Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°017
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°017


FAUX-AMIS

LES ANTI-BUSH

Mis à jour le :15 novembre 2004. Auteur : Le bouledogue rouge.


Qui aurait pu imaginer ça ? Bush réélu dans un transat par 58 millions d’Américains, à croire que pas un seul parmi eux n’a lu les éditoriaux de Jean-François Kahn. « Comment aider les Américains à se débarrasser de Bush », avait pourtant titré Marianne dès le mois d’août (28/08). « Pourquoi il faut battre Bush », avait renchéri en « une » Le Nouvel Observateur (16/09). Même Le Monde, oublieux de l’époque où nous étions « tous des Américains », avait jeté ses forces dans la bataille en barrant ses pages d’un comminatoire « America yes, Bush no » (16/10). « Putain quatre ans ! Ce que serait un second mandat de Bush », avait alerté Courrier international (28/10). Pour les éditorialistes français, qui n’ont eu de cesse pendant vingt ans de nous gaver de leur modernité alzheimo-reaganienne, l’occupant de la Maison Blanche était devenu « l’homme à battre » (titre de Libé, 02/11). Jusqu’à la dernière minute, ils ont trôné sur les barricades, à l’image de Christine Ockrent qui, le jour même des élections, depuis un faux bureau ovale spécialement recréé à Paris, condamnait sans pitié « l’incurie » de l’administration Bush, avant de vibrer pour le multimilliardaire John Kerry (F3, 02/11).

Au vu du désastre terminal incarné par le débile texan, la militance anti-Bush des médias français avait quelque chose de rassurant : aussi bas que l’on puisse tomber en France, jamais on ne tomberait aussi bas que « nos amis américains ». Les sirènes de la guerre et de l’ultra-libéralisme n’ont qu’à bien se tenir : si elles doivent débarquer un jour sur les plages normandes, il ne fait aucun doute que nos médias les rejetteront à la mer. C’est à qui montrera le plus d’empressement à proclamer ses valeurs de paix et de justice sociale. Le 3 novembre, au soir de la proclamation des résultats, on a ainsi pu entendre le correspondant de France 3 à Washington - dégaine toute molle d’agent d’assurance sortant de table - mettre George Bush en garde : « le président ferait bien », maintenant qu’il est réélu, de s’inquiéter du sort « insupportable » infligé aux « 45 millions d’Américains qui n’ont pas de couverture sociale ». Cette soudaine compassion pour les déshérités d’outre-Atlantique était sûrement de bon augure pour les sept millions de Français vivant sous le seuil de pauvreté, et dont la situation a été rarement qualifiée d’« insupportable » en ouverture du JT.

Mais c’est sur l’occupation de l’Irak que la fronde médiatique aura été la plus vigoureuse. Quiconque a allumé la télé ces derniers mois doit rendre hommage au formidable esprit critique des chaînes françaises : Irakiens traités en sous-hommes, GI’s envoyés à l’abattoir, évangélistes pue-la-mort, magouilles pétrolières, lobby de l’armement, affaires américano-saoudiennes, aucun des aspects de « la guerre de Bush » n’aura été négligé. Là encore, on pouvait regretter que les électeurs américains ne regardent pas plus souvent la télé française. Lors de la première guerre du Golfe, en 1991, on regrettait en revanche qu’elle soit regardée par les Français : interviews serviles d’officiers, exaltation des technologies militaires, occultation des victimes, propagande belliciste… À l’époque aussi, il s’agissait d’une guerre pour le pétrole. À l’époque aussi, les morts se comptaient par dizaines de milliers, avec un président qui déjà s’appelait Bush et des maîtres de guerre qui déjà s’appelaient Dick Cheney et Colin Powell. Oui mais à l’époque, la France faisait partie des alliés. Le président US n’était pas un « homme à battre », mais un ami de l’Élysée. Et ça, ça change tout.

Publié dans CQFD n°17, novembre 2004.






>Réagir<

> LES ANTI-BUSH
Moeffe | 23 décembre 2004 |
La victoire de Bush, c’est ce qui nous attend en 2007 avec la victoire de Sarko. Un intégriste religieux ultra-libéral et raciste qui vérouille les media. Le problème, le seul, c’est que la « gauche » (les démocrates) c’est pareil. Rappels :
 exécution d’un débile mental par Clinton pendant la campagne de 92
 absence de ratification de Kyoto
 absence de ratification d’Ottawa
 réforme de l’Etat social (Workfare)
 interventions illégales en Irak
 absence de Kerry lors des manifs pro-IVG en aout 2004
 volonté de faire la guerre sans consentement des alliés
 concessions et cadeaux au Waffen-Medef Le problème c’est que l’extrême-droite de Raffarin ou de Bush n’a pas d’opposition en face. Que la droite haïsse la démocratie c’est la norme. Elle ne s’y soumet que quand elle crève de trouille. Ce qui est grave, c’est que la gauche n’ait pas envie de lui foutre la trouille.
> LES ANTI-BUSH
Dun Scot | 9 décembre 2004 |

Ca fait plaisir, c’est la première fois que je trouve un avis un peu ironique sur cette passion anti bush bien française, aussi enervante du coté de la gauche molle genre nouvel obs (« pourquoi kerry peut gagner ») qui a pris jusqu’au bout ses désirs pour des réalités, que du coté des gauchistes de service qui ont bien pris soin d’expliquer 250 fois à tous leurs lecteurs que bush etait vraiment, mais vraiment, méchant (« il ne respecte pas le droit international »).

Quant au traitement de la guerre, l’opération noel pour nos soldats qui défendent la paix en cote d’ivoire est plutot bien passée a la télé non ? Ah bon c’est pas pareil ?

> LES ANTI-BUSH
Ariel | 3 décembre 2004 |

Vous ne saisissez pas la complexité du personnage :

Théorème
- Bush est un modéré.
- Le problème, c’est qu’il est crétin
- À l’image du crétin des plages qui se fourre sa glace dans l’oeil et son mascara sur la langue, en prenant en sens inverse la porte-tambour de l’hôtel, il fait les choses en dépit du bon sens.

Démonstration : il a donné des gages de modération en remplaçant l’ultra-conservateur Colin Powell par la psychotique Condoleeza Rice (qui pourrait en remontrer à votre petit bouledogue rouge pour ce qui est d’écumer de la gueule)

CQFD

> LES ANTI-BUSH
siloui | 30 novembre 2004 |
Que de corruption !! La soif de l’argent et du pouvoir n’a vraiment pas de limite ! Quand on sait que le grand-père du président américain actuel était le banquier secret d’Hitler ou encore que Bush père est en Arabie Saoudite pour « les affaires » ou encore que le frère d’Oussama Ben Laden traite avec l’administration Bush ou encore… c’est génétique !! Mais les américains ne sont pas très réactifs. La dictature, la censure, la terreur sont apparemment des pratiques qu’ils ne contestent pas. Attention le régime nazi peut vite devenir une réalité ! Quel bouleversement de penser que ce sont toujours de pauvres gens qui trinquent pour ses « fils à papa » capricieux et stupides ! > LES ANTI-BUSH
Alsgard | 23 novembre 2004 |
Entirement d’accord avec vous c’est toujours bon de rappller l’hypocrisie de nos médias meme si je n’aime pas Bush. Ravi de vous avoir découvert :)
 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |