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CQFD N°013


LE TÉMOIGNAGE DE LA MÈRE D’UN JEUNE TUÉ PAR DES GENDARMES

MON FILS MOURAD NE MÉRITAIT PAS DE MOURIR

Mis à jour le :15 juin 2004. Auteur : Hernan Carricaburu.

En mars 2003 mourait Mourad, tué à 17 ans par des gendarmes. Un an après, sa mère, Rabia, continue de se battre pour que la justice n’enterre pas l’affaire, mais aussi pour aider les autres jeunes de Valdegour, la ZUP nîmoise où Mourad avait grandi. Pour CQFD, elle revient sur les faits et sur la détermination qu’ils ont forgés en elle de s’impliquer dans les luttes associatives de son quartier.

Le 2 mars 2003, Mourad, 17 ans, mourait d’une balle dans la tête dans un hôpital de Montpellier. Le projectile, tiré par un gendarme, n’avait pas choisi son point d’impact, mais les hommes à képi avaient, eux, bel et bien choisi d’utiliser leurs calibres pour arrêter trois jeunes de Valdegour, une cité de la banlieue de Nîmes, qui fuyaient en voiture après un cambriolage raté. Les membres de la brigade de Saint-Hippolyte-du-Fort ont tiré pas moins de quinze coups de feu en direction du véhicule qui s’éloignait. Un seul a suffi à mettre fin à la vie de Mourad. Une condamnation à mort sans jury ni délai de grâce. Aussitôt après les faits, le conseil municipal de Saint-Hippolyte votait une motion de soutien à sa brigade de gendarmerie, avec pétitions de « sympathie » bien en évidence chez les commerçants. Un an après, aucun des trois gendarmes flingueurs n’a été suspendu de ses fonctions. Mutés dans un coin où leurs faits d’armes sont inconnus (les Alpes, paraît-il), ils continuent d’exercer leur métier. L’agent dont le pistolet a tué Mourad a été mis en examen, mais dans les affaires de violences mortelles commises par les forces de l’ordre, il faut souvent des années avant qu’une décision soit rendue - non-lieu, peine symbolique ou acquittement, dans la grande majorité des cas. Rabia, la mère de Mourad, sait tout cela. Pour autant, toujours debout, elle ne renonce pas à lutter pour que les trois pistoleros soient un jour traduits en justice. « Un seul a tué, dit-elle, mais celui qui a donné l’ordre de tirer est aussi responsable que les deux autres. » Membre d’Azur, une association d’aide aux femmes des cités, Rabia se bat aussi pour que les autres jeunes des cités ne meurent pas d’une justice expéditive. Longtemps, elle a réprimé son envie de témoigner à la presse, craignant de voir ses propos déformés, comme cela lui est arrivé lors des premiers jours du drame. Si elle parle aujourd’hui, c’est pour « parler de l’association, pour raconter ce que nous faisons. » Assise sur un sofa, elle hésite. « J’ai 40 ans, je vivais seule à l’époque… J’ai deux fils, deux filles. J’avais cinq enfants… » Puis elle se lance. « Je l’ai appris par un coup de téléphone de l’hôpital. À 5 heures du matin on m’appelle et on me dit qu’il y a eu un accident. “Votre fils a parlé”, me dit l’infirmière : “Il faut dire à maman qu’elle vienne.” Quand je suis arrivée, les docteurs m’ont expliqué que c’est lui qui avait donné le numéro de téléphone de la maison. Mourad avait eu un accident en janvier, il était tombé, et s’était gravement blessé. Je pensais qu’il était à l’hôpital pour ça. » Une amie qui arrive à cet instant lui demande, gênée, pourquoi elle s’inflige de raconter l’histoire à nouveau. Mais Rabia, qui cinq jours plus tôt manifestait sa légitime méfiance des journalistes, a maintenant besoin d’aller au bout de son récit.

