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CQFD N°015


FAUX-AMIS

ATTAC

Mis à jour le :15 septembre 2004. Auteur : Le bouledogue rouge.


Non, les adhérents d’Attac ne sont pas tous des faux amis. Certains sont même de vrais copains, mais ne le répétez pas à leur bureau national : là-haut ça ne plaisante pas. CQFD en a eu la preuve lors de leur « université d’été », qui se tenait fin août au palais des congrès d’Arles. Un cadre pas très gai, certes, mais approprié à l’abnégation studieuse des participants, acceptant sans broncher d’être privés d’une buvette digne de ce nom (pas d’alcool, excepté un vin bio assez médiocre). Introduits dans la place par Co-errances, notre coopérative de distribution, venue elle-même sur invitation de quelques complices, tendance alter-Attac, nous étions venus tenir une table de presse pour altermondialiser en bonne compagnie, et surtout, soyons francs, pour vendre les canards, bouquins et films de Co-errances. Car si le monde n’est pas une marchandise, il n’en est pas moins vrai que les adhérents d’Attac ont en général un bon pouvoir d’achat, et que voulez-vous ? autant qu’il serve à quelque chose. Question pépettes, il convient d’ailleurs de tirer son chapeau à Attac pour l’excédent de 560 000 euros dégagé par le Forum social européen de Saint-Denis (promotion 2003), les subventions ayant coulé avec une telle abondance qu’elles n’ont pas pu être toutes dépensées. À une époque où tant d’associations de lutte se débattent dans des difficultés financières inextricables, cet exemple de « gestion saine », comme dit Bernard Cassen, a de quoi forcer l’admiration. D’autant que le trésor du FSE ne sera pas gaspillé en vaines redistributions. Alter-Dieu merci, il devrait être affecté à une tâche plus noble : honorer la mémoire des forums sociaux. Pour l’archivage d’un monde solidaire… Ce qui frappe aussi, à Attac, c’est l’homogénéité sociale de ses effectifs : beaucoup de profs, plutôt en haut qu’en bas de l’Éducation nationale. Quand ils vous parlent, on a toujours l’impression d’être en culotte courte. Nos T-shirts CQFD nous resteront un peu sur les bras, mais comment blâmer les congressistes de ne pas vouloir débattre avec un clébard furax sur le torse ? Surtout la dame avec son sac à mains Gucci, en train de grignoter une tablette de chocolat commercialement équitable Max Havelaar. On en était là, à s’emmerder gentiment, quand soudain, telle la foudre, une inconnue nous tombe dessus. En vociférant des accusations incohérentes, elle s’empare d’une pile de catalogues et repart avec, au galop, l’écume aux lèvres. Une voleuse chez Attac ! On n’est plus en sécurité nulle part. L’un de nous se lance illico à la poursuite de l’agresseuse, pour récupérer les papelards autant que pour identifier la mouche qui l’a piquée. « Eh m’dame, m’dame ! » Sans répondre, elle s’engouffre dans une salle de réunion. C’est rempli d’hommes au front soucieux, intensément affairés à leur débat. L’irruption de notre petit cortège les cueille à froid. Jaillissant de sa chaise, un monsieur d’allure importante - le trésorier, nous dira-t-on - se met à crier à son tour. De ses récriminations, il ressort que nous ne sommes pas « membres fondateurs d’Attac » et qu’à ce titre nous ne sommes pas les bienvenus. Hélas, il n’ira pas jusqu’à nous virer par le colback : faut éviter le grabuge dans le piège à cons ! Pourtant, il y a des gens réellement attachants à Attac : ceux, par exemple, qui ont bataillé pour que leur direction consente à verser une aide au SOC, le syndicat andalou des ouvriers agricoles et saisonniers étrangers. Salut à eux ! Mais les autres, il faut dire ce qui est : solidaire ou pas, on ne passera pas nos vacances avec.

Publié dans CQFD n°15, septembre 2004.






>Réagir<

> ATTAC
Henri | 21 septembre 2004 |

Moi aussi adhérent Attac, je partage l’avis de Pablo.Ma section est composée de bobos qui sortent de leur duplex de 200 m2 une à deux fois par semaine pour se réunir ; La réunionnite est une pathologie Attac très répandue.

Le problème est qu’il n’y a aucun lien entre les différentes sections, y compris dans le même département.

Aucun budget de fonctionnement, de communication ou autre n’est débloqué par le siège d’Attac, et chacun travaille selon ses possibilités et son humeur.

L’aristocratie charitable convient bien à ce mouvement.

Chaque section tente de rendre visite aux élus de sa ville pour aborder le problème de l’AGCS . Il s’agit de se donner bonne conscience, alors que chacun sait qu’il ne s’agit que de coups d’épées dans l’eau, puisque la région Rhône Alpes, par exemple, a déclaré à Attac être zone non AGCS, mais sans l’inscrire sur son site internet, sans en informer les reponsables de la région, et sans faire la moindre communication dans la presse.

Donc, personne n’est au courant, hormis quelques adhérents locaux d’Attac qui se gargarisent de leur « succès ».

Bref, Attac brasse du vent, et je suis très déçu de la non action, du manque de réelle mobilisation des adhérents, de leur conformisme, et de la léthargie visible aux réunions Attac.

Bien à vous

Henri

> ATTAC
Gérard | 18 septembre 2004 |
On dirait qu’ils ont quelques petites aigreurs contre vous chez Attac.Il y a incontestablement eu quelques erreurs de casting dans le choix de leurs collaborateurs.Ces réactions érruptives(le vol de journaux)prouvent bien qu’ils attendent de la part de la presse du « leche bottes » et pas du courage. Ont-ils mal étes habitues ?Peut -etre sont t-ils un petit peu perturbés par certaines révèlations ? … > ATTAC
Pablo | 17 septembre 2004 |
Saluts, désolé pour votre profonde désabusion, je la partage comme membre d’un petit groupe Attac, dissident de la mouvance parisienne et ostracisé jusque dans son propre département… Attac est infesté par une bande de néo-bourgeois de gôche version dure ou molle du ps, mais peu importe, pas du bois dont on chauffe les grands brasiers révolutionnaires… c’est hélas comme ça, et ça représente parfaitement l’époque dans laquelle nous nous trouvons, où les grands idéaux sont passés au crible d’un pragmatisme sans faille : ainsi Attac se trouve être par vocation une association d’éducation populaire qui ne parvient pas à communiquer au peuple (vous savez, la France d’en bas). L’excès de suffisance ne parvient pas seulement à expliquer cet échec, plutôt un manque d’ambition, d’idéal, et de véritable esprit de solidarité : Attac est résolument petit bourgeois, et s’est sans nul doute enfermé dans une logique confort-able, où les réflexions sont cooptées, bref, on dirait un club d’aristocrates charitables. Ce qui explique sans doute le déficit de fonctionnement démocratique de l’association dans son fonctionnement, ainsi que le manque de perspectives qui font actuellement stagner la structure… Pourtant, j’y ai rencontré des gens bien.Pablo
 

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