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CQFD N°012


NOUVELLE SÉCURITÉ À LA RATP

TÉLÉSURVEILLANCE DANS LES BUS PARISIENS

Mis à jour le :15 mai 2004. Auteur : Marion Tromel.


Non contente de défendre les intérêts des multinationales en demandant des peines exorbitantes contre les barbouilleurs d’affiches, la RATP se pique de transformer ses autobus en salons de thé pour ménagères de plus de cinquante ans, avec écrans publicitaires intégrés siouplaît. Pour cela, la régie a passé contrat avec le numéro un français des technologies de défense et de sécurité : Thalès (ex-Thomson CSF), apprécié entre autres pour son concept « Shield » de contrôle high tech des frontières, garanti étanche aux demandeurs d’asile et autres indésirables. Mais Thalès sait aussi mettre ses technologies au service de la sécurité urbaine. Heureux voyageurs franciliens qui, à peine grimpés dans un bus, seront monitorés, surveillés, détectés et se sentiront enfin en sé-cu-ri-té. Le contrat, signé fin mars, prévoit d’équiper en dix-huit mois 1 200 bus avec 5 500 caméras couleur, dont 1 300 dotés d’un dispositif audio et de disques durs amovibles. Depuis quatre ans, la Rateupeu a déjà équipé 2 000 véhicules sur les 4 000 en service. Les caméras seront munies du top du top de la reconnaissance d’image, promet Thalès, qui vante « le plus important projet européen de vidéosurveillance numérique embarquée ».

5 500 caméras dans 1 200 bus

Chaque dispositif de quatre caméras a une capacité d’enregistrement en boucle de cinq heures. Au moindre mouvement suspect repéré par les agents des « centres de supervision distants », les enregistrements seront « examinés ». Par des agents de sécurité assermentés et en présence d’officiers de police, s’empresse d’ajouter Philippe Bruneaut, responsable du projet. Et on vous parie même que les fauteurs de trouble seront fichés avé la photo. Sinon, à quoi servirait-il que Thalès leur fourgue ses machins d’identification faciale et de reconnaissance de comportements, dont on sait déjà qu’ils ne font pas la différence entre le type qui lève le bras pour s’accrocher à la rampe et le mec qui s’apprête à taguer le plafond. Certains objecteront que « si on a rien à se reprocher, on a rien à craindre ». Pas sûr qu’ils diront la même chose lorsque les caméras prouveront qu’à l’heure où ils avaient juré à leur épouse d’être en réunion avec un client, ils étaient dans le 68 avec une dame portant tailleur rouge. Ou lorsqu’ils figureront « par erreur » dans le fichier et que le chauffeur, dûment informé par les superviseurs, les fera illico descendre du bus. Le plus dur étant ensuite de prouver qu’ils n’ont rien à faire dans le fichier ou que tout cela n’est que le fruit d’une ressemblance fortuite. Dommage collatéral, on appelle ça. Et puis, ça fait carrément chier de devoir supporter la pollution sonore des messages info-commerciaux dont la RATP entend nous gaver par la même occasion. Amis antipub, au secours !

Publié dans CQFD n°12, mai 2004.






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