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CQFD N°014


LA CHANCE AUX CHANSONS

TEMPES GRISES ET CRÊTES ROSES

Mis à jour le :15 juillet 2004. Auteur : Will et Pierre Etbunk.


Nombreux sont ceux qui en 1977 se trouvaient encore dans les bollocks de leurs géniteurs. Les moins chanceux arboraient la frange, les camarguaises et le sous-pull caca d’oie 100 % acrylique, et se tiraient sur l’élastique en écoutant en boucle les râles humides de Donna Summer. Ils n’ont, par conséquent, pas eu vent de L’Aventure Punk (chez Grasset le grassouillet) que Patrick Eudeline, chanteur en ce temps-là d’Asphalt Jungle, nous conte en quelques flashs incandescents. La réédition de cet ouvrage écrit en 1977, dont beaucoup parlaient mais que peu avaient lu, nous plonge la tête dans la cuvette de l’histoire du rock en France, millésime fin des 70’s. Celle du rock progressif poisseux (beurk), de Giscard et du système qui n’offraient (comme d’hab’) « plus de rêve. Rien que des portes fermées, du béton, chômage, récession. Le quotidien et les kids plantés devant ». En face, vers la perfide mais salutaire Albion, la déflagration punk secoue l’establishment ronflant et les vieux rockers gâteux. C’est alors que quelques froggies traversent la Manche et importent le fol espoir que les choses changent radicalement. Dans l’avant-garde française de la blank génération, entre binouze et speed, des garage-bands se forment histoire de mettre une claque aux mauvaises odeurs de patchouli. En 1978 déjà tout est fini. « Comme d’habitude, un seul enjeu : déposséder les kids de la seule force qui leur est laissée (qu’ils ont prise) : ce foutu rock & roll. Qui à jamais ne peut appartenir qu’à eux. » Récupérée, dénaturée, la première vague se brise sur le business. Néanmoins le ver est dans le fruit et la pourriture punk, salvatrice, s’étendra chez quelques futurs rebelles.

Will


Deux grands costauds en perfecto et bombeur, crêtes roses dressées sur la tête, le regard tourné vers la Bonne mère, les Dirty Floï ont choisi de faire dans le cliché léger pour la jaquette de leur nouvel album, intitulé 2004. L’avantage en est qu’à l’écoute des paroles on n’est pas pris au dépourvu par les couplets, dignes du folklore le plus basique, comme sur le sympathique titre Enfant du chaos. La chanson d’amour statutaire, Marteau sans faucille, est elle aussi une perle rare, avec un discours édifiant au premier degré mais très drôle au second, reste à savoir auquel des deux il se destinait. Heureusement, Dirty Floï mérite de s’écouter surtout pour la musique, particulièrement aboutie. Basé sur le trio magique guitare, basse, batterie, le groupe produit un streetpunk puissant et propre avec une qualité d’enregistrement assez rare pour du « fais-le toi-même », preuve qu’au niveau technique ces gars là ont de la bouteille. Le chanteur cultive une voix testostéronée, pour ne pas dire sévèrement couillue, qui ne déplaira pas aux amateurs d’oï. Ramassé en six titres, l’album se termine par un bonus live de trois chansons qui semblent avoir été enregistrées dans un haut lieu de la culture punk marseillaise, à en croire l’abondance des aboiements au refrain. Eh oui, si ce n’est pas avec ce disque à fond dans votre vieux fourgon pourri que vous emballerez sec aux sorties de boîtes de nuit cet été, il peut en revanche constituer une délicate offrande à 6 euros pour l’anniversaire de votre petit cousin redskin. Contact : dirtyfl01@aol.com.

Pierre Etbunk

Publié dans CQFD n°14, juillet 2004.






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TEMPES GRISES ET CRÊTES ROSES
Dirty Floï Drum | 18 octobre 2007 | http://dirtyfloi.fr.tc/
Les crêtes de Dirty Floï ouvrent leur site officiel, nous mettons a disposition les album en téléchargement libre et plein d’autre choses. A vos marques, pret, cliquer
 

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