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CQFD N° 082


La Villeneuve, survie en utopie déglinguée

Après « les émeutes »

Mis à jour le :13 novembre 2010. Auteur : Gilles Lucas, Raúl Guillén.

Retour à La Villeneuve, à Grenoble, deux mois après la mort d’un jeune braqueur, les affrontements avec la police et l’état de siège sur le quartier. L’explosion de ces quelques soirées d’été n’a été qu’une parenthèse de riposte au mépris économique, policier et médiatique que subissent les habitants, ici comme ailleurs. Pendant que l’État profite de chaque occasion pour expérimenter de nouvelles stratégies et s’engage de plus en plus ouvertement sur la voie de la « guerre de pacification », les populations de ces quartiers dit sensibles s’escriment à rester vivantes avec le peu de moyens dont elles disposent. Rencontres.

Vendredi 31 JUILLET, fanfares et trompettes, Sarko déboule à Grenoble avec sa cour, ses généraux, ses larbins et sa troupe. Quinze jours se sont écoulés depuis la mort, au pied d’un immeuble du quartier de La Villeneuve, d’un des braqueurs du casino d’Uriage et les affrontements qui s’en sont suivis entre plusieurs corps des forces de police et quelques dizaines de jeunes. Doigts en l’air, menton en avant, tics scapulaires, ton doucereux et accélérations intempestives, le gnome fait son show, encadré par ses deux chefs-exécuteurs des basses œuvres de la violence d’État, Hortfeuer et M’dame MAM. Il tartine, éructe et vomit : déchéance de la nationalité, GIR-BAC-GIGN-CRS, Roms, police, guerre… Et jette un préfet pour nommer un super-flic.

Mais gaffe à ne pas aller trop loin. Ici, c’est Grenoble, la technopole high-tech, fleuron de la Research & Development, futur de l’industrie et du contrôle des populations. Alors, inquiet à l’idée que projets, contrats et personnels hautement qualifiés s’évaporent, Sarkozy matraque : « Grenoble ne mérite pas l’image qui en a été donnée la semaine dernière. » La délinquance ? C’est « à cause de la permissivité et de la démission ». Parce qu’en vérité je vous le dis, « nous subissons les conséquences de l’échec de cinquante années d’immigration non régulée » ose-t-il tranquillement, protégeant de son corps oligarchies économiques, néo-darwinisme social et harcèlement de population harassées. Qu’importe ! « Il y a des résultats considérables dans ces quartiers » et il ne faut pas que « tout cela soit mis par terre par une minorité », dit-il en lorgnant vers La Villeneuve.

À quelques stations de tram du centre-ville, La Villeneuve est un vaste ensemble de bâtiments encadrant un parc fleuri et arboré d’une vingtaine d’hectares. Ici, un lac artificiel en principe interdit à la baignade. Là, des collines, monticules de terre verdoyantes, que longent des allées flanquées d’impeccables compositions florales. Plus de 11 000 personnes vivent dans ce quartier planifié dès 1961 sur la base administrative d’une Zone d’urbanisation prioritaire (ZUP). C’est au début des années 70 que les premiers résidents vont s’installer dans cette ville nouvelle associant conceptions urbanistiques à velléités de rupture d’avec le style sarcellien des barres de l’après-guerre et perspectives de vie sociale issues de « l’esprit » post-68. Les concepteurs élaborent des bâtiments aux contours cellulaires en forme de crique et créent au sol une galerie piétonne d’un kilomètre et demi de long. Il s’agit alors « d’inventer » un cadre urbain destiné à transformer, dans le bon sens, les rapports humains : mixité sociale, mélange de logements sociaux et de copropriétés, appartements en duplex distribués par des coursives afin de « stimuler la convivialité », passerelles pour que les enfants puissent circuler sans croiser une voiture et, surtout, mise en place d’un système d’enseignement inspiré de la méthode Freinet, où l’entraide et l’esprit de sociabilité seraient favorisés. Huit écoles, sans barrières ni grillages, avec le parc pour cour de récréation, sont intégrées à l’ensemble. Dans les années suivant la défaite de mai 68, c’est vers ce quartier aux conceptions novatrices que se tourne une nouvelle génération d’urbanistes, d’architectes, de sociologues et de pédagogues venus du monde entier [1] . Nombre de militants, de partisans des utopies sociales, de réfractaires à la normalité, pour beaucoup issus des milieux scientifiques, universitaires ou socioculturels, s’installent dans le quartier, avec l’intention de participer à ce projet de « changer la vie en changeant la ville », élaboré depuis quelques laboratoires où s’activaient des urbanistes suffisamment savants pour satisfaire les désirs humains…

