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CQFD N°016


DÉLOCALISATION DE LA CHASSE AUX MIGRANTS

LE MAROC, GARDE-CHIOURME DE LA FORTERESSE EUROPE

Mis à jour le :15 octobre 2004. Auteur : Marie Nennès.

Les délocalisations sont à la mode. Mais pendant que les usines se barrent à l’étranger, les étrangers, eux, sont toujours plus nombreux à tenter de rejoindre l’Europe. Les en empêcher coûte cher. En bonne gestionnaire, l’Europe a donc commencé à sous-traiter la répression de tous ces ventres creux aux États du sud, Maroc en tête.

Cela fait plusieurs années déjà que les polices marocaine et espagnole ont pris la triste habitude de ramasser les corps que la mer rejette, de chaque côté du détroit de Gibraltar. Surchargées, les barques de pêche ou pateras qui traversent toutes les nuits clandestinement vers l’Espagne chavirent facilement dès que le temps se gâte. Il arrive aussi qu’affolés à l’approche des vedettes de surveillance, les passeurs [1] balancent à la mer leurs passagers, qui pour la plupart ne savent pas nager. D’après l’association des Amis et familles des victimes de l’immigration clandestine (AFVIC), on a relevé 3 286 cadavres sur les rives du détroit de 1997 à novembre 2001. Le ratio le plus probable étant d’un cadavre retrouvé pour trois disparus, cela signifie la mort de plus de dix mille migrants en cinq ans dans le détroit. Des marocains majoritairement, mais aussi, de plus en plus souvent depuis deux ou trois ans, des subsahariens.

On estime leur nombre à trente mille sur tout le territoire marocain. Ils viennent du Mali, du Congo, du Nigeria, du Cameroun, du Sierra Leone. Ils ont fui la guerre, la misère, ont fait des milliers de kilomètres et préfèrent mourir ici, aux portes de l’Europe, plutôt que de rebrousser chemin. Ils ne sont pas les bienvenus et rien n’est prévu pour les accueillir. Alors ils se fondent dans la foule des quartiers périphériques de Tanger, Rabat, Fez, Oujda…ou s’organisent en camps clandestins, cachés dans les forêts près des enclaves espagnoles de Ceuta et de Melilla. Hicham Rachidi connaît bien ces camps : les deux plus importants, Gourougou, près de Nador, et Belyounech, près de Tetouan, rassemblent plusieurs milliers de clandestins. Cofondateur et vice-président de l’AFVIC, il y apporte de l’aide humanitaire et fait régulièrement des rapports sur les descentes meurtrières de la police marocaine [2]. Ce qu’il raconte laisse dans la bouche comme un goût de cendre. « Un jour, j’ai lu un article qui parlait d’Africains se nourrissant de rats dans la décharge de Nador. Furieux, j’ai appelé le journaliste pour lui dire qu’il véhiculait une image raciste des Noirs. Il m’a alors proposé de venir voir. Ce fut un vrai choc. J’ai découvert une ville parallèle, parfaitement organisée à la mode africaine, et une misère effroyable. Sans eau potable, sans nourriture, beaucoup sont malades. La nuit, lorsqu’ils tentent de franchir les grillages des enclaves ou fuient devant les rafles, ils tombent et se blessent, se font tabasser par les flics qui brûlent leurs huttes. Les contrebandiers aussi leur tirent dessus parce qu’ils dérangent leurs trafics. Toute cette présence policière a fait baisser leur chiffre d’affaire. Les subsahariens n’ont pas non plus accès aux hôpitaux, j’ai vu une femme mourir en couches… Il y a bien des Marocains qui les aident, mais très discrètement, car ils ont peur. » Quoi de plus naturel quand les autorités font du zèle pour complaire à leurs bailleurs de fond ? Fatiguée de gérer des centres d’accueil comme celui de Sangatte, l’Europe conditionne en effet son aide au développement à la signature d’accords de réadmission pour tous les clandestins arrêtés sur son sol. L’Italie vient d’en conclure un avec la Libye, et le Maroc doit signer avec l’Espagne en novembre prochain. S’ils ont transité par le Maroc, ce dernier doit les reprendre, quelle que soit leur nationalité. Le Maroc a bien tenté de protester, arguant qu’il n’avait pas les moyens de cette politique. Pour preuve de sa bonne volonté, il a adopté en novembre 2003 deux lois particulièrement répressives et liberticides. La loi 02/03 est un décalque de la loi Sarkozy, « épurée de sa maigre dimension humaine », précise Hicham. Transporteur, hébergeur, toute personne aidant un clandestin peut désormais être condamnée. La loi 03/03 est, elle, la copie du Patriot Act américain (adopté après le 11 septembre 2001) et donne à la police des pouvoirs accrus et discrétionnaires. Coïncidant avec une visite de l’ex-Premier ministre espagnol Aznar, qui a fourni en échange une aide de 400 millions de dollars, ce nouveau dispositif de flicage n’a pas même fait l’objet d’un débat au parlement marocain.

