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CQFD N°017


ACHETEZ VOS BILLETS, LA SNCF S’OCCUPE DU RESTE

TÉMOIGNAGE DE LEFRED-THOURON

Mis à jour le :15 novembre 2004. Auteur : Lefred-Thouron.


Jeudi 21 octobre accompagné de mon camarade Yan Lindingre je me rends au bouclage mensuel du journal Fluide Glacial. Nous partons de Nancy à 9h10 par le train Téoz. Les bouclages se déroulent de façon immuable. Vers midi, les dessinateurs et rédacteurs se retrouvent au siège du journal pour remettre leur travail , discuter de projets avec les responsables ou tout simplement bavarder. À 13 heures tout le monde part déjeuner. Ensuite, ce sont des allers et retours entre le restaurant et la rédaction, par petits groupes de travail ou d’affinités, pour remplir les ultimes espaces libres du journal, poursuivre les discussions. Yan Lindingre participe à ce bouclage pour la première fois. Il y fait connaissance de certains auteurs mythiques, apprend qu’en plus d’une série régulière que nous fabriquons ensemble, le journal va publier une histoire de six pages dont il est l’auteur, ainsi qu’une couverture en janvier. Nombreux sont les anciens du journal à apprécier les qualités humaines de ce petit nouveau dont ils ont déjà aimé les premiers travaux publiés. Pour ma part, fier d’avoir fait engager une recrue de choix, j’ai jeté avec le responsable du secteur édition, les bases d’un prochain livre. C’est donc dans un état d’esprit détendu et heureux qu’après un dernier verre nous quittons nos camarades vers 19h15, pour rejoindre la gare de l’Est.

Nous sommes très en retard, arrivons au quai à 19h41, le train part à 19h44. Mon collègue sort son billet de sa poche et le présente aux préposés qui font un curieux pré-contrôle : « Le train Téoz est à réservation obligatoire, seuls les voyageurs munis d’un billet et d’une réservation sont autorisés à monter dans la rame. Sinon c’est beaucoup plus cher » dit un des contrôleurs à un voyageur, tandis que je cherche mon billet, enfoui sous une vingtaine d’albums et revues de bandes dessinées récupérés au journal. (le matin à Nancy, ce même train Téoz était accessible sans pré-contrôle !) Je cherche toujours fébrilement tandis que l’horloge tourne, puis je referme mon sac et me dirige en courant vers le train en disant aux contrôleurs : « je trouverai mon billet une fois dans le train, et le présenterai immédiatement ! ».

Entré dans le premier wagon, j’avise un guéridon sur lequel poser mon très lourd sac. J’ouvre celui-ci pour continuer ma recherche. C’est alors que trois hommes en uniforme arrivent par l’autre côté. Le premier me dit sèchement : « veuillez présenter votre titre de transport ». Je réponds : « tout de suite messieurs, le temps de le sortir de mon sac ». On me répond « vous chercherez dehors » et on me pousse sans ménagement vers la porte de sortie. Je n’oppose pas de résistance, mais prends tout de même les passagers installés à témoins : « remerciez la SNCF et admirez les méthodes du service public ! ».

Au moment où je pose le pied sur la marche extérieure je prends un coup sur la nuque. Énervé, stressé, humilié puis frappé, je perds mon sang froid, je me retourne et réplique en assénant un coup de poing au visage de l’homme qui est juste derrière moi. Je suis alors projeté au sol, et ne pense plus qu’à me protéger, recroquevillé, les mains sur le visage. Les coups pleuvent, puis cessent enfin. J’ouvre les yeux, reçois un dernier coup de pied pour la route, et me retrouve les mains dans le dos, menotté. J’ai la surprise de voir mon compagnon Lindingre dans la même situation, le visage tuméfié. Entendant des cris, me voyant à terre passé à tabac, Yan a sauté dehors pour se porter à mon secours. Mon sac est par terre, mes affaires personnelles éparpillées sur le quai.

Nous sommes conduits au bureau de police de la gare de l’Est où nous passerons un long moment, attachés, sur une chaise. Certains policiers sont calmes, d’autres s’adressent à nous tantôt agressifs, tantôt moqueurs. Ils parlent entre eux, je comprends qu’ils nous considèrent comme deux agitateurs imbibés d’alcool. Vingt minutes après les faits, les agents de la SNCF « victimes de nos violences » viennent plaisanter avec leurs collègues de la Police Nationale. Un agent que j’interroge sur la suite m’explique le détail de la procédure : cellule de dégrisement, mise en garde à vue de 24 heures, déposition et présentation au procureur. Je me contente de dire que je ne suis pas ivre. Et me prépare à de longues heures d’attente. Il y a beaucoup d’animation, d’allées et venues de policiers. Régulièrement des gestes et des allusions appuyées : « alors, toujours beurrés » « ça dessaoûle ? ». Je me garde bien de faire remarquer qu’en cette semaine précise où un policier a été abattu par un collègue très éméché avec une arme de service, ces messieurs sont mal placés pour nous faire la morale. Je me contente, à chacune de leur intervention, de dire le plus poliment possible « messieurs, je ne vois pas de quoi vous parlez, je ne suis pas ivre ».

