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CQFD N°075


LES ENTRAILLES DE MADEMOISELLE

SUBTIL ET MYSTÉRIEUX

Mis à jour le :23 mars 2010. Auteur : Mademoiselle.

Après la parution du récent rapport de l’IGAS [1] sur la contraception et l’IVG [2], nous avons eu le plaisir de voir émerger de la grande mare médiatique une étrange question : « Pourquoi des femmes tombent-elles encore enceintes accidentellement ? »

près enquête, il paraîtrait que ce phénomène paranormal serait dû à la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde,et que cela arriverait souvent dans le cadre d’une relation hétérosexuelle. Je vous explique le principe. Chez un couple moderne, on distingue en général trois étapes types, constitutives du Rapport sexuel, avec un grand « R » comme dans Rrrrrôô. La première de ces trois étapes est appelée « préliminaires ». Quand on est un gentil garçon qui veut que sa partenaire se prépare psychologiquement à recevoir la sainte onction,on se doit d’en passer par là,parce que Lafâme respectable est un être éminemment cérébral, qui ne se livre pas comme ça, c’est bien connu.

En général, on dit « les préliminaires », parce qu’on est censés y faire plein de petites choses sympathiques avant de passer au sérieux, au noeud du problème : le coït. Ce dernier consiste en une sorte d’imitation de l’acte reproducteur que, dans une attitude fort subversive, on peut se permettre d’agrémenter de nombreuses fioritures, tout en veillant cependant à ne pas le dénaturer. L’essentiel réside dans la conclusion de cette étape, nous menant à un troisième stade crépusculaire, comprenant une expulsion de sémillants spermatozoïdes vers l’ovule, tapi dans l’ombre de ce mystérieux et inquiétant corps féminin.Vous pouvez gesticuler comme vous le souhaitez, vous muer en une sorte de Shiva du matelas, peu importe, l’essentiel de la trame est là. Point de salut hors du très respectable triptyque : préliminaires, coït, éjaculation. Allez d’ailleurs demander à un(e) hétérosexuel( le) ce que peuvent bien faire ensemble deux lesbiennes, sans pénis, vous vous apercevrez que l’imagination la plus débridée fera alors très rapidement intervenir un substitut au phallus afin de recréer un ordre du monde rassurant, c’est-à-dire qui s’emboîte bien et qui ne s’éloigne pas trop de la nature. Mais faisons fi des lesbiennes, que les questions de contraception n’étouffent pas, et revenons à cette folle découverte : au cours d’une vie sexuelle active centrée sur une pratique hautement fécondante, il finit parfois par y avoir… fécondation. Pour faire mine de s’étonner de ce phénomène, la recette est assez simple, puisqu’il suffit de brandir la figure de l’aimable conne irresponsable qui ne sait toujours pas gober correctement sa pilule (remarquez au passage qu’il n’y a jamais grand monde pour évoquer la responsabilité de ceux qui, allègrement, sèment à tous vents). En jetant à la gueule de ces femmes leur archaïsme navrant, cela permet d’éviter de se demander si, par hasard, ce ne serait pas plutôt la sexualité qui serait toujours inscrite dans un schéma très traditionnel, au sein duquel chacun rejoue un immuable rôle bien balisé, où sexualité et reproduction restent encore très étroitement liées.

Article publié dans CQFD n°75, février 2010.


[1] Inspection générale des affaires sociales.

[2] Interruption volontaire de grossesse.





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