Dans les enclaves espagnoles, la Guardia civil sous-traite elle aussi la sale besogne aux forces marocaines. Selon plusieurs témoignages d’Amnesty International, les clandestins qui arrivent à passer et à déposer une demande d’asile dans un commissariat sont souvent arrêtés à leur sortie et remis aux auxiliaires marocains, qui les renvoient manu militari de l’autre côté du grillage, moyennant 2 à 5 euros par subsaharien maltraité. « Il y a un vrai problème de racisme envers les Noirs au Maroc, explique Hicham. Ils sont systématiquement arrêtés. S’ils n’ont pas de visa, c’est l’expulsion. La législation internationale exige que les pays d’accueil étudient individuellement tous les dossiers des immigrants. Mais les subsahariens sont expulsés de manière automatique, collective et sans étude de dossiers. Quand ils sont jugés, c’est sans avocat et sans interprète, alors qu’ils ne comprennent pas l’arabe. C’est une grave violation des droits de l’homme. » La très répressive « gestion des flux migratoires subsahariens » a beau jeter par dessus bord toute légalité en matière de droits de l’homme, elle n’en est pas moins inefficace, tout le monde le sait. À part la noyade, aucun obstacle n’empêchera les migrants de revenir. Cette politique est d’autant plus hypocrite que le Maroc ne fait rien pour lutter contre les passeurs, dont aucun n’a jamais été condamné. Dans un pays où 20 % de la population vit avec moins d’un dollar par jour, l’immigration clandestine est une soupape de sécurité dont il peut difficilement se passer. La chasse aux Noirs n’est qu’un gage de plus donné à la puissante Europe.

Publié dans CQFD n°16, octobre 2004.


[1] Ce trafic rapporte plus de 100 millions d’euros par an aux mafias de passeurs.

[2] On peut en consulter un à cette adresse : http://madiaq.indymedia.org/news/2004/04/6508.php





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LE MAROC, GARDE-CHIOURME DE LA FORTERESSE EUROPE
OTARIE | 28 avril 2007 | Expulsions ?! bienvenues
Police marocaine inhumaine ? Certes, mais à qui la faute ? Les dirigeants des pays du centre afrique ont « virés » les hollandais qui possédaient des fermes, et avaient appris la culture sur le désert aux autochtones, pour récupérer les richesses qu’ils estimaient leur appartenir, alors que cette action leur permettait de se nourrir. Résultats ? Oui, les hollandais ont du rentrer chez eux « une main devant, une main derrière », mais les centre africains ont tout laissé péricliter en jachère. Le désert a repris possession des lieux, et les habitants n’ont plus rien à manger, par fainéantise. Ils fainéantisent également chez nous en ne VOULANT pas travailler, mais qu’importe, aucun employeur ne désire leur donner du boulot. Cependant, nous leur réglons les prestations sociales, exemple à hauteur de 50.000 frs pour un noir accompagné de 3 épouses et 25 enfants, qui roule en Mercedes neuve, SCANDALEUX !! Et mes impôts grimpent tous les ans (CSG-RDS au profit du FSL), sur un logement mis en location que j’ai payé durant 12 ans, pour permettre à cette famille d’habiter 3 logements différents (1 par épouse), sans contrainte à ce bénéfice. Alors merçi Sarko et Le Maroc, de les renvoyer d’où ils viennent, la France ne peut se permettre d’accueillir de telles sansues qui pompent nos revenus sans contreparties. J’en ai marre de payer pour les autres, alors que je suis français moyen coté finances et CDD toute ma vie, j’ai DU me défoncer à tous les niveaux. Que ceux qui défendent les noirs et les maghrébins sans papiers, s’engagent à les financer, mais ne l’exige pas de la solidarité nationale, car nous sommes (50%) de la population française à voter à droite, désireuse de se séparer de ces personnes. La france ne peut accueillir tout le monde, c’est un fait, droit de l’homme, ou pas. Si vous ne l’avez pas compris pour vous, comprenez le pour moi. Si tel n’est pas le cas, vous me refusez le droit d’opinion sur mon propre sol, bravo la tolérance pour l’étranger que vous n’avez pour votre compatriotes !!! Salutations LE MAROC, GARDE-CHIOURME DE LA FORTERESSE EUROPE
| 28 avril 2007 |
Police marocaine inhumaine ? Certes, mais à qui la faute ? Les dirigeants des pays du centre afrique ont « virés » les hollandais qui possédaient des fermes, et avaient appris la culture sur le désert aux autochtones, pour récupérer les richesses qu’ils estimaient être à eux, alors que cette action leur permettait de se nourrir Résultats ? Oui, les hollandais ont du rentrer chez eux « une main devant, une main derrière », mais les centre africains ont tout laissé péricliter en jachère. Le désert a repris possession des lieux, et les habitants n’ont plus rien à manger, par fainéantise. Ils fainéantise également chez nous en ne VOULANT pas travailler, mais qu’importe, aucun employeur ne désire leur donner du boulot, mais nous leur réglons les prestations sociales, exemple à hauteur de 50.000 frs pour un noir accompagné de 3 épouses et 25 enfants, qui roule en Mercedes neuve, SCANDALEUX !! Et mes impôts grimpent tous les ans (CSG-RDS au profit du FSL), sur un logement mis en location que j’ai payé durant 12 ans, pour permettre à cette famille d’habiter 3 logements différents (1 par épouse), sans contrainte à ce bénéfice. Alors merçi Sarko et Maroc, de les renvoyer d’où ils viennent, la France ne peut se permettre d’accueillir de telles sansues qui pompent nos revenus sans contreparties. J’en ai marre de payer pour les autres, alors que je suis français moyen coté finances et CDD toute ma vie, j’ai DU me défoncer à tous les niveaux. Que ceux qui défendent les noirs et les maghrébins sans papiers, s’engagent à les financer, mais ne l’exige pas de la solidarité nationale, car nous sommes (50%) de la population française à voter à droite, désireuse de se séparer de ces personnes. La france ne peut accueillir tout le monde, c’est un fait, droit de l’homme, ou pas. Salutations > LE MAROC, GARDE-CHIOURME DE LA FORTERESSE EUROPE
jawad | 5 février 2006 |

