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CQFD N°013


CHRONIQUE DE GUERRE

FRANCE TERRE D’ACCUEIL, QU’ILS DISAIENT

Mis à jour le :15 juin 2004. Auteur : Jean-Philippe Turpin.


Depuis un an que cette chronique relate des témoignages de réfugiés, il m’est arrivé souvent de dénoncer les conditions de vie en France des demandeurs d’asile. Il m’apparaît utile aujourd’hui d’apporter quelques détails supplémentaires. En 2003, l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), qui délivre et plus souvent refuse le statut de réfugié, a recensé soixante mille demandes. Pour subsister le temps que dure l’examen de leur dossier, les demandeurs dépendent d’une allocation d’insertion payée par les Assedic, assujettie par conséquent à leur inscription comme demandeurs d’emploi… alors qu’ils n’ont pas droit au travail ! Les plus chanceux bénéficient d’une place en Centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA), qui leur assure le gîte et le couvert pendant la durée de la procédure. Aujourd’hui, il y a environ 12 000 places en CADA pour 60 000 personnes… Les autres sont souvent hébergées par des structures d’urgence (type centre d’hébergement et de réinsertion sociale) où elles saturent des places normalement réservées aux sans-logis et ne trouvent pas l’aide dont elles auraient besoin, notamment sur le plan de la procédure d’asile. Faute de places, des bricolages institutionnels ont donc été improvisés pour parer aux problèmes les plus urgents, comme les enfants errants.

Neuf réponses négatives sur dix

C’est ainsi que l’État se retrouve, dans le meilleur des cas, à payer des nuits d’hôtel aux familles. Dans la plupart des cas cependant, c’est aux intéressés eux-mêmes de se débrouiller, surtout lorsqu’il n’y a pas d’enfants en jeu. Résultat, un royaume de la débrouille avec ses expédients glauques : habitat insalubre, marchands de sommeil, squats… Après un délai de galère de six à douze mois, la réponse de l’OFPRA tombe : dans 90,2 % des cas, elle sera négative. La majorité des demandeurs (34 000 en 2003) va donc effectuer un recours. Sauf qu’aujourd’hui, la Commission des recours est complètement débordée : 40 000 dossiers en souffrance attendus pour 2004. Les rapporteurs de cette commission crient eux-mêmes au secours, par le biais d’une association qu’ils viennent de créer [1]. À partir de là, c’est reparti pour environ un an d’attente. Si les plus veinards restent en CADA, les autres continuent de survivre à l’arraché. Avec, en prime, une petite nouveauté : désormais, l’allocation d’insertion cesse d’être versée après douze mois. Les plus débrouillards, c’est-à-dire les plus jeunes et les plus costauds, ont toujours la ressource de travailler au black. Ou de se prostituer, comme cela arrive souvent. La réponse finit toujours par tomber : au final, sont élus et ont le droit de résider sur le territoire environ 8 400 personnes. Les autres ? En clandestinité, expulsés, exploités… On ne sait pas trop, ils ne sont plus dans les statistiques.

Publié dans CQFD n°13, juin 2004.


[1] Association des professionnels de la CRR : www.apra-CRR.asso.fr





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FRANCE TERRE D’ACCUEIL, QU’ILS DISAIENT
Zapata | 29 janvier 2009 | IM-MI-GRA-TION !
Les frontières doivent être grandes ouvertes ! Nous devons accueillir tous les candidats à l’immigration sans préalable. Il y va de notre survie économique et politique : Le projet « 20 millions » est un projet généreux, progressiste, humaniste, qui permettra par la mixité plus de justice. Les régularisations comme les naturalisations de masse mettront définitivement un terme à la xénophobie. Sarko l’a dit (…pour une fois) « le métissage est une obligation inéluctable à imposer. Au besoin par la force ». Par les urnes serait déjà pas si mal.
 

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