« C’était super. Les premières années, il y avait plein de monde dans la rue. Les portes des appartements étaient ouvertes. Il y avait ce projet de cabines passant en hauteur qui devaient nous transporter vers le centre-ville. Il y avait plein d’activités partout dans les années 80 », racontent avec nostalgie Geneviève et Raymond, opticiens dans la galerie de l’Arlequin. Au contraire des grands ensembles construits jusqu’alors aux périphéries de villes, le projet de La Villeneuve se proposait de rompre avec ces cités conçues et perçues comme endroits de passage en attendant un avenir meilleur [2] . « On voulait venir ici. C’était tout le contraire des cités où les gens sont là parce qu’ils n’ont pas d’autre choix », explique Jo Briant, militant associatif et mémoire vivante des lieux. Mais après quelques années, nombre d’habitants venus vivre « une nouvelle vie dans une nouvelle ville » vont plier bagage. Pourquoi ce délitement ? Le ver dans le principe même du fruit ? – ainsi que l’énonçait le Comité de liaison-action-jeunesse dès 1975 (« Qu’est-ce qu’un îlot libéré dans un monde d’esclaves ? »).

La construction, à la même époque, d’un important centre commercial qui va entraîner lentement la fermeture des commerces de proximité et la désertification du centre du quartier ? La défaite de la municipalité rouge-rose, en 1983, et l’arrivée de Carignon, maire de droite, qui, en pensant clientélisme électoral, va réviser les commissions d’attribution des HLM et proposer des logements à des familles en grande précarité ? La dégradation des conditions de vie, la précarisation grandissante, l’exclusion et la guerre de tous contre tous ? « En tout cas, insiste Hosni, délégué d’une structure d’aide à la création de projets dans le quartier, il faut se mettre en tête que l’idéal des années 70, c’est fini. Tout a changé. »

Galerie de l’Arlequin : de part et d’autre de la boutique des opticiens, des rideaux de fer baissés. À gauche, un commerce de vêtements où a atterri, en mai 2009, un engin incendiaire. À droite, le bar fermé depuis la descente de police qui a abouti, le 27 juillet, à la découverte de quelques armes. De rares passants, aucun graffiti sur les murs dans ces allées entretenues quotidiennement par la voirie. À quelques mètres de son échoppe incendiée, Dalida a déménagé ses activités : « Je ne sais pas qui a mis le feu. Je sais simplement que lorsque le gymnase du quartier a brûlé, la police a mis trois jours pour attraper les gens. Ce n’est pas la même chose pour tout le monde. Moi, je suis née ici. J’ai connu la belle époque, mais j’ai vu le quartier changer. » Elle sourit. « Pour moi, les responsables de ce qui se passe sont l’OPHLM et la municipalité. Mais, c’est plus général aussi. » Elle poursuit : « Faut prendre les choses au début. Tu vois, la première génération arrivée en France, c’était la génération de l’archouma, de la honte. Ils sont arrivés, on leur a donné du travail, il fallait dire merci, être propre, être discret, baisser la tête… Alors, ils ont voulu que leurs enfants ne vivent pas la même chose, qu’ils étudient, qu’ils aient un travail tranquille, qui paie bien. Mais, dans les collèges, dès qu’ils n’avaient pas le niveau, ils étaient directement renvoyés vers des filières professionnelles. Et, quand ils trouvaient un travail, on les mettait toujours derrière parce qu’ils n’étaient pas présentables, parce qu’ils ne représentaient pas l’image de la France. »

Elle continue : « Alors, ceux de la troisième génération ont vu que, même avec une meilleure formation, ce n’est pas mieux que pour leurs parents et grands-parents qui sont arrivés à très peu ou à rien. Faut pas se le cacher : en faisant du petit business, ce sont eux qui amènent de l’argent dans les familles et qui évidemment en arrivent à prendre le pouvoir. Quand on leur propose du boulot, c’est normal qu’ils n’en veuillent pas. Je prends un exemple : la mairie proposait un travail payé 800 euros par mois pour bosser la nuit dans un parking, avec au bout la promesse d’être embauché comme fonctionnaire. La boîte est devenue privée. Ils n’ont gardé que les célibataires. Après on s’étonne que tout le monde soit contre tout le monde, énervé et dégoûté. »

