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CQFD N°016



RIONS, DANSONS ET CHANTONS AVEC LA CONSTITUTION EUROPÉENNE

Mis à jour le :15 octobre 2004. .


Merci à Dominique de Villepin ! Contre le projet de Constitution européenne, c’est le nobliau poudré de la maison poulaga qui a fourni l’argument décisif. C’était le 21 septembre sur France 3, chez la momie Christine Ockrent. Invité à faire la claque pour le catalogue libéral de Giscard, le ministre de l’Intérieur a lâché cette phrase merveilleuse : « Moi aussi, j’aurais voulu plus de social »… Bien sûr, il a aussitôt enchaîné sur « mais » : « mais » c’est mieux que rien, « mais » si on ne vote pas la Constitution on aura l’air de quoi, « mais » ceux qui appellent au non sont les chevaliers de l’apocalypse, etc. N’empêche qu’il l’a dit : il aurait voulu plus de social. Qu’un ministre-clé du gouvernement le plus anti-social depuis Daladier (1938), qui jour après jour déshabille les gueux pour vêtir les riches, juge insuffisant le contenu social de la Constitution européenne, voilà qui indique la ligne de flottaison du « débat » qu’ils nous infligent. Quel débat, au juste ? Dans la presse, à la télé, dans les radios, la propagande en faveur du oui roule tambour avec une vigueur qui n’a d’égale que les injonctions à voter Chirac aux dernières présidentielles. Pour peu qu’il consomme du média, la journée du citoyen ressemble à un tunnel d’approbations : il se réveille sur le oui de Jean-Marc Sylvestre, boit le café avec le oui de Bernard Guetta, prend le métro à côté du oui de Serge July, déjeune en feuilletant le oui de Claude Imbert, s’assoupit le nez dans le oui de Jean-Marie Colombani, dîne devant le oui du J.T. et s’endort sous le oui de Giesbert. Du Figaro à Charlie Hebdo en passant par La Semaine de Zézette, impossible d’échapper à la ola giscardienne. Avec, pour fil rouge, la menace résumée par Jacques Julliard dans Le Nouvel Observateur (16/09/04) : « Si, par malheur, la France [votait non], alors ce pays serait pour une bonne dizaine d’années rayé de la carte diplomatique de l’Europe et du monde. » Waaouhh ! Si seulement ça pouvait être vrai… Ils nous avaient déjà fait le coup avec Maastricht : « Un non au référendum [de Maastricht] serait pour la France et l’Europe la plus grande catastrophe depuis les désastres engendrés par l’arrivée de Hitler au pouvoir », écrivait le directeur du Monde (19/09/92, citation volée à PLPL). Ainsi éclairés sur les enjeux du scrutin, les électeurs ne purent que voter oui à Maastricht, c’est-à-dire oui à la loi des marchandises. C’était ça ou la division Charlemagne, alors il n’y avait pas à hésiter. Mais une fois rengainé le flingue qu’ils nous avaient mis sur la tempe, le traité fut bien vite roulé dans la farine par ceux-là même qui l’avaient conçu, les dirigeants allemands et français n’ayant aucun scrupule à bafouer les fameux critères de convergence, clé de voûte de Maastricht, sans que le monde cessât de tourner ni que Hitler sortît de sa tombe. Ils s’étaient bien foutus de notre gueule.

Le scénario mis en place il y a douze ans était donc en train de faire son come-back lorsqu’un événement imprévu a tout chamboulé : Laurent Fabius dit non à la Constitution européenne ! Les propagandistes en ont eu le souffle coupé. Comment ? Lui qui fait partie des nôtres, nous faire ça, à nous ! Révulsés, ils l’ont traité de tous les noms, gros ambitieux, traître à l’Europe, agent double du souverainisme… Pauvre Fabius, jamais il ne s’était mangé un tel râteau, c’est dur quand on n’a pas l’habitude. D’autant que jusqu’ici, il n’avait donné que des gages de bonne conduite. Personne ne lui a jeté des légumes pourris à la figure quand il saluait l’Europe « des entreprises compétitives qui sont souvent des champions mondiaux » (21/11/00) ou quand il félicitait « le FMI et la Banque mondiale » pour leur « rôle très utile dans la lutte contre la pauvreté » (17/04/00). Personne ne lui a brûlé la plante des pieds lorsqu’en mars 2000, le nouveau ministre de l’Économie de Jospin a confié la direction de son cabinet à Bruno Crémel, un des managers du groupe Pinault-Printemps-Redoute, ni lorsqu’il a baissé la tranche marginale de l’impôt sur les revenus en faveur des contribuables les plus fortunés, ni lorsqu’il a appelé de ses vœux la privatisation d’EDF. C’était le bon temps, quand Fabius était un dirigeant responsable et qu’il réglait son horloge sur celle de ses amis Serge Weinberg, bras droit de François Pinault, Denis Olivennes, PDG de la Fnac, ou Louis Schweitzer, PDG de Renault et ex-directeur de cabinet de Fabius à l’époque où celui-ci était à Matignon. Lequel Schweitzer est toujours copain avec son ex-patron, mais considère que le projet de Constitution « représente un vrai progrès, bénéfique notamment pour les grandes entreprises européennes » (Libération, 21/09/04). Avec ou sans Constitution, cette Europe mi-bunker mi-supermarché n’est pas la nôtre. Les solutions viendront de ceux qui la subissent et non de ceux qui se gavent avec. Qu’ils gardent pour eux leurs débats et leurs frontières : nous, on a d’autres chats à fouetter et d’autres territoires à explorer.

Publié dans CQFD n°16, octobre 2004.






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RIONS, DANSONS ET CHANTONS AVEC LA CONSTITUTION EUROPÉENNE
zaza bozo | 18 avril 2009 |

Laurent Fabius dit non à la Constitution européenne ! Les propagandistes en ont eu le souffle coupé. Comment ? Lui qui fait partie des nôtres

oui, c’est lui qui avait transformé le parti socialiste en parti capitaliste !

> RIONS, DANSONS ET CHANTONS AVEC LA CONSTITUTION EUROPÉENNE
pouf | 27 octobre 2004 |
Il y a longtemps que les « politiques » ont compris que si c’est le peuple qui donne son avis, c’est eux qui posent les questions. Et ici, on parle de « LA » constitution européenne. Alors qu’elle n’est que projet. C’est « UNE » possibilité de constitution européenne. En fait deja leur maniere de parler de cette constitution les trahit. Elle est deja adoptée et decidée. Ils ne demandent qu’au peuple de se salir les mains.
 

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