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CQFD N°075


RAGE DEDANS

CONTRITION, PIÈGE À CONS

Mis à jour le :22 mars 2010. Auteur : Sébastien Fontenelle.


RIRI LÉVY – connu sous le sobriquet, aussi, de BHL–, est comme tu sais (le moyen de l’ignorer) en tournée parisienne, depuis la mi-janvier, pour la promotion de ses deux nouveaux albums : un live enregistré en avril à Normale Sup, De la guerre en philosophie (que nous appellerons DLGEP, histoire de gagner du temps et de moins se faire ch***), et une compilation de quelques récents tubes, Pièces d’identité.

Une journaliste du Nouvel Observateur a lu DLGEP, avant qu’il n’arrive en librairie(s) : elle a découvert que Riri Lévy y fondait sans rire sa fustigation d’Emmanuel Kant sur les travaux d’un certain Jean-Baptiste Botul, philosophe, qui présente l’amusant signe particulier de n’avoir jamais existé, mais d’être né de l’imagination d’un autre journaliste – Frédéric Pagès, du Canard enchaîné.

Confronté à cette évidence, peu nouvelle au demeurant, qu’il est un rigolo de catégorie 9, Riri Lévy ne s’est bien sûr pas démonté – ça me faitm’esclaffer de m’être laissé prendre à un si raffiné canular, a-t-il expliqué : je suis pas le premier qui tombe dans un panneau, je serai pas le dernier, ce sont des choses qui arrivent régulièrement aux esprits de haute élévation, alors, vois-tu, je t’emmerde.

Que nous dit cette divertissante saynète ? Elle nous dit que, de tou(te)s les journalistes qui depuis janvier font, d’une manière ou d’une autre, la réclame des nouveaux albums de Riri, une seule, celle du Nouvel Obs, les a vraiment lus : les autres, fumistes plus qu’il n’est permis, ont négligé de prendre connaissance du contenu des bouquins dont ils ovationnaient ri(ri)tuellement l’auteur – à moins, évidemment, et cela serait, je crains, plus accablant encore, qu’ils n’aient pour de bon lu DLGEP, auquel cas leur inculture est si consternante qu’ils n’ont même pas relevé que Riri s’appuyait sur l’œuvre d’un philosophe imaginaire : pour des gens qui prétendent initier leur lectorat au secret de la vie des idées, tu conviendras que ça la fout mal.

Christophe Barbier, de L’Express, Éric Conan, Nicolas Domenach et Alexis Lacroix, de Marianne, Olivier Jay, du Journal du dimanche, et Catherine Schwaab, de Paris Match, pour ne citer que ces quelques-là, qui ont entretenu Riri de son live comme s’ils l’avaient attentivement lu, mais sans rien détecter de sa contamination botulique, devraient par conséquent s’embarquer, à bord du Marion Dufresne, pour un exil aux Kerguelen –où ils attendraient quelques mois que l’on oublie la crue révélation de leur amateurisme.

Naturellement : ce n’est pas du tout ce qui va se passer. Contrition, piège à cons ; tu peux être certain(e) que ces renommés professionnels vont, comme de si de nothing n’était, continuer à pontifier – distribuant même, qui sait, quelques rudes leçons de déontolo-mes-yeuks. Pitre, coco ? C’est un métier.

Article publié dans CQFD n°75, février 2010.






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