Hosni, lui, est en colère : « Les gens du quartier éprouvent les plus grandes difficultés à être écoutés. Ils sont catalogués. Non seulement il y a de moins en moins de moyens, mais en plus être de La Villeneuve n’arrange rien, surtout pour les jeunes. Eux, ils sont très loin de la référence historique du quartier, du projet utopique. La réalité c’est la misère, la drogue, la violence, la prostitution, de moins en moins d’offres socioculturelles ou sportives. Leurs préoccupations majeures c’est l’emploi, l’argent. Ils ne sont pas compris. Les émeutes sont l’expression d’un ras-le-bol. C’est une forme d’expression, de langage que je désapprouve quand ça prend un caractère violent, mais qui est compréhensible. Il a des racines profondes. » Il regarde autour de lui : « La violence en soi, c’est un pétard à mèche. Ce ne sont pas ceux qui sont les plus dynamiques que je crains. Ce sont les autres, et ceux-là sont très nombreux. Ils sont beaucoup plus durs. Ils vivent dans un silence, dans le repli. Ils sont une autre légitimité partagée par tous. Ils sont plus forts. Ça peut prendre des orientations idéologiques, aller vers d’autres conceptions qui sont plus disponibles pour accueillir et écouter et qui peuvent prendre l’apparence de la religion… La pauvreté est tellement présente, provoque une telle tension, que les gens cherchent des refuges reposants, des lieux où ils peuvent être entendus et écoutés. C’est une manière de s’évader de cette précarité… »

Retour dans la boutique de vêtements. « Tu es en colère contre les jeunes ? », demande CQFD. « Je les comprends, répond Dalida. On a fait de nous des sauvages…. Mais, nous, les femmes, qui essayons d’être libres, on est parmi les premières visées. » Elle allume une cigarette et reprend : « Il faut comprendre que plein de femmes en ont marre d’être sous pression en permanence. Il faut qu’elles soient belles, que leurs mecs soient fiers d’elles, qu’elles soient dynamiques, entreprenantes, sexy, qu’elles s’occupent des gosses, fassent la cuisine, aient un boulot… Alors avec le voile, elles se disent qu’elles sont plus tranquilles, qu’on leur fout la paix. Elles se disent que dans la société, elles sont déjà regardées avec hostilité, alors ça ne change pas grand-chose. » Coercition ? Contrainte ? « Ce n’est pas de ça dont je parle. Je ne dis pas que c’est bien. Je dis qu’il faut comprendre. » Elle éclate de rire : « Elles ont du temps pour elles, pour être des mères et être entre femmes. Elles peuvent peser 80 kilos, ne pas se maquiller, de toute façon il n’y a que leur mari qui les voit. Elles ne sont belles que pour lui… Moi, bien sûr, je ne fais pas comme elles, tu vois… » Elle éteint sa clope et sourit : « Je sais de quoi je parle. Malgré mes origines, je ne parlais pas l’arabe : c’est depuis que j’ai la boutique que je l’ai appris. C’est drôle, non ? »

Dans la galerie, une moto passe bruyamment à vive allure, suspendant les conversations. « C’est La Villeneuve ! », dit une jeune fille en haussant les épaules, avant de pénétrer dans le centre socioculturel. À l’intérieur, un ring a été installé afin de mettre en scène une tentative d’échange entre élus et jeunes du quartier. Un gars en survêt essaie de raconter : « On en a marre, les hélicos, les flics ! On est fatigués… On n’arrive plus à dormir… » La deuxième nuit d’échauffourées dans le quartier, les puissants phares des hélicoptères avaient envahi les étages des immeubles. « C’était comme des perquisitions, mais avec de la lumière, confirme Chacha, habitante de l’Arlequin. Le bourdonnement était tellement énorme qu’on ne comprenait pas sur le moment qu’il s’agissait d’un hélicoptère. Il remontait les façades, s’arrêtant à chaque étage, fouillant les appartements avec son faisceau lumineux. Au moindre mouvement derrière une fenêtre, il s’arrêtait. Les gens se planquaient chez eux, derrière les meubles, dans les passages de portes… C’était un truc de malade ! Le matin, quand ils sont partis au boulot, l’hélico les suivait. Ils marchaient au milieu d’un cercle de lumière. Maintenant, quand j’entends un hélico, j’ai peur. Et je ne suis pas la seule… » « On a été traumatisés », confirme une femme qui rappelle qu’une cellule d’écoute psychologique avait été installée au centre culturel. Opération de représailles ? Les jours suivant ce qu’on appelle « les émeutes », plus aucun transport en commun n’arrivait dans le quartier. Pendant un mois, le tram s’est arrêté de circuler à partir de 19 heures. Et de fait, c’est d’abord contre la police en général que se tourne la colère de nombreux habitants qui considèrent que ces difficultés à se déplacer les désignent encore plus comme des pestiférés.

