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CQFD N°017


À LA RAME

UN PETIT MATIN GRIS

Mis à jour le :15 novembre 2004. Auteur : Jocrisse.


C’est un de ces petits matins gris avec comme un goût fadasse de chicorée soluble. L’air de rien, le monsieur de la radio annonce le rapport Camdessus. Vous n’êtes même pas encore au boulot qu’on vous dit que vous irez bosser jusqu’après votre retraite, qui sera de toute façon symbolique. On vous annonce qu’ils veulent supprimer le CDI. Que la règle sera la précarité : il vous sera impossible de faire des projets d’avenir, de refuser ce job pourri à l’autre bout de la France, vous serez toujours sur le qui-vive, toujours tendu, jamais tranquille, vous aurez une vie de merde. En plus, il a plu dans la nuit et le linge qui séchait est trempé. On vous dit que jeune ou vieux, vous ne bossez pas assez. Et pour trop cher, de toute façon. On vous dit qu’on va bloquer le Smic. Un de ces petits matins où les chômeurs seront fliqués plus que jamais. Et qui dit ça ? Michel Camdessus. L’ancien patron du FMI. Maintenant qu’ils n’ont plus rien à privatiser dans les pays pauvres, ils veulent privatiser les pauvres dans les pays riches. Détruisez toutes les protections ! Libérez les forces du marché ! Alors, pour pas céder à la panique, après la « journée mondiale du refus de la pauvreté », on décrète 364 journées mondiales du refus de la richesse. Sauf celles qu’on va créer nous-mêmes.

Publié dans CQFD n°17, novembre 2004.






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> UN PETIT MATIN GRIS
Flo | 14 décembre 2004 |

Je m’en souviens de ce petit matin…J’étais dans ma jolie 205 en direction de mon joli bureau d’ingénieur en informatique chez Capgemini, une jolie SSII bien libérale (capable de pondre des audits sur la faisabilité de ne renouveller qu’un départ en retraite sur deux dans la fonction publique pendant 5 ans, ou encore sur le coût de la surveillance généralisée des réseaux p2p…le Baron est au conseil d’administration par ailleurs). Et Ivan Levai, pédégé de la chaine parlementaire (un statut qui impose la neutralité politique non ?…), mais également chroniqueur sur France MusiqueS, m’annonçait la nouvelle : Michel Camdessus, grand pourfendeur de la pauvreté au delà des frontières, daigne se pencher sur le cas français, à la demande de Nicolas Sorkazy qui devait, quelques temps après, propulser l’ouvrage au rang de « livre de chevet ». Déjà le bourdon à 9h du matin.

Et Ivan d’enchainer sur le courage, la lucidité, la clairvoyance du-dit rapport, prenant à bras le corps les tabous français pour tous nous sortir de la merde. C’est vrai que ça en impose ex-patron du FMI comme CV. Déjà le désespoir à 9h02 du matin (merde, pas sur France MusiqueS la propagande libérale quand même ?…si ?…).

Puis Ivan se reprend, dans France MusiqueS, y’a MusiqueS (avec un « s » depuis que la station s’attaque au « grand public » histoire de gagner de l’audience). Me voila donc en train d’écouter « Mes amis, mes amours, mes emmerdes », en pleine déprime-éclair matinale. Soit.

Puis Ivan rechute lourdement. Avec un petit soupir béat-admiratif digne d’un gamin de 5 ans qui voit un flic, il ne peut s’empecher de dédicacer le titre d’Aznavour à (dans le désordre) : Nicolas Sarkozy, Cécilia Sarkozy et Michel Camdessus. Les mots me manquent en fait.

(Quant à moi, j’ai démissioné il y a 3 mois, j’arrête de bosser après demain :).

 

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