Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°007
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°007


L’agression en cachait une autre (suite)

Violences en réunion

Mis à jour le :15 décembre 2003. Auteur : Sylvie Tissot.

Le 10 novembre, le tribunal de Bobigny condamnait à de longues peines de prison deux jeunes de Pantin accusés de « violences en réunion » contre trois policiers. Ainsi se termine une affaire où police, justice et médias n’ont cessé de manipuler les faits à leur guise.

Evidemment, ça n’a pas raté : « deux tabasseurs de flics au tribunal », piaillait TF1 le 10 novembre, à l’occasion du procès de Mehdi et Tewfik, deux jeunes habitants de Pantin accusés de « violences en réunion » à l’encontre de trois îlotiers. Le résumé des faits selon Jacky Durand, journaliste d’un grand quotidien de gauche : « Le 24 juillet 2002, le contrôle d’identité s’est transformé en un véritable tabassage subi par les policiers. Elisabeth a été le plus sérieusement touchée : multiples fractures de la mâchoire, du nez et un oeil abîmé. Ses collègues ont souffert de nombreuses contusions. » (Libération, 11/11/03)

Ce que n’explique pas Libé, pas plus d’ailleurs que ses concurrents, c’est comment deux jeunes ont pu perpétrer un tel carnage sur trois policiers armés et entraînés. A l’époque des faits, la version tricotée par la police et aussitôt amplifiée par les médias avait mis en avant un « traquenard » tendu aux agents, l’utilisation de « battes de base-ball » par une « bande de voyous » agissant avec une « sauvagerie inouïe ». Les gros titres criards accordés à l’affaire avaient offert un argument inespéré à Sarkozy pour justifier le recours aux flash-balls (voir CQFD n°1). Au tribunal, le caractère loufoque de cet emballage est apparu au grand jour. Au lieu d’une « bande », la justice se retrouve avec deux accusés. Au lieu d’un tabassage, elle se retrouve avec une histoire de policiers au comportement plus que douteux. Retour sur les faits. Le 24 juillet 2002, rue des Pommiers, à Pantin, trois policiers en VTT interpellent un enfant de 15 ans, redoutable si l’on en juge par sa taille (1m51) et son poids (38 kg). Les motifs de cette intervention sont obscurs : si les policiers ont évoqué un joint, puis une « odeur », ni mégot ni cannabis n’ont été retrouvés sur le jeune. Surtout, et les policiers le confirmeront eux-mêmes, l’interpellation est extrêmement violente. Le gamin, chétif et peu menaçant, est balayé puis plaqué à terre par la policière du trio. Un jeune qui passait par là s’indigne de cette brutalité et reçoit en réponse un coup de matraque. Un autre arrive, s’interpose, s’empare du tonfa et s’enfuit. Au procès, l’enregistrement des appels passés par les policiers et le jeune sur leurs téléphones portables prouvera que ce dernier n’était plus là au moment où la policière a été frappée.

Le procès n’a en revanche pas établi qui était l’auteur du coup. Comme la policière dit ne plus se souvenir de rien, le tribunal s’en est remis à la version des ses deux collègues, aidés pour la circonstance par un « témoin » au-dessus de tout soupçon, puisque récemment intégré à la police. Selon cette version, tout reste de la faute des jeunes. Où sont les « nombreuses contusions » dont parle Libé ? Certes, le coup porté à la policière a été indéniablement violent. Mais les dégâts subis par ses collègues sont beaucoup moins évidents : un jour d’hôpital pour l’un, pas un seul pour l’autre. Au procès, on ne leur posera aucune question sur leurs déclarations embrouillées et contradictoires. Un exemple : après l’incident, les policiers avaient immédiatement mis en cause plusieurs jeunes dont il a été prouvé ensuite qu’ils n’étaient pas là au moment des faits. Par ailleurs, des témoins non entendus à l’audience racontent avoir vu les deux policiers mettre en scène leur agression. « J’en ai vu un se déchirer la chemise avant de s’allonger sur le sol », a dit une riveraine à CQFD. Ce qui expliquerait l’obstination à accréditer la thèse du « traquenard » et de l’agression collective, fabriquée deux heures à peine après les faits par le syndicat de police SGP/FO. Mais de cette manipulation, il ne sera pas question à l’audience. Autre détail surprenant : le juge d’instruction n’a pas jugé utile de faire analyser les chaussures des protagonistes, se privant ainsi d’un moyen pour identifier l’auteur des coups. En outre, deux cassettes vidéo enregistrées d’un balcon ont été confisquées, puis déclarées inexploitables. Dommage, car elles montraient toute la scène.

« Hier, Elisabeth apparaît comme une petite silhouette frêle dans son uniforme de gardienne de la paix », s’émeut le journaliste de Libération. Ce que d’autres ont vu, de l’autre côté de la salle, dans le box des accusés, ce sont deux jeunes écopant d’une lourde peine de prison : l’un de quatre ans et demi (dont douze mois avec sursis), l’autre de trente mois (dont huit avec sursis). Pour un « tabassage de flics », ce n’est pas beaucoup. Pour un tonfa volé et un accrochage confus gonflé à l’hélium médiatique, c’est énorme. Tewfik et Mehdi disent s’être comportés en « citoyens » face à une interpellation qu’ils jugeaient brutale et injuste. « Provocation », leur a répondu le tribunal. C’est aussi cela qu’il faudra retenir de cette affaire : ce que « citoyenneté » veut dire dans le vocabulaire de la république. Passer son chemin quand on est témoin d’une violence, surtout lorsqu’elle est perpétrée par les forces de l’ordre, obéir, se taire, bref, accepter l’ordre discriminatoire qui règne dans la société française en général, et dans certaines banlieues en particulier, voilà le sens donné désormais à la citoyenneté. Quand elle ne sert pas à enrober les indics, comme à Douai, où la police qualifie ses supplétifs de « relais citoyens »… Sans doute l’adjectif « citoyen » devrait-il s’appliquer aussi à la bavure judiciaire qui s’est déroulée le 10 novembre à Bobigny. Ou encore à la bavure médiatique qui l’a précédée, accompagnée et couronnée.