À l’écart, un petit groupe de jeunes font passer le temps. « On ne veut pas donner nos prénoms ! », dit un lascar vêtu d’un survêt blanc. Un autre, au pull rouge, raconte : « Karim [Boudouda, le braqueur abattu] avait déjà pris une balle dans le pied et dans la jambe. Ceux de la BAC lui ont tiré une balle dans la tête… Ils l’ont laissé quatre heures sans le couvrir d’un blouson ou d’une couverture. Nous, on était là. Et les BAC, ils nous provoquaient. Ils nous disaient « venez voir comme il est beau votre pote »… Il y a même un flic qui nous insultait en arabe. Ensuite, la brigade canine et le GIGN sont arrivés…. » Son copain à la veste noire l’interrompt : « On dit qu’on est des bandits. Ce sont eux les bandits, les vrais voyous ! » [3]

Un gars d’une trentaine d’an- nées s’approche : « Les Uteq habillés en robo- cops nous filment sans arrêt, ils n’arrêtent pas de nous provoquer. On n’est pas des animaux ! » Le jeune en survêt blanc reprend : « Quand les CRS ont tiré, j’ai entendu les balles siffler autour de moi… La nuit, quand on marchait dans le quar- tier, on avait le point rouge de la visée laser des flics sur nos vêtements. » Le jeune au pull rouge : « Tout le monde savait qu’après ce qu’avaient fait les flics, ça allait brûler dans le quartier. Beaucoup de ceux qui ont laissé leur voiture ont leurs raisons… De toutes façons, il n’y a pas que les jeunes qui ont jeté des trucs sur la police, il y a plein d’objets qui sont venus des immeubles… » Le trentenaire reprend : « Des gens super énervés ont dit à des journalistes, sur le coup de la colère, que la prochaine fois, ils tireraient les hélicos avec un lance-roquette. C’est de là que vient cette histoire. » « C’est comme pour celui qui a été condamné à trois mois ferme pour avoir jeté des pierres. Ils sont venus le cher- cher parce qu’il avait répondu “je suis en mode émeute” à son pote qui lui demandait où il était. Les flics ont lu les SMS des gens du quar- tier. » [4] CQFD, ingénument : « D’après vous, pourquoi les flics ne vous aiment pas ? » Ils se regardent, réfléchissent : « Parce qu’on ne les aime pas. » Ils rigolent.

Précarisation, chômage, recherche d’argent, réduction des budgets, disparition des moyens, « vivre et survivre », comme le dit Dalida… Dans le quartier, ce qui semble le plus importer aux autorités locales – et aux nostalgiques d’une utopie passée – est la conserva- tion du décor. C’est vers l’entretien et la rénovation du bâti que vont les financements. À croire que l’essentiel est la préservation d’un site reconvertible sur le marché de l’immobilier. Quant aux relations avec les élus… Les 17 et 18 septembre, le député-maire de Grenoble, Michel Destot, et ses conseillers municipaux ont bien tenté de faire acte de présence en proposant des débats pour un « moment d’échanges forts » ( !) avec les habitants. Au préalable, des citoyens s’étaient regroupés autour d’un élu afin de synthétiser les questions qui allaient être posées. « Tous ceux qui sont là, je les connais. Tu vois que ce sont tous des Blancs et ils ont tous du travail, dit, mi-accablé mi-énervé, Hosni. C’est à l’institution de venir au niveau des gens. Il est plus facile de rencontrer Obama qu’un élu municipal. On parle toujours de police de proximité, mais elle est où, la politique de proximité, de terrain ? »

Dans la grande salle du centre social, devant quelques centaines de personnes, rien d’autre que la chorégraphie attendue des gémissements sur l’absence de moyens, des discours interminables, des « engagements forts pour un futur meilleur », tout déballage de bonnes intentions abstraites s’achevant autour d’un buffet somptuaire offert par la mairie. À la volée, CQFD questionne Destot : « Êtes-vous venu à La Villeneuve le soir où le corps de Karim Boudouda est resté exposé pendant quatre heures et alors que la BAC provoquait les jeunes du quartier ? » « J’ai protesté, j’ai protesté ! », s’emballe-t-il. CQFD : « En tant que maire de la ville et député, avez-vous utilisé votre accès aux médias nationaux pour protester contre l’attitude de la police, la terreur et l’état de siège que les habitants ont subis ? » « Je l’ai fait ! Je l’ai fait ! J’ai un dossier là-dessus ! », lâche, avant de tourner les talons, cet édile qui ne cesse de se répandre en « demandes [à l’Etat] de renforts humains pour assurer la sécurité des Grenoblois ainsi que la tenue d’un “Grenelle de la sécurité urbaine”… »

