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CQFD N°013


LA CHANCE AUX CHANSONS

KANJA À L’USINE, AGORA À LA MAISON

Mis à jour le :15 juin 2004. Auteur : Will et Pierre Etbunk.


Après avoir creusé l’asphalte des quatre coins d’Europe, les Kanjar’oc, bondissante tribu massalio-port-de-boucaine, nous balance un album live & direct (Small Axe) au calibrage grosse sono mondialo-alternative. Ça fusionne sévère entre fonk, rock, reggae et triturage de machines. Afin de vérifier sur scène la bonne teneur du CD, je décide de ressortir le bleu de chauffe et d’aller pointer aux guichets de l’Usine d’Istres. À l’écoute des premiers morceaux, aucun doute, l’esprit festif des Kanja est loin d’être bridé, et le son compact est nettement plus tranchant qu’auparavant. La rythmique bien huilée nous lubrifie une mécanique quelque peu grippée par le contrôle technique saisonnier. L’énergie communicative des six hommes en colère provoque dans la foule pétages de boulons en chaîne. Le rendement de la machine s’intensifie et le public bouillonne d’un feu sacré. En regardant le jeu nerveux du guitariste, je m’interroge : se serait-il fait greffer une deuxième paire de pognes ? Les cuivres incisifs précisent les contours de l’emboutissage final. Balancées avé l’accent, les paroles sont « socialement concernées », riches en interpellations diverses sur les choix néfastes que l’on tente de nous imposer. L’album tiré au cordeau retranscrit au plus juste l’esprit de la « boulègue connection ». À noter un bonus multimédia pas mal foutu, nous incitant à titiller le mulot pour débusquer l’historique de la grande famille. Que ce soit en concert ou tranquille à la maison, la furia kanja vous assénera un pur moment de rock’n’groove à vous faire sauter toujours plus haut. Infos : www.kanjaroc.com

Will


Avec l’ère de l’ordinateur individuel, qui trône désormais dans la majorité des familles et des squats, les CD de groupes amateurs enregistrés et gravés à la maison foisonnent. Leur qualité étant le plus souvent médiocre, je me laisse de plus en plus tenter par les démons du marketing et me jette en priorité sur ceux qui présentent une jolie pochette, preuve d’un minimum de professionnalisme. Heureusement, il arrive que la curiosité contredise la première impression et permette de découvrir une perle. Tiré à cent cinquante exemplaires, donc peu susceptible de garnir les têtes de gondole de Super-U, le CD d’Agora est vierge de toute information sur ce qu’il renferme et ne paie pas de mine avec son livret tenant en une photocopie A4 en noir et blanc. Mais dès qu’il tourne dans la chaîne, c’est une autre histoire : talent musical et business sont décidément deux choses bien distinctes. En 26 minutes s’enchaînent neuf titres aux paroles noirâtres sur une musique rageuse et saccadée. Guitares, basse et boîte à rythme électrocutent des morceaux au chant alternativement féminin et masculin. Inégales mais souvent abouties, les chansons prouvent qu’il y a eu du travail dans ce groupe qui compte trois années d’existence. On retrouve l’orchestration et la thématique classiques des groupes anarcho-punk, mais avec une musique un peu plus raffinée que la moyenne et surtout des paroles autrement plus intelligentes que les slogans hargneux habituellement hurlés. Une bonne surprise en CD pour les amateurs qui pourront se le procurer en passant un coup de fil à Franck, le batteur virtuel du groupe, au 06 72 75 84 62.

Pierre Etbunk






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