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CQFD N°004



UNE COUPE TRÈS « POPULAIRE »

Mis à jour le :15 septembre 2003. .


Marseille n’est pas la seule à convoiter les mirobolantes « retombées » de la Coupe : Lisbonne et Valence restent également sur les rangs. Toutes se livrent à une danse du ventre effrénée autour de la société America Cup Management (ACM), mandatée par la Société Nautique de Genève pour choisir la ville qui accueillera la prochaine édition, en 2007, de cette course pour grosses fortunes en anoraks. Aussi loufoque que cela paraisse, elle aurait normalement dû avoir lieu en Suisse, puisque c’est un Suisse qui l’a remportée la dernière fois. Le milliardaire Ernesto Bertarelli, PDG d’un groupe de biotechnologie employant 4 500 salariés, avait investi 70 millions d’euros pour monter son « team », Alinghi, et raviver la flamme patriotique du pays aux secrets bancaires. Mais comme en Suisse, il y a plus de milliardaires que d’accès à la mer, il a fallu se résoudre à délocaliser la Coupe vers des contrées moins fréquentables. Du coup, le mot d’ordre de la prochaine édition est de « rendre l’évènement plus populaire ». On dit que Bertarelli en pincerait pour Valence, le roi d’Espagne étant l’un de ses « amis personnels ». Mais Marseille ne se décourage pas : dans un article assez hilarant, l’envoyé spécial du quotidien suisse Le Matin raconte l’irrésistible numéro de charme auquel s’est livré sous ses yeux Jean-Claude Gaudin. « Que je suis heureux de vous voir ! », l’accueille le VRP de Marseille. Et d’enquiller sur « les splendeurs » de la ville, « son caractère populaire, sa proximité géographique avec la Suisse de M. Bertarelli ». Puis, comme si l’argument du « populaire » lui paraissait un peu juste, Gaudin fait au journaliste « une allusion directe aux facilités fiscales et douanières dont pourront bénéficier - “en toute légalité !” - des investisseurs “comme M. Bertarelli ou ses amis” s’ils souhaitent un jour développer leurs entreprises. » Contrairement à ce que dit la pub, ce n’est pas Marseille qui « relève les grands défis » : c’est sa zone franche.

Publié dans CQFD n°4, septembre 2003






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