En apparté, un habitant confie : « Destot, il n’a rien dans le ventre, ce mec ! » Hors de question pour les élus, effrayés à l’idée d’apparaître comme les défenseurs de la violence et de la délinquance [5], de se risquer à perdre les élections en défendant publiquement les habitants face aux agissements de la police. Ici comme ailleurs, ceux de La Villeneuve sont seuls, avec les moyens qui leur restent…


[1] Cf. Pierre Frappat, Grenoble, Le Mythe blessé, éd. Alain Moreau, 1979.

[2] Au milieu des années 70, le développement de la précarité brise cet élan.

[3] Hortefeux a porté plainte, le 26 juillet, pour « atteinte à l’hon- neur de la police » contre les sites Indymedia Grenoble et Jura Libertaire qui avaient décliné les initiales BAC en « bandes armées de criminels ».

[4] Il semblerait qu’un grand nombre de portables du quar- tier aient été mis sur écoute. C’est, en partie, depuis ces écoutes téléphoniques qu’est venue l’information selon laquelle des policiers de la BAC auraient été menacés, ainsi que l’explique l’article du Point du 26 juillet. Il est sûr que, dans un certain nombre de conversations, des propos tels que « on va niquer les BAC » ont été prononcés. Quant aux mères de ces fonctionnaires, très probablement évoquées en des termes injurieux et menaçants lors d’échanges télépho- niques, on ne sait si elles ont été confinées dans des espaces sécurisés…

[5] « Ce sont, quand même, les gens qui votent à La Villeneuve qui décident en grande partie du résultat des élections municipales », affirme Hosni. Propos appuyés par Dalida : « On ne nous a rien rendu… »





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Après « les émeutes »
jsoldeville | 13 novembre 2010 | http://mounier.lgt-emmanuel-mounier...
Violence symbolique aussi lorsque la Région annonce la fermeture arbitraire du lycée Mounier, le lycée d’enseignement général et technologique du quartier de la Villeneuve. Celui-ci a de bons résultats au bac et est un lieu de brassage social. Les motifs de la fermeture (par une collectivité de gauche faut-il le rappeler ?) à ce jour restent fort obscurs ! Pour plus d’info : http://lycee-mounier.fr Après « les émeutes » - Accablant
Quod Est non Demonstrandum | 13 novembre 2010 |
À la volée, CQFD questionne Destot : « Êtes-vous venu à La Villeneuve le soir où le corps de Karim Boudouda est resté exposé pendant quatre heures et alors que la BAC provoquait les jeunes du quartier ? » « J’ai protesté, j’ai protesté ! », s’emballe-t-il. La question est assez mal biaisée, je veux dire tordue : pas sûr que la place d’un élu soit au milieu des flics et des pompiers, ni même au chevet des particuliers. Est-ce que CQFD s’en est aussi allé demander au maire d’Uriage s’il s’est rendu au casino après le vol à main armée ? La question plus pertinente aurait été : depuis quand n’aviez-vous pas mis les pieds à La Villeneuve ? CQFD : « En tant que maire de la ville et député, avez-vous utilisé votre accès aux médias nationaux pour protester contre l’attitude de la police, la terreur et l’état de siège que les habitants ont subis ? » Ah ! Destot et l’accès aux médias nationaux ! Elle est bien bonne la blague de CQFD. Qui aujourd’hui a accès aux médias nationaux en dehors des encartés de l’UMP, du FN et du PS ? Or M. Destot n’est plus PS, et pas encore UMP (son rival Carignon l’en protège) : entre les deux chaises, avec un vernis rose et un petit sirop social, mais le fond de commerce est d’un bleuâtre qui ne jure pas avec le nano-sarkozysme. Par contre, les allégations de CQFD « contre l’attitude de la police » restent problématiques : s’il y a de quoi dénoncer, inutile d’aller faire le malin devant un micro ou de gesticuler devant une caméra (faut laisser ça aux hystériques). Pourquoi ne pas traduire en justice au lieu de vouloir tout traduire en symbolique et en média ? Le discours de Destot n’est pas plus accablant que celui de CQFD dans cette histoire. Je dirais même qu’il l’est moins.
 

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