« Dans ma tête, ce n’était pas quelque chose de grave. Au dernier moment, quand on m’a dit qu’il avait été blessé par balle, je ne sentais plus ce que je faisais. L’infirmière m’a dit qu’on allait essayer de la lui retirer. Que s’ils y arrivaient, il s’en sortirait. Ils l’ont opéré, mais n’ont pas pu retirer la balle. Elle a traversé le cerveau et empêchait l’irrigation. L’infirmière est venue et m’a dit qu’il n’y avait plus aucun espoir. Ils ont laissé la machine et on a attendu. À 7 heures du matin on m’a dit que ça allait être la fin. Je l’ai vu une dernière fois et je suis ressortie de suite. Le papa de Mourad et son cousin ont fait ce qu’il fallait pour l’hôpital. Ils sont venus me voir et m’ont dit que c’était fini. » Silence. Puis Rabia reprend. La visite des gendarmes le jour même, pour récupérer des papiers chez elle, sa décision de poursuivre en justice les trois militaires. « Je fais ça parce que ce n’est pas normal qu’un jeune de 17 ans meure pour un petit délit. Je sais bien qu’il a commis une bêtise, mais ça ne méritait pas la mort. » Depuis, elle s’efforce d’aider les jeunes, avec une interrogation qui ne la quitte pas : « Je ne comprends pas qu’ils autorisent la police et la gendarmerie à tirer et à tuer. » Le lendemain du drame, avant d’aller se rendre à la police, les deux camarades de Mourad étaient venus la voir pour lui présenter leurs excuses. « Vous n’êtes pas responsables, leur a-t-elle dit. Ce n’est pas vous qui avez tiré. » Avant la mort de son fils, Rabia fréquentait peu de monde et ne connaissait pas les associations de quartier de Valdegour. Comme beaucoup de mères, elle s’occupait surtout de ses enfants. « Depuis la mort de mon fils, dit-elle, je fréquente les associations Azur et Espoir. Je m’intéresse aux jeunes parce que je ne veux pas qu’ils souffrent et que cela se reproduise, pour personne. »

Pour cette ancienne de la ZUP, fille d’ouvrier marocain arrivée en France toute gamine, l’acte des gendarmes est la conséquence d’un système de préjugés, le point ultime d’une grille d’analyse qui remonte à loin. Il y a toujours quelqu’un, observe-t-elle, pour considérer que tuer un voleur de voiture est légitime. Comme ce banquier qui lui faisait remarquer que si Mourad était mort, c’était sûrement parce qu’il avait fait des choses malhonnêtes. « Quand on juge les gens sans les connaître, je ne trouve pas ça normal. Mourad ne m’a jamais ramené quelque chose de volé à la maison. Il avait fait six mois de prison après un vol à Montpellier, mais il avait été jugé et voulait s’en sortir. Nos enfants maintenant sont nés et ont grandi en France. Ils ont la culture d’ici et ne veulent plus travailler comme des esclaves. Mais ils ont du mal à comprendre que la vie est difficile… Mon père a travaillé ici toute sa vie. Ma famille, c’était des travailleurs. On ne vivait que de l’argent gagné, mérité. » À la discrimination, Rabia oppose la solidarité. « Je suis respectée par les jeunes dans le quartier parce qu’ils savent que je ne vais pas les trahir. Nous organisons des rencontres tous les mois sur des sujets précis. Les jeunes viennent et étudient avec nous des projets qui les concernent. Par exemple, on va bientôt tenir un rassemblement pour voir comment ils peuvent obtenir une salle. Il n’y a rien ici pour eux. Ils squattent dans les halls, ils commencent par fumer, ils gambergent et ça se termine par des bêtises. » Rabia sait que la situation des banlieues pauvres verrouille nombre de jeunes dans une chaîne de cercles vicieux. « Tous les jours je vois qu’il leur arrive quelque chose, ça me rappelle mon fils. Ici ils sont très proches les uns des autres, soudés, et ce n’est pas toujours bon. Les jeunes sont désespérés, pour eux ils n’ont aucun avenir. On a le sentiment qu’ils ne sont pas traités comme les autres. Au fond de moi je pense qu’ils ont raison sur ce point. Une fois, mon fils avait appelé pour un stage. Quand il est arrivé à l’entretien, ils lui ont dit “ retourne là d’où tu viens”. La police aussi, lors des contrôles. Combien de fois ils ont dit à mon fils de retourner dans son quartier… » Comme si la ZUP était une condamnation à perpète. Comme si l’extérieur foisonnait de sentinelles qui ramènent inexorablement derrière ses murs quiconque veut les franchir.

