Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°008
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°008


Nos lecteurs d’en-bas

Sauvons le soldat Mermet !

Mis à jour le :15 janvier 2004. Auteur : Le bouledogue rouge.


Blasphème, sacrilège, crime de lèse-maître à penser : l’article paru le mois dernier dans nos colonnes sur Daniel Mermet (« T’en baves là-bas si j’y suis ») a révulsé bon nombre de lecteurs. Isabelle donne le ton : « Etre catégorique comme ça, y’a que Minute qui peut rivaliser ». Forcément. Dans un monde divisé entre bons et méchants, le bon qui critique un bon devient méchant à son tour, ou alors tout s’écroule. Pour que tienne l’édifice, il faut donc déconsidérer quiconque ose mettre en lumière ses défauts de construction. Parmi les courriers reçus à CQFD, un seul manifeste de la sympathie pour Joëlle Levert, ex-assistante de Mermet, auteur d’un témoignage fiable et détaillé sur le « harcèlement » qu’elle dit avoir subi au bureau. Les autres s’emploient tous à discréditer son récit. Premier réflexe : j’y crois pas. « Le témoignage de la dame ne me convainc pas », tranche Jean-François, qui avance l’hypothèse d’une « rivalité professionnelle ». L’assistante voulait peut-être piquer son fauteuil à l’animateur . « Joëlle n’a pas supporté ?, s’interroge Sylvie. Alors, pourquoi n’est-elle pas partie ? » Parce qu’elle tenait à sa place, pardie ! Deuxième réflexe : j’y crois peut-être, mais c’est pas une raison. « Rien n’est blanc ou noir, le harcèlement est toujours à géométrie variable », affirme un anonyme qui travaille à France Bleue. Il sait, lui, « ce qu’est le « métier de radio » : il y a 4 000 collaborateurs à Radio France, autant de personnalités. » Pas comme chez Auchan ou Michelin, où le boulot est facile et où tout le monde se ressemble. Quant à Mermet, Sylvie s’insurge : « Vous le présupposez dans une situation de patron », alors que sa position est celle d’un « intermittent, à la fois patron et salarié ». C’est commode : en prêtant à l’animateur une précarité imaginaire (il est producteur délégué de son émission, dispose d’un poste et d’une notoriété qui le protègent de la débine, et c’est tant mieux), on l’absout par avance de son penchant tyrannique. Eh ! les précaires, soyez peaux de vache, c’est votre droit ! « Cet homme-là, poursuit Sylvie, est au milieu de ses fragilités et de celles de l’action, l’action qui nous fait si peur à tous, et nous retient de nous jeter dans les soucis (n’avez-vous pas entendu que l’on entend beaucoup moins son rire en ce moment ?). » On n’entend pas non plus beaucoup celui de ses ex-assistantes. Rien n’est blanc ou noir, injuste ou condamnable, tout n’est que psychologie et « fragilités ».

« Cet homme-là est au milieu de ses fragilités »

Troisième réflexe : c’est çui qui y dit qui y est. Isabelle en veut beaucoup à CQFD : « Et la « déontologie », bordel, qu’est-ce que vous en faites ? » La déontologie consisterait donc à fermer les yeux sur la dépression nerveuse où s’échouent l’une après l’autre les assistantes de « Là-bas si j’y suis ». Et à prolonger l’indifférence correctement de gauche qui, depuis des lustres, accompagne leur turn-over. Dernier grief : l’article ne citait pas la réponse de Mermet à Levert (consultable sur le site de l’Acrimed). Il y a une bonne raison à ça : ce texte n’est sorti qu’après la mise sous presse de CQFD. Cela dit, nous aurions pu en trouver une seconde : l’argumentaire embarrassé de Mermet (je ne suis pas un patron, nous faisons un métier difficile…) ne change rien à l’affaire. Oui, « Là-bas si j’y suis » est une belle émission. Le jour où les huiles de France Inter voudront la supprimer, nous aurons à coeur de la défendre. Mais on ne défendra pas Mermet contre ses propres victimes.

Publié dans le n°8 de CQFD, janvier 2004.






>Réagir<

> Sauvons le soldat Mermet !
| 17 octobre 2004 | LBSJS
Nouveau « problème » avec Thierry Sharf et Claire Hauter, à lire sur le site (en grève) de LBSJS : http://lbsjs.free.fr On a probablement pas idée de ce qu’est le harcèlement moral avant le subir. > Sauvons le soldat Mermet !
Van Steirteghem Samuel | 18 mai 2004 |
Chers camarades, Auditeur fidèle de Mermet depuis plusieurs années, j’ai découvert avec stupéfaction la lettre de Joelle sur ses années de calvaire à « son service ». J’ai également lu avec beaucoup d’intérêt la réponse de Mermet sur le site d’acrimed. Il me paraît impossible à quiconque de prendre position, car au fond, c’est sa parole contre la sienne. Pour avoir moi-même travaillé des années pour un tyran pervers qui apparaissait toujours comme quelqu’un de charmant en dehors, je sais bien que ce type de comportement Jeckyll/Hyde est malheureusement plus courant qu’on ne le pense…Une remarque cependant. Joelle met en cause - anonymement - d’autres collaborateurs de LBSJS. Il me semble que la meilleure réponse de l’équipe de LBSJS aurait dû être collective et que le reste de l’équipe aurait dû réagir, s’indigner que l’on calomnie ainsi leur porte parole. Pourquoi aucun membre de LBSJS n’a-t-il défendu Mermet et exprimé son point de vue sur la bonne ambiance dans l’équipe ? Autre remarque. Il me semble un peu facile d’écrire, comme Mermet l’a fait, qu’il pourrait réfuter point par point chaque accusation ; qu’il le fasse pardi ! Samuel Van Steirteghem- Bruxelles
 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |