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CQFD N°014


À BOIRE & À MANGER

POUPÉES DE SONS…

Mis à jour le :15 juillet 2004. Auteur : XXL.


Sidérant duo américain de Boston, découvert un peu plus d’un an en arrière au cours d’une de mes hasardeuses pérégrinations sur Internet, les Dresden Dolls s’étaient, pas gênés, installés tout en haut de ma « liste de découvertes à surveiller pour 2004 ». Plus loin, leur premier album studio m’ayant légèrement déçu, je décidai quand même de vérifier le résultat sur scène, le 29 juin dernier. Las, il s’agit d’un concert VIP, sur invitation, je commence à me méfier, j’envoie un e-mail au groupe, qui m’invite aussi sec, un bon point pour eux. Un restaurant, loué pour l’occasion par la maison de disques (Roadrunner, distribution… Universal), l’endroit est chaleureux, rempli de journalistes, bon, on me dit open bar, je teste tous les cocktails en libre service, je termine au champagne. Curieux hasard ? Le concert débute au moment où les journalistes, juste assez bourrés pour être emportés par la vague, sont encore suffisamment clairs pour prendre des notes. Je suis moi-même obligé de reconnaître le formidable talent scénique de ce groupe, précédé de L’A.O.C. Brechtian Punk Cabaret qui lui sied comme un gant. Maquillés comme des poupées de porcelaine, on les dirait tirés d’une vieille malle oubliée. Prenez le mime Marceau, branchez-le sur le 220, vous obtenez Brian Viglione, batteur halluciné et face de clown triste. À sa gauche, chant et piano, Amanda Palmer, ou comment rester sexy avec des bras de fermière et les aisselles en friche. Sexy, avec du poil sous les bras… Voici sans doute une bonne définition du rock’n’roll . Le concert se termine, les journalistes sont contents, la maison de disques aussi (elle a mis le paquet, mais elle connaît l’équation, « pas d’argent, pas de presse, pas de presse, pas de ventes »), parions qu’on entendra causer des Dresden Dolls dans les mois à venir… Pourquoi eux ? Ce groupe a certes du talent, mais traînant ses bizarreries comme un boulet, il avait tout pour rester confidentiel… Un éclair, une révélation : un homme, une femme, un duo, une musique-relecture électrifiée de classiques, l’attitude rebelle, le look travaillé, l’ambiguïté qui fait causer (est-ce un couple ? Rien ne l’assure, malgré la tendance de la demoiselle à régulièrement introduire sa langue dans la bouche du monsieur devant un photographe). Ceux, et ils sont nombreux, qui n’ont pas échappé à la déferlante White Stripes savent de quoi je parle. Les labels, en totale panne d’imagination depuis des années, partent en chasse, cynisme au vent : « Tu vois coco, les Dresden Dolls, c’est les White Stripes en noir et blanc, en plus cul. Avec leurs têtes de clowns, on va aller racoler chez Marilyn Manson et les néogothiques. On les signe et avec un peu de bol, c’est crédibilité + couilles en or. » CQFD. Pendant ce temps, à quelques centaines de kilomètres de Boston, les Denver Gentlemen n’ont pas eu cette chance. Dans la veine cabaret-sombre-dévoyé avec de vrais instruments et une pointe de country, auteurs d’un formidable premier album sur un obscur label (Absalom Records) maintenant disparu, lâchés par tous après l’enregistrement de leur deuxième disque et légèrement dégoûtés par le désintérêt de l’industrie musicale, ils jettent l’éponge et proposent toutes leurs chansons en accès libre sur leur site Internet. Rare et à télécharger d’urgence.

> Dresden Dolls CD par the Dresden Dolls, à commander de préférence sur leur site, c’est toujours ça qu’Universal n’aura pas. www.dresdendolls.com
> Le concert des Dresden Dolls en photos (par Lara Orsal) sur www.20six.fr/musique (tant que vous y êtes, faites un petit tour sur son journal en ligne, c’est franc, bien écrit, parfois finaud, parfois cru, souvent drôle : www.20six.fr/meluzine2)
> www.denvergentlemen.com pour télécharger (gratuitement) l’intégralité des deux albums des Denver Gentlemen.
> Suggestion ? Mot de haine ? Mot d’amour ? xxl@cequilfautdetruire.org

Publié dans CQFD n°14, juillet 2004.






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