Il appartient à l’Europe, concernée au premier chef par ce drame, d’en assurer la gestion. S’arrêter sur les éventuels excès, condamnables il va de soi, commis ici et là par les services de sécurité marocains revient à détourner son regard d’une plaie de plus en plus béante : l’écart de niveau de vie entre les citoyens du nord et ceux du sud. Là est le véritable problème et nulle part ailleurs !

Toutes les formes de soutien et d’aide apportés aux états du sud concernés par l’immigration clandestine sont tout au mieux une goutte d’eau dans un désert de misère.

Et même quand l’Europe - officielle et associative - alloue des subventions à des associations ayant en charge l’apport de soutien aux familles de victimes de l’immigration clandestine elle le fait sans s’enquerire du devenir réel de ces fonds qui la plupart du temps vont ailleurs que là ou ils sont sensés aboutir.

Chacun se sucre sur le dos de ces malheureux migrants comme il peut…

> Mohamet VI et ses sujets sont des racistes ?
fadoulk@yahoo.fr | 18 octobre 2005 |

Au royaume de Mohamet VI « vivaient » des hommes et des femmes, africains pour l’essentiel, depuis plusieurs mois pour gagner illégalement l’Espagnole et donc le supposé « paradis » européen. C’est ce que certains ont réussi à faire en forçant les barrages frontaliers. Mais à quel prix ?

D’après la fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) dans la nuit du 28 au 29 septembre 2005, cinq personnes sont mortes en tentant de franchir la frontière hispano-marocaine à Ceuta. Le 6 octobre, six personnes sont mortes en franchissant la frontière à Melilla. De nombreuses autres personnes ont été blessées à la suite d’un usage excessif de la force par les forces de sécurité marocaines et espagnoles.

L’Espagne, débordée par les vagues de clandestins s’est contentée de les refouler au Maroc sans s’assurer ni se soucier des condition, volonté et capacité d’accueil du Maroc.

Contre toute attente le monde entier a découvert, la semaine dernière, grâce à médecins sans frontières (MSF), FIDH,… l’abandon des africains en question en plein désert, sans eau ni nourriture, par la police marocaine. Plusieurs personnes seraient mortes par la suite.

Pour moi comme vous chers lecteurs il est difficile d’imaginer ce que cela entraîne comme conséquences pour les rescapés d’une part et les familles des victimes d’autre part.

Je vous invite toute fois de vous mettre à la place de ces personnes, juste pour une seconde, même si vous ne connaissez le désert que de nom et vous poser par la suite quelques questions sur les responsabilités des parties impliquées dans la gestion de l’affaire . Je suppose que vous arriverez à dire : plus jamais ça ! D’autant que la pratique de l’abandon dans le désert serait une coutume dans les pays du Maghreb.

Pour ma part, je me demande si brutalité de la police marocaine ne s’explique pas par un certain mépris (racisme pour être clair) de l’homme noir. Si oui, que pensent les marocains concernés non seulement des autres peules du monde mais aussi des marocains noirs ?

Avec cette affaire d’immigrés africains le monde a découvert la face cachée du royaume et plus particulièrement du roi Mohamet VI dont la réaction tarde à venir d’abord sur les actes de sa police mais aussi de l’attitude de la presse à l’image de l’hebdomadaire Ashamal numéro 283, du 6 septembre 2005 dont la une était « Les criquets noirs envahissent le nord du Maroc ».

Je vous invite en fin à soutenir les victimes d’engager une action en justice afin que la lumière soit faite sur cette affaire et que justice soit rendue. Pour cela veillez soutenir la création d’une association : les abandonnés du désert.

Merci de votre soutien

> LE MAROC, GARDE-CHIOURME DE LA FORTERESSE EUROPE
| 23 septembre 2005 |
je pense que si ils veulent venir c’est qu’ils ont une raison ils cherchent du travails
 

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