Nathalie Ménigon, membre d’Action directe, sous les verrous depuis 1987 et victime de plusieurs accidents cardio-vasculaires, se trouve actuellement à moitié hémiplégique. Sa demande de suspension de peine « pour état de santé incompatible avec la détention », comme l’y autorise la loi Kouchner de mars 2002, lui a été froidement refusée. Seul Papon et une poignée d’agonisants ont pu à ce jour bénéficier de cette « faveur ». La double peine en prison existe, elle se nomme torture blanche. Pendant ce temps, Perben et Bédier ont du mal à suivre le train d’enfer de Sarkozy. La surpopulation carcérale leur pose en effet de sérieux problèmes comptables : dans la région toulousaine, la prison de Seysses est déjà surpeuplée (voir CQFD n°6), or l’ouverture de nouveaux placards dans les environs ne sera effective qu’en 2007. Du coup, on envisage de rouvrir un bâtiment désaffecté de la vielle prison de Saint-Michel, à Toulouse, qui avait en partie fermé ses grilles début 2003. Les commerçants qui, depuis un an, se plaignaient d’une baisse tragique de leur chiffre d’affaires, retrouvent, eux, un moral en pleine croissance. Peut-être une solution pour sauver les buralistes : bâtir une maison d’arrêt devant chaque bar-tabac.
Willy Daunizeau
Publié dans le n°7 de CQFD, décembre 2003.