Aujourd’hui, elle continue d’agir auprès des jeunes et des parents. Après une émeute au centre commercial de Nîmes, Rabia et d’autres habitants sont allés voir les commerçants du quartier pour les dissuader de porter plainte. « L’idée, explique-t-elle, c’est que les jeunes voient que les adultes sont là, qu’ils ne sont pas d’accord avec certaines choses, mais qu’ils les aident sur des choses positives. » L’action a porté ses fruits, aucun commerçant n’a porté plainte. Et cela malgré le harcèlement d’une association du centre-ville qui rêvait d’envoyer tout le monde en prison. Mais ce n’est pas à Rabia qu’il appartient « de changer Nîmes ou de changer la France. C’est quand même à l’État de faire changer les choses. Son rôle, c’est de faire en sorte qu’il y ait les mêmes lois pour tous. » Lucide, Rabia pointe les contradictions de l’idéologie consumériste, qui incite continuellement à l’achat tout en entretenant une partie de la population dans la misère : « La France est dans une hyperconsommation. Ici il y a beaucoup de gens qui sont en grande difficulté économique, des chômeurs, des RMIstes. Les plus fragiles, à un moment, ils vont céder et faire des conneries. » Alors elle se bat, à son échelle. « Je sais que mon fils est perdu, que rien ne le fera revenir. Je fais tout cela pour sa mémoire et pour tous les jeunes. Mon fils n’était ni armé, ni dangereux, les gendarmes pouvaient très bien l’interpeller sans tirer. Il faut lui rendre justice. Mais ça, c’est leur travail, pas le mien. »

Publié dans CQFD n°13, juin 2004.


LE DROIT DE FAIRE FEU

L’année de la mort de Mourad a été un bon cru en termes de rendement sécuritaire : selon la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), pourtant infiniment précautionneuse (lire Descente sur une bavure ordinaire, CQFD n°11), le nombre de violences policières a connu en 2003 une « forte augmentation ». Passages à tabac et arrestations arbitraires composent l’héroïsme quotidien des forces de l’ordre, c’est ce que l’on comprend à la lecture du rapport publié le 6 mai dernier. S’ils ont impressionné les médias, qui leur ont accordé une petite place parmi les reportages-promo habituels sur le dur labeur de la police, les chiffres de la commission n’en restent pas moins dérisoires au regard des autres sources. Leur calcul s’appuie sur le nombre de saisines déposées par les parlementaires, seuls habilités à faire appel à la CNDS : en un an, elles sont passées de 40 à 70. La plupart des citoyens n’ayant pas forcément le réflexe de faire le siège de leur député après être tombés entre les mains de la police, c’est une goutte dans le marigot. De son côté, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a comptabilisé 611 faits allégués de violence policière en 2003. Mais là encore, vu le parapluie que l’IGPN ouvre le plus souvent pour couvrir les collègues, c’est une indice peu probant.

Les cas étudiés par la CNDS n’en sont pas moins démonstratifs. Ils vont de la garde à vue abusive jusqu’au décès par balle. Le rapport rappelle le cas de deux étrangers en situation irrégulière pour qui la frontière où les a conduit la police a été celle de la morgue. Pierre Truche, président de la CNDS, s’est dit « frappé par la fréquence de personnes étrangères ou ayant des noms à consonance étrangère ». Pour autant, il serait bien sûr hâtif de conclure à un problème de racisme dans la police. « La commission travaillera sur ce point pour le rapport de l’année prochaine », a-t-elle promis avec audace. En attendant, alors que la mère de Mourad attend toujours une improbable condamnation des gendarmes de Saint-Hippolyte, le gouvernement continue de muscler l’attirail. Parmi les mesures sorties ou ressorties des placards, la justice réutilise désormais un décret datant de 1903 modifié en 1943 par Vichy, certifiant que la gendarmerie a le droit de faire feu « lorsque les personnes invitées à s’arrêter […] cherchent à échapper à leur garde ou à leurs investigations et ne peuvent être contraintes de s’arrêter que par l’usage des armes », ou encore « lorsqu’ils ne peuvent immobiliser autrement les véhicules, embarcations ou autres moyens de transport dont les conducteurs n’obtempèrent pas à l’ordre d’arrêt. » De quoi donner de l’ouvrage à la CNDS…






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MON FILS MOURAD NE MÉRITAIT PAS DE MOURIR
Achik | 3 octobre 2007 |
ALLAH y rahmou, je tiens a dire que c’était un bon gars et qui ne méritait pas de mourir surtout par les gendarmes. De toute façon y’a un dieu ALLAH qui va les jugez. inch’ALLAH le paradis pour toi Mourad. MON FILS MOURAD NE MÉRITAIT PAS DE MOURIR
Jo | 19 juin 2007 |

comme d’habitude … ce sont les forces de l’ordre les mechants, et les delinquants les gentils …. un policier ou un gendarme se fait tuer, on en etend peu parler et ca n’emeut personne … un deliquant est tué, la tout le monde en parle, pleure, rale, crache sur la société et casse tout … mais c’est normal, non ?

