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CQFD N°012


TOUT DOIT DISPARAÎTRE

L’ARMÉE, L’ÉCOLE DU CIVISME

Mis à jour le :15 mai 2004. Auteur : Arthur.


Les photos ont fait le tour du monde : on peut admirer des soldats américains et anglais souriants devant des entassements de prisonniers irakiens à poil, entravés, cagoulés, à qui les armées de Bush et Blair tentent d’inculquer les rudiments du savoir-vivre occidental. Comme toujours dans ces cas-là, des esprits pudibonds, manipulés en sous-main par les ennemis de la civilisation, tentent d’interpréter ces documents photo dans le mauvais sens et parlent de traitements indignes, voire de tortures. Un simple examen minutieux prouvera qu’il n’en est rien. En réalité, l’armée joue en Irak le rôle éducatif qu’elle ne cesse d’assumer dans le monde entier depuis que l’homme a découvert la station debout qui le différencie du primate. Dans toutes les civilisations, de la Mésopotamie à Rome et de Napoléon à Bush, le militaire est un civil armé qui a tous les droits de vie ou de mort sur son prisonnier désarmé. Il existe bien la Convention dite « de Genève », sur la façon humaine de traiter les vaincus, mais Genève est en Suisse, pays neutre et pacifique, donc ça ne compte pas en temps de guerre. La Convention de Genève est aux mœurs guerrières ce que la méthode Ogino est à la contraception, un aimable divertissement. Regardons les choses (et les photos) en face : l’Irakien est un être fruste, inculte, ne parlant pas anglais et par là même incapable de comprendre qu’en lui ôtant son slip, le militaire américain œuvre pour son bien en essayant de vérifier s’il ne serait pas atteint d’une maladie vénérienne. Si le militaire en question est une femme-soldat, la vérification porte sur la taille des organes génitaux du bougnoule dont l’intéressée affecte de se gausser tout en glissant son numéro de portable dans le slip du musulman à poil car on pourrait se revoir après la guerre sous les dattiers de l’Euphrate, au cas où, mon mignon…

De même, lorsque les prisonniers sont affublés de cagoules opaques, les soldats anglais remplissent une mission purement éducative : prouver par l’exemple à ces primitifs coraniques que les tchadors ou les burqas de leurs femmes les handicapent quand elles reprisent les tuniques de leurs maris. Ainsi, la guerre finie, ces voiles médiévaux disparaîtront des foyers irakiens. Il faut être atteint de malignité rampante pour voir dans ces leçons de choses appliquées une quelconque torture. N’oublions jamais qu’en débarquant en Irak, ce sont les légions démocratiques de la Raison et de la Science qui ont envahi un monde de ténèbres. Songez que ces sous-hommes n’avaient même pas de paraboles pour voir « La Ferme » de TF1 et « Ça glisse au pays des merveilles » de Canal + ! Autre polémique : pourquoi dénuder les prisonniers et leur faire mimer l’acte sexuel entre singes du même sexe ? Là encore, l’explication est aveuglante : il s’agit tout bonnement de leur apprendre les rudiments de l’anatomie masculine, vu que, dans leur religion pudique, la nudité est déconseillée. Résultat : les Irakiens ont cru pendant trente ans que Saddam était une dame à moustache qui cachait sous sa vareuse des obus de destruction massive ! Il a fallu que les Américains le dénichent dans son trou à rats pour que les Irakiens découvrent l’horrible réalité : Saddam était un dictateur de sexe masculin courtisé par l’ensemble des chefs d’État occidentaux, ce qui laisse au passage une ombre sérieuse sur leur hétérosexualité affichée, y compris celle de Chirac. Car vous n’allez pas me dire que ces contrats des mille et une nuits passés avec l’Irak ne portaient que sur les livraisons d’armes, sans contreparties sexuelles dignes du Salo de Pasolini dans les palais du dictateur de Bagdad ! Sainte Bernadette heureusement ne l’a jamais su ! Mais revenons à nos évangélisateurs anglais : pourquoi mettre ces Irakiens à poil et leur uriner dessus ? Réponse simple : il s’agit d’un banal bizutage très en vogue dans les lycées et dans les stades britanniques, rien de plus ! Tous les amateurs de rugby ayant assisté à un match à Twickenham vous le diront : quand l’équipe anglaise est menée de cinq points à trente secondes de la fin, les supporters anglais dans les gradins font pipi sur les supporters français pour leur prouver sportivement leur admiration. Ainsi, munis de flacons, les visiteurs repartiront avec un souvenir odorant de leur séjour en Grande-Bretagne. C’est cette tradition, héritée de l’empereur Vespasien, que les soldats anglais perpétuent en Irak. Ils ont du mérite de bien viser vu que leurs cuvettes n’arrêtent pas de remuer sous le jet en criant « No, mister ! »

Publié dans CQFD n°12, mai 2004.






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