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CQFD N° 082



Détournement de manif

Mis à jour le :11 novembre 2010. Auteur : Gilles Lucas.


EUDI 23 SEPTEMBRE, à Paris, le premier cortège de la manifestation contre la réforme des retraites arrive place Denfert-Rochereau. 300 000 manifestants, annoncent les syndicats. La police, exagérant systématiquement la comptabilité lorsqu’il s’agit du moindre incident dans les banlieues, divise, comme à son habitude, par cinq la taille de ces masses humaines. « Ce jour-là, on a décidé que la manif continuerait en direction d’une vraie cible. On a choisi le siège du Medef, dit Nico, membre de la CNT. Et on a déposé une demande d’autorisation à la préfecture ! Ça peut paraître bizarre, mais les flics nous l’ont donnée. » Tentative de prévenir les éventuels débordements en conservant le contrôle sur les éléments les plus agités ? Réduire le risque d’être pris au dépourvu ? Un cordon de flic barre le boulevard en direction du siège du Medef. Tollés. Les autorisations sont exhibées. La flicaille décide de ne laisser passer que les porteurs de drapeaux marqués CNT. La foule de plusieurs milliers de personnes, syndicalistes badgés et quidams de tous âges, s’agite. Le commandant des bleus ordonne alors à chaque personne de présenter une carte de l’organisation anarcho-syndicaliste. Insultes. Il prétend finalement fixer un quota de manifestants. Rapidement, la flicaille est encerclée : elle s’esquive. Rigolade et plaisir. Plusieurs milliers de personnes (8 000, 5 000 ?) reprennent la marche d’un bon pas jusqu’au siège du patronat. « C’est normal que ça parte un peu en speed », dit Nico à propos des quelques objets qui volent en direction des robocops entourant le bâtiment [1] . Ni la panacée, ni le saut immédiat dans l’insurrection. « On joue avec la légalité tout en tentant de la dépasser », explique un des initiateurs de cette extension de manif.

[1] Une polémique surgira les jours suivants entre le SO de la CNT et ceux qui souhaitaient en découdre plus avant avec les flics…





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