de plus, je me demande si la victime de cette bavure (car ca n’en reste pas moins une, mais c’est un accident, et malheuresement, dans certains cas extremes, on ne peut pas toujours reagir de la meilleur maniere possible, meme quand on est un professionel) n’avait pas été originaire d’une cité sensible … il y aurait il eu autant de reactions pour le plaindre ? ce qui est sur, c’est qu’il n’y aurai eu aucune violences apres sa mort …

tout ca pour dire qu’il faut arreter de plaindre les delinquants, et respecter un peu plus ceux qui nous permettent de vivre dans un monde plus juste … je vous vois d’ici « mais le monde n’est pas juste blablabla » … c’est vrai, je pense que si on vit dans une cité sensible, c’est plus dur que si on vit dans un autre endroit (mais pas impossible) … mais c’est pas la faute aux Gendarmes, ni aux policiers ca … ce ne sont que les pions du pouvoir … alors, au lieu de cracher sur les pions, visez un peu plus haut …

MON FILS MOURAD NE MÉRITAIT PAS DE MOURIR
laetitia | 8 mars 2007 | mourad
voila je souhaite toute mes condoleance a la maman de mourad je vien de nimes et je connai bien la zup et valdegour quand ja i vue cette artcle passer sur le journal je me suis mise a pleurer car je le connaisser tres bien mes je ne connai pas sa maman et je regrette de ne pas lavoir connu ja imerai bocoup faire parti de votre association jai esseiller doublier mes ces pus fort que moi son image revien sans aret dans ma tete svp laisser moi vous aider pour rendre la justice a MOURAD laetitia MON FILS MOURAD NE MÉRITAIT PAS DE MOURIR
jean pierre perrault | 23 février 2007 | MOn fils mourad ne méritait pas de mourir
Je ne suis pas sûr que vous publierez mon article, celui ci n’allant pas forcément dans le sens de votre journal, je verrai si vous etes impartial ou non.. je suis triste pour la maman de ce jeune Mourad, tout comme pour ce jeune de 17 ans mort trop jeune.. plusieurs choses à lire votre article m’interpellent… il est dit que le projectile tiré ne voulait pas atteindre la cible, rien que par ces mots vous prouvez qu’il s’agit d’un accident… ensuite, nous parlons de trois délinquants qui, après avoir raté un cambriolage (1ere faute) n’ont pas répondu à la somation des gendarmes (2e faute) et se sont donc rendus couplables d’un délit de fuite (3e faute)… les gendarmes ont donc tiré sur la voiture pour l’arrêter… et il y a eu un accident et la mort hélas de ce jeune.. je ne suis pas de la police, ni raciste, ni de droite, j’essaie juste d’etre juste et impartial. quand je lis votre acrticle je vois que les gendarmes ont fait leur travail et qu’hélas, il y a eu un accident… et non une bavure. > MON FILS MOURAD NE MÉRITAIT PAS DE MOURIR
| 19 janvier 2006 |
Tout cecla me fait frémir de peur, car il me semble que plus le temps passe plus on nous parle de sécurité…. sécurité….. Insécurité…la télévision il me semble a un rôle la dedans qui n’est pas neutre. je pense que les médias nous manipulent et font monter « la mayonnaise »pour que les gens aient peur…. et donc ces Messieurs les gendarmes ne se privent pas de jouer le rôle des « redresseurs »avec la bénédiction de certains dirigeants. les « bavures » c’est pas nouveaux alors maintenant sous un régime comme le notre il y en aura d’autres et historiquement d’ailleurs si l’on regarde les livres d’histoires la gendarmerie n’est pas très propres (la dernière guerre - ils parquaient les juifs - durant la guerre d’algérie à Paris) bref chère madame Rabia je vous souhaite bonne chance etje vous souhaite courage…. je suis sure que de là haut votre fils vous aidera. une petite Bretonne du Finistère Lénaïk > MON FILS MOURAD NE MÉRITAIT PAS DE MOURIR
sar | 15 décembre 2005 |
toujours la, sans nouvelle, ke justice soit faite putin !!!!!!!!!!!!!! > MON FILS MOURAD NE MÉRITAIT PAS DE MOURIR
paz | 4 décembre 2005 |
Je viens de lire cet article et sincèrement les paroles de la mère de Mourad m´ont fait de la peine. Il est clair qu´être surpris en train de cambrioler débouche sur une sanction mais de là à se prendre une balle dans la tête… Pour ça, il y existe la justice, malheureusement cette même justice est celle qui laisse cet assassin travailler dans un autre lieu comme si de rien n´était…Grandir dans un quartier comme Valdegour n´est pas une excuse pour cambrioler, mais ce n´est pas non plus le lieu idéal pour devenir avocat ou médecin. L´impuissance de cette pauvre mère face à ce système pourri est déplorable et une honte ! Il n´est pas étonnant que des émeutes aient suivi cette BAVURE policière. J´admire l´attitude de la mère de Mourad, elle est exemplaire, je serais incapable de réagir comme elle. Plus d´une personne répondrait à la violence par la violence si une personne tue librement à un des siens. Visiblement tuer n´est pas réprimé…que devrait on faire avec ce gendarme…si il avait tué mon fils ou mon frère ma réponse serait clair. Paix à Mourad et bonne chance à sa maman et ses frères et soeurs. A quoi bon la haine.
D. N. Pierre | 6 octobre 2005 |

