Accueil
Sommaire du N°012
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°012



LES BREVES DU N°12

Mis à jour le :15 mai 2004. .


Catastrophe

« C’est une catastrophe », pleurnichait François Chérèque après la belle victoire judiciaire des recalculés marseillais (Le Monde, 16/04/04). Invitée par CQFD à commenter cette déclaration, Elisabeth Sanguinetti, l’avocate des plaignants de Marseille, rappelle que l’indécrottable patron de la CFDT « n’a jamais dit un mot sur les chômeurs que sa convention a dépouillés du jour au lendemain. Aujourd’hui, il gémit partout que c’est à cause d’eux si l’Unedic va mal. Ce qu’il oublie de préciser, c’est qu’il y a trois ans, l’Unedic était excédentaire de trois milliards d’euros avec le même nombre de chômeurs, mais qu’entretemps, les cotisations patronales ont été sérieusement revues à la baisse. » Heureusement pour le Medef, Raffarin et Borloo préfèrent se retourner un ongle plutôt que de demander aux patrons de restituer ne serait-ce qu’une miette de leur gâteau. Mais la catastrophe, la vraie, ce serait qu’un type comme Chérèque disparaisse du paysage : chaque fois qu’il ouvre la bouche, ça vous met de l’huile sur le feu pour la semaine.

Réforme

Le 8 avril, quarante-sept députés ont déposé un projet de loi pour rétablir la peine de mort à l’intention des « auteurs d’actes de terrorisme ». Parmi ces réformateurs, on notait la présence du marchand de canons Olivier Dassault, si attaché à la peine capitale qu’il l’exporte aux quatre coins du monde.

Embauche

Cinq mille postes sont à pourvoir dans la police. Ce n’est pas l’ANPE qui s’en plaindra : « Policier, un métier qui ne connaît pas la routine », draguait le site internet de l’agence pour l’emploi en avril, dans une annonce signée Jean-Michel Illionnet, chef de mission pour le recrutement au sein de la maison poulaille. Pour appâter le chaland, le recruteur use d’un argument convaincant : « On pense à tort que le métier de gardien de la paix est mal rémunéré. Pourtant, le salaire d’un gardien en début de carrière est bien plus élevé que celui de n’importe quel fonctionnaire de catégorie C. » C’est ce qui s’appelle donner une carotte à ceux qui ont déjà le bâton.

Testostérone

La tradition veut qu’à Paris, pour la grande manif du 1er mai, les militants de la CNT et le service d’ordre de la CGT se livrent une bataille de pelochons place de la République. À défaut de pelochons, il arrive que les coups de pied, de poing et de tête fassent aussi l’affaire, surtout pour la CGT, qui dispose de quelques atouts dans ce domaine. Cette année, le cortège de Thibault-boulot-dodo a fait très fort. Alors qu’il se baladait avec deux copains devant le carré de tête, un tout jeune membre de la CNT se fait attraper et jeter à terre par un groupe de cégétistes de l’Union départementale de Paris. Ce qu’il va endurer tiendra plus du lynchage que d’une confrontation de vues sur le syndicalisme de lutte. Le cénétiste finira à l’hosto en état de coma, le crâne abîmé, la mâchoire brisée, un œil explosé. Ses copains aussi ont été sérieusement blessés dans la rencontre. Des témoins membres de la FSU, peu suspects de complaisance pour les syndicalistes anars, racontent que les passeurs à tabac ont surgi sans raison apparente, sans la moindre provocation préalable de la part du cénétiste. Peut-être pour toucher la prime de résultat ?

Activité

Pour causer du revenu minimum, qu’il soit « d’insertion » ou « d’activité », une réunion avait lieu le 5 mai à la mairie de Paris entre des huiles municipales et des représentants de syndicats, d’entreprises d’insertion et de collectifs de chômeurs. Selon le récit d’un membre d’AC !, la rencontre valait le coup d’œil. Christian Sautter, adjoint de Delanoë aux affaires sociales, commence en expliquant que la meilleure insertion, c’est le travail, s’enorgueillit des contrats fauchés façon CES, revendique la mise au boulot de trois mille huit cents Rmistes l’année dernière et fait l’apologie des forums de l’emploi promus par la Ville en partenariat avec les entreprises, l’armée et la police nationale. Les chômeurs posent la question : Delanoë va-t-il appliquer le RMA ou tenir la promesse faite par Julien Dray après les régionales ? La réponse est unanime : non, le RMA, il ne faut pas. La CFDT et les entreprises d’insertion n’en demandent pas moins sa mise sous œuvre sous un label éthiquement amélioré, coloré de rose. La Ville se balance sur son siège : pas de RMA pour le moment, mais après, on ne sait pas. « Le discours très centré sur le travail laisse penser que la municipalité va accroître les pressions déjà existantes pour forcer le maximum d’entre nous à bosser », conclut le délégué d’AC !

Publié dans CQFD n°12, mai 2004.






>Réagir<

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |