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CQFD N°012


RENCONTRES ANTICARCÉRALES

PARLOIR SAUVAGE À BARCELONE

Mis à jour le :15 mai 2004. Auteur : Willy Daunizeau.


L’arrivée sur Barcelone se fait sous une pluie battante. Au fond dans la grisaille se dresse la Wad Ras, une prison pour femmes en pleine expansion. Nous arrivons à l’Espai Obert, un centre autogéré où se déroule une rencontre internationale sur la prison (du 23 au 25 avril derniers). Venus des quatre coins d’Europe, les participants doivent discuter d’un projet de réseau international regroupant les divers collectifs en lutte contre la société carcérale. L’avocat catalan Endika Zulueta nous accueille en disséquant les ramifications sécuritaires d’Europol et d’Eurojust. Le lendemain, les débats tourneront autour des privatisations et du travail dans les taules européennes. Mark Barnsley, un activiste anar, qui a fait dix ans de cabane en Angleterre pour possession d’explosifs, raconte son expérience du servage derrière les murs : « Le refus de travailler implique de fait la punition : suppression du parloir, mise à l’écart et, parfois, rajout de peine. En ce qui concerne la privatisation des établissements pénitentiaires, les multinationales de la sécurité comme Group 4 ou Wackenhut sont dans une position idéale, à la fois propriétaires des murs, des ateliers de production et des magasins pour le cantinage des détenus. L’argent qu’ils gagnent est dépensé dans ces mêmes magasins. Chaque semaine, 500 000 £ tombent ainsi dans les caisses de ces entreprises. » Une formule déjà bien rodée dans les prisons semi-privées françaises (voir CQFD n°6).

Dans la foulée démarre la manif pour la libération des prisonniers anarchistes embastillés à El Modelo, la plus fameuse zonzon de Barcelone. Nous sommes environ cinq cents à marcher compacts derrière les banderoles incitant à la démolition des murailles carcérales et à gueuler « abajo los muros de las prisiones ! Muerto al estado, Viva l’Anarquia ! » Une voiture de condés en maraude se fait bomber d’un immense A cerclé sur le pare-brise arrière. Le cortège arrive enfin au Modelo. Les matons aux miradors ferment leurs écoutilles, le siège commence : on fait le tour du bunker en exhortant à la libération des encagés à coups de pétards et de feux d’artifices, la sono à bloc distille du gros son, des objets divers volent au-dessus des barbelés de l’enceinte. S’amorce alors la charge de la brigade pas vraiment légère… Au troisième jour, Italiens et Espagnols s’interrogent sur le bien fondé d‘une solidarité plus globale : ne pas se restreindre aux taulards anarchistes mais apporter un soutien à tous les prisonniers en lutte. À l’appui de ce choix, un Français qui a combattu le franquisme dans les années 70 au sein d’un groupe autonome libertaire revient sur la mort à petit feu de ses amis d’Action Directe, le contexte politique et la nécessité d’internationaliser le combat. Durant ces trois jours, le dialogue entre anciennes et nouvelles générations a permis de cristalliser les énergies pour que, vaille que vaille, la lucha continua…

Publié dans CQFD n°12, mai 2004.






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