Mes plus sincères condoléances à la mère de Mourad.

Cette histoire me fait malheureusement immanquablement penser à l’issue fatale d’un film. Un témoignage à destination des plus jeunes maintenant. La jeunesse c’est toujours « coton » voire pire ; pas facile de tracer sa route. Vous décidez de sauter en parachute, bien. Par ailleurs vous souhaitez affiner votre « vol relatif » à l’aide d’une combinaison spéciale (une wing-suite ?). Etes-vous vraiment sûr d’être pleinement conscient des risques ? Et plus encore de vos choix de vie, des valeurs auxquelles vous adhérez ? L’argent a toujours brouillé les pistes il semble. Trop de matraquage, indubitablement. Je veux parler du consumérisme, celui qui nous harcèle. Ne vaudrait–il pas mieux vivre sous le soleil, sans rien d’autre à penser qu’à boire et à manger… Et à l’amour ! Non je déconne. Madagascar n’est sans doute pas mieux loti ! Je ne suis pas en train de dire non plus qu’il y a toujours plus malheureux que soi sur cette Terre, et que nous perdons notre temps à nous plaindre… Mais regardons les choses en face. L’appréhension existe quant à l’avenir, il ne faut pas se le cacher (se « voiler la face » si vous préférez). A ce sujet, les synonymes sont (peut-être bien en manque(nt) t-il(s)) crainte, peur, alarme, angoisse, anxiété, aperception, compréhension, connaissance, doute, épouvante, frayeur, frousse, inquiétude, malaise, pénétration, peur, pressentiment, terreur, timidité, transe, vision…) Il y a de quoi devenir parano dans cette société c’est vrai. Car mêmes discrets, ceux qui font le choix d’être « outlaw » (hors-la-loi) et de concrètement vivre « décemment » du recel, du vol, du trafic de stupéfiants (etc) finissent inévitablement par être surpris par les enfants et sans le vouloir « donner » l’exemple.

Les enfants nous écoutent, nous imitent, il faut non seulement le savoir mais aussi l’assumer, c’est assurément un devoir, voilà ce que je voulais dire.

Et je ne parle pas de la maman de Mourad, qui est sans doute une femme très courageuse et qui ne mérite pas d’être accablée d’avantage au regard de sa peine. Je crois d’ailleurs que ceux qui se sentent responsables se sont du reste déjà reconnus tout seuls. D’après moi c’est un évènement trop collectif et très complexe, dont le revolver est au moins autant une cause qu’une conséquence.

Et Mourad ne méritait pas d’en mourir.

> MON FILS MOURAD NE MÉRITAIT PAS DE MOURIR
saber | 22 août 2005 | l allah y rahmou
ya un dieu pour jujer vous inqietter pas on pensse a toi morad meme si je le conner pa l allah y rahmou je sui de la zup sud je madrresse a tou les jeune du quartier la vie et courte . > MON FILS MOURAD NE MÉRITAIT PAS DE MOURIR
Sarah | 14 juin 2005 |
2 ans et quelques mois après le drame on en entend plus parlé … J’aimerais savoir comment c’est fini ce drame meme ce meurtre on peut dire, ou sont ces foutus gendarme ? Je ne connaissait pas Mourad mais je suis en cour a Nimes et j’ai ressenti comme si c’étais un de mes proches qui avait étais tué. Aujourd’hui je suis a Gaston Darboux le fameux lycée qui colle la zup, je sais bien que tout ces jeunes ne sont pas méchant ils se sentent juste exclu, pourtant ils ne devraient pas… Mourad sera toute ma vie dans ma tete, ainsi que sa maman, courage … > MON FILS MOURAD NE MÉRITAIT PAS DE MOURIR
| 3 décembre 2004 |
ce soir l’enemie connaitra le prix du sang et des larmes
 

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