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CQFD N°015



LES BRÈVES DU N°15

Mis à jour le :15 septembre 2004. .


Mobilisation

Jean-Louis Borloo a tenu compte des critiques du Conseil économique et social (CES) à propos de son plan de « cohésion sociale ». Le CES avait jugé que les contrats d’activité, version « non-marchande » du RMA, donnaient la priorité à « l’activité, aussi modeste soit-elle » au détriment de l’« emploi de qualité ». Du coup, le ministre a promis que les contrats ne s’appelleraient plus « d’activité » mais « de mobilisation vers l’emploi », à moins qu’au final ils ne soient rebaptisés « contrats d’avenir », ce qui est joli aussi. À part ça, c’est toujours la même camelote : 26 à 35 heures de boulot payées en dessous du Smic, destinées aux Rmistes et chômeurs de longue durée, qui devront les accepter avec le sourire, sous peine de « sanctions justes et graduées ». Borloo veut « passer tout de suite à 250 000, voire 300 000 contrats par an », et « en signer 50 000 ou même 100 000 vers Noël ». Cette année, les santons de la crêche porteront l’uniforme du STO.


Boomerang

Les patrons poussent « un cri d’alarme », relayé sans malice par le JT de France 3 (06/09) : les cadres et rats de bureau passent trop de temps à traiter leurs e-mails, notamment à leur retour de vacances. Chaque message supprimé coûterait 40 secondes à l’entreprise, selon des « scientifiques » cités par la chaîne, qui ne précise pas à quelle science il incombe d’effectuer ce genre de calcul. Compte-tenu de la surabondance des e-mails publicitaires, évaluez le préjudice que cela cause à l’employeur. Ainsi les pollueurs se piègent eux-mêmes : à force d’inonder la planète d’injonctions à consommer, ils finissent par saboter leurs propres forces de production. Ça fait rêver, non ?


Arrangements

La procédure dite du « plaider coupable », qui va permettre au procureur de mitonner une peine transactionnelle au délinquant ayant avoué les faits, devrait s’appliquer aussi aux chefs d’entreprise, selon une circulaire sortie début septembre. Initialement, cette disposition des lois « Perben II » ne devait s’appliquer qu’aux « violences urbaines », histoire de rendre la justice plus expéditive qu’elle n’était déjà. Mais l’extension de cette trouvaille aux patrons répond à d’autres impératifs. Comme l’explique l’Union syndicale de la magistrature (USM), « les sanctions aux infractions financières ou au droit du travail seront négociées en catimini, avec une possibilité énorme de manipulation ». On se souvient que les investigations sur le financement occulte du PS dans les années 80 avaient commencé par une banale enquête sur un accident du travail au Mans. Grâce au « plaider coupable », plus de juge fouineur, plus d’enquêtes pénibles, plus d’affaire Urba. Elle est pas belle la vie ?


Come-back Le 10 septembre au matin, un groupe de pique-niqueurs est venu déballer son p’tit déj’ à l’hôtel Ibis de Montrouge, au sud de Paris. C’est l’hôtel où travaillait Faty Mayant, très impliquée dans la grève qui avait paralysé le groupe de nettoyage Arcade de mars 2002 à février 2003, au grand agacement de son donneur d’ordres, le groupe hôtelier Accor. Les grévistes ont gagné le bras de fer, mais Faty, bien que déléguée du personnel, n’en a pas moins été virée comme une malpropre, sans que l’inspection du travail ne s’y oppose. À l’hôtel Ibis de Montrouge, la direction lui interdisait de manger dans les chambres ou devant les clients, si bien qu’elle devait prendre ses repas dans les toilettes. Aujourd’hui, Faty déjeune dans le hall de l’hôtel. En grand, et sans serpillères.


Fête nationale

Au départ, on aurait dit des skinheads : boule à zéro, polo noir, regard qui veut en découdre. Quand les trois types ont sorti leurs matraques et se sont mis à cogner, le petit groupe de copains lyonnais a compris en moins de temps qu’il n’en faut pour avoir mal : c’étaient des agents de la BAC (Brigade anti-criminalité). Dépourvus de brassard et de signe tricolore ostentatoire, les flics ont tabassé vite, fort et sans raison autre, disent leurs victimes, qu’on était le 15 juillet à 1 heure du matin. L’un des jeunes a reçu tellement de coups aux articulations des jambes qu’il boîtait encore une semaine plus tard. Un autre, un mois après, portait toujours des marques énormes sur les cuisses. Évidemment, les tabassés ont tenté de porter plainte, évidemment, la police n’a pas voulu l’enregistrer. Évidemment, ce sont eux qui se retrouvent poursuivis pour outrage et rebellion. La vie de tous les jours.


Vigile automatique

C’est le vigile parfait : il n’a ni cerveau, ni vessie, ni prétentions salariales. Conçu par la société japonaise Secom, le Robot X est un homoncule de métal et de plastique haut d’un mètre, monté sur six roues et lourd de 120 kilos. Il est armé de caméras, de haut-parleurs et de redoutables fumées blanches, grâce auxquels il peut intimider ou neutraliser les personnes entrées chez vous par effraction. Le Robot X n’est pas encore en vente, mais on peut le louer pour 2 600 euros par mois. Selon le fabricant, cela représente « la moitié du coût d’un gardien employé aux mêmes fonctions ». Au Japon, peut-être. En France, terre de liberté, on peut encore s’offrir des vigiles humanoïdes pour beaucoup moins cher.

Publié dans CQFD n°15, septembre 2004.






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