Sylvie Tissot

Publié dans le n°7 de CQFD, décembre 2003.

A lire : Pantin : comment se fabrique un scandale de l’insécurité publié dans CQFD n°1, avril 2003.






>Réagir<

http://www.x-zone.com.au/thegallery/displayimage.php ?pos=-144
| 28 mai 2013 |

http://ss33333.com/viewthread.php ?tid=2245761&extra=page%3D1&frombbs=1
http://4everhoops.com/bbs/home.php ?mod=space&uid=93699&do=blog&id=165926
http://forum.rigaclub.ru/showthread.php ?p=288133
http://www.tpjyzx.net/forum/showtopic-164261.aspx
http://bbs.ausgood.com/forum.php ?mod=viewthread&tid=2127028

test70215428965456
salvatore ferragamo mens shoes
| 22 mai 2013 |

http://casamento.ning.com/profiles/blogs/salvatore-ferragamo-on-sale-1
http://www.promotemyselftoday.com/profiles/blogs/blog-salvatore-ferragamo-black-suede-gancio-buckle-belt-best-pric

test70215427895474232
ghd irons
| 21 février 2013 |

http://www.doktorjo.at/forum/viewtopic.php ?f=7&t=682317
http://www.halitobom.com.br/forum/viewtopic.php ?f=3&t=445824
http://www.naturalstoneforum.com/viewtopic.php ?f=8&t=52995
http://administrativosdelasalud.com/foro/viewtopic.php ?f=2&t=196222
http://forum.sciana.by/viewtopic.php ?f=10&t=944913

test70988785643
louis vuitton sac
| 19 février 2013 |

http://administrativosdelasalud.com/foro/viewtopic.php ?f=2&t=182201
http://jesosymamonjy.net/forum/viewtopic.php ?f=2&t=86724
http://desiessence.com/forums/viewtopic.php ?f=11&t=182410
http://administrativosdelasalud.com/foro/viewtopic.php ?f=2&t=181026
http://administrativosdelasalud.com/foro/viewtopic.php ?f=2&t=182449
http://freetech-mould.com/freeshare/viewtopic.php ?f=27&t=451596
http://bytesaurus.net/dbf/viewtopic.php ?f=2&t=393809
http://administrativosdelasalud.com/foro/viewtopic.php ?f=2&t=180349
http://administrativosdelasalud.com/foro/viewtopic.php ?f=2&t=183992
http://phoneinthecity.com/phpbb/viewtopic.php ?f=8&t=1371498

test7098854222
Violences en réunion
| 22 septembre 2007 |
J’aime bien ce genre de grand article !!!!!! A Syvie Tissot votre article est digne du grand reportage.. mais pourquoi n’avoir pas parler des jours d’ITT de la fonctionnaire de Police qui aurait permis de résumer cette affaire ainsi dans le but d’imparcialité de ceux du jeune homme de 13 ans……… Je ne vous souhaite pas (ni à vos proches la rencontre de genre de pauvres malheureux, courageux ayant voulu s’interposer lors d’un acte indigne ou plutot d’un nouvel acte indigne de la part de ces salauds de flic !!!!!) Violences en réunion
rlu | 30 juillet 2007 |

Je réagirais à la première réaction.

La France, c’est la pays des gaulois, de la révolution, de la liberté, et même le pays où quand il s’agit de rosser les cognes, tout le monde se réconciclie. On veut nous faire croire le contraire, à coup de matraque et de prison. Vous êtes, cher réactant, victime de trop de télévision et vous vivez dans la peur. Pire, vous préférez l’accepter que de le reconnaître ; et de prendre les mesures qui s’imposent : revoir votre point de vue. Il n’y a pas les crapules d’un côté et les flics de l’autre. Tel est le message de cet article. Il faut savoir voir plus loin que le bout de son nez. La question va plus loin. Pour moi, votre réaction constitue une agression en elle-même, l’agression réelle que cachait la première. Elle est le symptôme de la source du genre de malentendu et d’abus de pouvoir potentiel dont il est ici question. Diviser pour mieux régner. On ne me la fait pas.

Violences en réunion
| 15 mai 2007 |

Vous etes, pour ecrire de telles choses, la honte de la france d aujourd hui.

Croyez madame que dans les nombreux pays que j ai pu visiter, frapper un policier, pour quelque raison que ce soit n est jamais excusable.

Tout juste arrivez vous a dire que le coup recu par la policiere etait visiblement tres violent et que ses deux compere n’ont meme pas ete a l hopital… Quand l un de ces jeunes sans piete et protege par la societe vous deboitera la machoire ou celle de vos enfants, j espere tres sincerement qu il ne leur arrivera rien, comme souvent.

Ce jour la peut etre vous comprendrez.

J ai deja plusieurs fois ete victime d aggression gratuites sans que les coupables soient punis, meme lorsqu ils sont retrouves. Je n espere qu une seule chose, que cela vous arrive maintenant, a vous ou a votre famille.

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |