte-en-l’air anarchiste de la (pas si) Belle Époque, vient tout juste de sortir chez l’Insomniaque (insomniaqueediteur.free.fr). Elle comprend un CD de textes anars, certains écrits par les compagnons de Jacob au sein des Travailleurs de la nuit, accompagnés d’une musette rock tailladée au piano à bretelles. La reprise individuelle des richesses prônée par ces infatigables rois de la cambriole avait défrayé la chronique. Le vol comme entreprise révolutionnaire, attaquer la société bourgeoise dans son essence même : l’oseille et son appropriation exclusive. Évidemment, une partie du magot était redistribuée à la cause libertaire. Une saynète retrace le procès d’Amiens où comparaissait toute la bande et où Jacob, avec une intelligence redoutable, réussit à détourner le cours de l’audience. D’accusé, il se fait accusateur et démonte un an à un les fondements de l’exécrable société. On le range souvent un peu facilement dans la case « individualiste-illégaliste », comme d’autres activistes de la propagande par le fait et de l’action directe, tels H. Henry et sa rue des bons enfants, Ravachol et ses marmites ou, plus tard, Bonnot et ses bandits tragiques. Comme la plupart des combattants révolutionnaires, Jacob connut l’enfermement. Il survécut à vingt-cinq ans de prison et de bagne. Toute sa vie il aura lutté pour que « les hommes mettent en commun leurs joies et leurs peines, leurs travaux et leurs richesses et que tout appartienne à tous ».

Will


Encore un disque qu’on n’est pas prêt de trouver à la Fnac ! Inertie, jeune formation bordelaise, si jeune qu’elle vient de splitter après seulement neuf mois d’existence, sort une démo cinq titres apparemment conçue à la maison, au-dessus d’une bassine. Le CD s’écoute d’une traite, pas de pause entre les morceaux, et quand ça s’arrête, ça fait autant de bien à nos nerfs auditifs qu’aux cordes vocales du chanteur. Inertie ne joue pas en effet dans la dentelle avec ses instruments martyrisés à la façon punk old school. Au niveau de la voix c’est du pareil au même avec des intonations hardcore qui rendent les paroles quasiment inaudibles. Heureusement, la pochette cartonnée contient leurs traductions en français (et même en espagnol et anglais), sur des feuillets minutieusement découpés au cutter. Ça aurait été dommage de passer à côté. Je ne sais pas ce que le curé du village a bien pu faire à ces trois garçons, mais la religion s’en prend plein la gueule. Les autres morceaux s’enchaînent et se ressemblent, jamais de refrain, quelques phrases qui tirent juste et touchent leur cible, à savoir le modèle imposé du jeune cadre dynamique, sportif et fier de l’être. Ne pas croire pour autant que les adeptes de la chanson à texte trouveront plaisir à cet album, résolument réservé aux partisans de musiques violentes et rentre-dedans. Infos et morceaux téléchargeables sur www.inertie.fr.fm.

Pierre Etbunk

Publié dans CQFD n°11, avril 2004.






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