Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°012
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°012


INDUSTRIE DU DÉCHET

L’INCINÉRATEUR DE NÎMES FAIT SOUS LUI

Mis à jour le :15 mai 2004. Auteur : Hernan Carricaburu.


A peine sorti de terre, le tout nouvel incinérateur de déchets de Saint-Césaire, près de Nîmes, commence déjà à avoir des fuites. À plusieurs reprises, les militants de l’association Ici Rom [1] ont pénétré clandestinement dans cette installation high-tech conçue, construite et exploitée par Evolia, filiale du géant Onyx-Veolia (ex-Vivendi environnement). Les photos prises lors de leur dernière visite, le 15 avril, montrent que la cuve de l’incinérateur, supposée parfaitement étanche, patauge dans vingt centimètres de flotte. Inoffensives pour l’heure, puisque l’incinérateur est encore en rodage, ces infiltrations pourraient déclencher une catastrophe sanitaire quand le four recevra des déchets plastiques. Car ces derniers rejettent de la dioxine, un produit hautement toxique qui réduit les défenses immunitaires. Or la nappe phréatique située sous l’incinérateur alimente en eau potable trente-deux communes et plus de quatre mille exploitations agricoles. Par courrier, les membres d’Ici Rom ont alerté le préfet du Gard et le nouveau ministre de l’« Écologie », Serge Lepeltier, sur les « risques majeurs de santé publique ». Pas de réaction. Il y a pourtant urgence : pour Ici Rom, « il faut suspendre les premiers essais de l’incinérateur en attendant qu’une expertise soit diligentée ». Et cela, « avant que la cuve ne soit remplie, car il deviendra alors impossible de constater sa porosité ».

Heureusement, les porte-parole de Veolia disposent d’une explication rassurante : « L’eau stagnante résulte de récents essais d’un réseau de protection contre les incendies. » Ce n’est quand même pas la faute du taulier si les militants écolos s’arrangent sournoisement pour que chacune de leurs visites tombe pile poil après un essai incendie… « C’est stupide », rétorque Ici Rom, qui fait valoir qu’« on ne procède pas à des essais incendies dans une cuve vide. » Néanmoins, la version de Veolia satisfait pleinement Jean-Marie Filippi, adjoint au maire de Nîmes et président du syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères (Sitom Sud Gard). Les histoires de fuites, dit-il, c’est la faute à « des gens [qui] se montent la tête tout seuls. » Le bon notable ne voit pas « par quel phénomène cette fosse qui n’est pas enterrée et dont les ouvertures sont à plus de sept mètres du sol pourrait prendre l’eau ! » Peut-être n’a-t-il pas eu le temps de consulter les plans, qui indiquent que le fond de la fosse est bel et bien situé sous le niveau du sol, à environs 1,5 mètre de profondeur. Ce qui permet largement à l’eau de s’infiltrer en cas de porosité. Dans une « démarche d’initiative citoyenne », Ici Rom a déposé un « acte de dénonciation » auprès du procureur de la République. Avant qu’il la jette à la poubelle, on lui suggère de vérifier si son eau du robinet ne vient pas de Saint-Césaire.

Publié dans CQFD n°12, mai 2004.


[1] Ici Rom (« Initiatives citoyennes contre l’incinération et pour le recyclage des ordures ménagères »), c/o AVEC, BP 69, 34401 Lunel Cedex. Tél. 04 67 73 51 10.





>Réagir<

L’INCINÉRATEUR DE NÎMES FAIT SOUS LUI
bb | 21 avril 2008 |
Bien sur que non, son eau est en bouteille !
 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |