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CQFD N°014


TOUT DOIT DISPARAÎTRE

UN PEU D’HISTOIRE NE FAIT PAS DE MAL

Mis à jour le :15 juillet 2004. Auteur : Arthur.


Comme le journalisme, l’écologie mène à tout, à condition d’en sortir. Au départ, cette science était censée définir, puis vulgariser les rapports entre l’homme et la nature, la planète étant la seule niche écologique dont dispose l’espèce humaine, la reine des prédatrices. Rousseau disait en substance que si l’homme naît bon, la société le corrompt. Au vu des tares génétiques constatées chez bon nombre de bipèdes pensants, à l’UMP, au Medef et aussi au PS, la théorie se discute. Mais une chose est sûre : si l’homme naît bon, il corrompt la nature, suffit de regarder autour de soi et d’ouvrir le nez pour humer le cloaque, et les oreilles pour s’assourdir au carrousel véhiculé. Les ancêtres des Verts, dans les années 1970, composaient un fourre-tout avenant où l’on trouvait, mélangés dans les manifs antinucléaires, des gens aussi différents que des mangeurs de carottes bio, des entristes du PSU (petit parti socialo de Rocard), des anars anticapitalistes, des antimilitaristes du Larzac, des gauchistes en rupture de missel (maos, trotskos…), des cathos végétariens et des punks avinés de la bande à Choron (de feu Charlie-Hebdo). Ce qui les réunissait, c’était surtout la nostalgie de Mai 68, et donc la haine du libéralisme à la Giscard. Mais dans les manifs, ils faisaient bande à part car faire cohabiter un amateur de côtes-du-rhône et un sectateur du pain complet relève du défi absolu. Personne à l’époque n’envisageait de « faire une carrière politique » dans l’écologie, organisée alors en comités régionaux. Personne, sauf quelques malins pour qui l’on devinait que Napoléon perçait sous Bonaparte. Des noms ? Le sémillant Lalonde, la mère Voynet, le père Mamère, le bébé Bennahmias, rejoints ensuite par une cohorte de technos comme le Breton Cochet, l’économiste Lipietz et d’autres épigones dont les noms fleurissent dans les tribunes de la presse, tel le petit Val, chansonnier comparse de Font, bien connu des MJC. À droite, personne ! La mère Bachelot n’était que la fille du député gaulliste Narquin, et Nicolas Hulot achetait ses premières godasses de randonnée au Vieux Campeur. Quant au père Dany Cohn-Bendit, juif allemand exilé comme tel par Pompidou, il s’occupait d’une école parallèle à Francfort.

Le seul avantage de la vieillesse, c’est qu’on voit passer pas mal de monde sous son balcon de cocu. Peu à peu, de ce magma informel, et en vertu de la sélection « naturelle », des « têtes pensantes » ont émergé grâce aux magouilles radicales-socialistes des assemblées générales du mouvement, le premier à Lyon en 1980, où est né le MEP, Mouvement d’écologie politique, où Lalonde a pris le pouvoir grâce à des conciliabules avec les bobos parisiens des Amis de la Terre. Je vous passe la suite, digne de Feydeau, lorsque les amitiés éphémères se métamorphosèrent en farouches batailles de congrès, avec des tranchages de têtes (Waechter, la moumoute alsacienne rasée par l’ex-gauchiste Voynet), des résistibles prises de maroquin (Lalonde, ministre de Rocard), et des statuts internes qui font rire la France entière. L’essentiel était là : grâce à l’écologie, des esprits médiocres, n’ayons pas peur des maux, se sont donné une stature nationale et ont assuré leurs vieux jours, en se faisant nommer au gouvernement ou élire au Parlement européen, ou encore en pantouflant dans des officines comme l’Ademe, Agence pour la maîtrise de l’énergie. Que sont nos amis devenus ? Laissez votre adresse, on vous écrira ! Et l’écologie dans tout ça ? Accessoire ! L’important est d’avoir un nom et de figurer dans le top 50 du Journal du dimanche. Aujourd’hui célèbres, identifiés par la ménagère de moins de 50 ans comme une marque de lessive, ces gugusses parlent de tout, sauf d’écologie. Mamère marie des homos (un domaine sociétal accessoire), Bachelot et Cohn-Bendit se prennent pour Blondin et commentent l’Euro de foot, Hulot déguste les derniers petits-fours parisiens de son pote Chirac, et les élus européens comparent leurs indemnités de déplacements… Les congrès des Verts sont des risibles assemblées de fonctionnaires déjantés où l’on cause de motions, de coups de Jarnac, de synthèses faux-cul, de votes truqués, de pour ou contre le PS, le tout arrosé de cidre bio, en oubliant seulement de réfléchir sur l’écologie. Et l’on s’étonne ensuite que le vote des électeurs ne dépasse pas les 5 % ! Dans notre grande mansuétude, donnons à ces pitres les dossiers à traiter d’urgence : l’effet de serre, la mort des océans, la fin des espèces vivantes, la biodiversité en péril, la surexploitation du tiers-monde, les énergies alternatives. Et rien sur les salaires des élus verts ? Non, rien ! Ah, le salaud, il veut nous ramener à la base et nous priver des colonnes de Libé !

Publié dans CQFD n°14, juillet 2004.






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