Un groupe arrive pour nous prendre en charge. Je me lève. Un des hommes me lance « alors, tu titubes ? »(on notera le tutoiement). Debout, les idées claires, et ferme sur mes appuis je réponds « non monsieur, pas du tout, vous voyez bien que je me tiens parfaitement droit ». Nous sommes d’abord conduits dans un commissariat pour passer dans cette fameuse cellule de dégrisement. Notre escorte (six hommes à chaque fois) se dispute avec le policier de permanence pour des motifs administratifs. Il n’a pas été prévenu dans les règles et visiblement la procédure n’a pas été respectée, nous n’avons pas été fouillés, ni débarrassés de nos effets personnels. Bref, nous sommes refoulés. L’escorte nous conduit dans un hôpital. À chaque déplacement nous sommes installés à l’arrière d’un fourgon, menottés les mains dans le dos, sans ceinture de sérurité. Les chauffeurs de la police nationale conduisent plutôt sèchement.

À l’hôpital, je suis pris en charge par deux très jeunes femmes qui me posent quelques rapides questions sur mon état de santé général, et prennent ma tension. Pas d’examen des blessures consécutives à la bagarre. Nous avons le temps de bavarder quelques instants et je leur explique brièvement les raisons de mon interpellation. De retour en salle d’attente, je demande à un policier une compresse pour mon oeil gauche contusionné. Il m’apporte lui-même la compresse, la pose sur l’oeil. Ça ne sert pas à grand chose puisqu’attaché je ne peux pas l’appliquer. Enfin, on nous conduit au commissariat de la Gare du Nord. Je suis reçu par un Officier de Police Judiciaire plus courtois que la moyenne constatée jusqu’alors. Je décline mon identité, mes antécédents, ma profession de journaliste. « Comme ça t’auras une histoire à raconter » fuse au fond de la salle. On déclare ma garde à vue en m’informant de mes droits : un avocat commis d’office, une visite au médecin et un coup de téléphone. On détaille les charges qui pèsent sur moi :

- ivresse sur la voie publique
- violence
- voie de fait sur personne ayant mission de service public
- rébellion
- violence en réunion.

Encore une fois je conteste l’état d’ivresse. Nous procédons à un examen par éthylotest. 0,28g, ce qui signifie 0,56 grammes. Je fais remarquer à l’Officier que la loi française autorise un conducteur à prendre le volant avec 0,50 grammes. Il me répond que la loi ne prévoit pas l’inscription de cet examen au procès- verbal. On me débarrasse de mes effets personnels, papiers, argent, ceinture, lacets. Je suis conduit dans une pièce vide où l’on me déshabille entièrement, Mes vêtements sont inspectés un à un avant de m’être rendus. Avant d’entrer en cellule, j’obtiens la permission d’aller aux toilettes. Un WC à la turque, sans chasse d’eau, baignant dans deux centimètres d’urine et gorgé d’excréments solides. Et c’est l’entrée dans la cellule où je retrouve Yan Lindingre et dix autres prévenus, entassés dans ce local d’une dizaine de mètres carrés. Ceux qui ne dorment pas me saluent. Il y a là un exhibitionniste, un gang de voleurs de portables, deux escrocs au chéquier, des resquilleurs multirécidivistes ? Le sol est jonché de papiers, reliefs de nourriture, un des détenus crache régulièrement devant lui, un autre a déféqué juste devant la porte.

À 1h30, ma femme qui nous attendait à Nancy au train de 22h30 est prévenue par téléphone : « votre mari est en garde à vue, pour ivresse publique et violence sur agent de surveillance ». Son inquiétude initiale est apaisée, elle sait où je suis. Une autre la taraude : « dans quel état se trouve la victime ? ». Ma fille est furieuse. Un longue nuit commence, et les multiples douleurs qui font suite à mon passage à tabac se réveillent. Nous faisons le point avec Yan, revoyons les dernières heures, tentons de prendre du recul,plaisantons même de notre situation pour se remonter le moral. Des conversations se croisent, interrompues parfois par des ronflements, des cris venus de la cellule voisine, de coup de sang d’un ou l’autre des co-détenus qui se met à cogner les portes vitrées, hurler. Régulièrement une équipe de policiers vient prendre en charge un détenu pour le conduire chez le médecin ou devant l’avocat. Cela donne généralement lieu à de vifs échanges, de part et d’autre de la cloison. Les policiers répliquent facilement aux insultes, en rajoutent même, les provoquent. L’un deux imite le cri du singe à l’adresse d’un détenu noir, un autre passe la tête par la porte et lance goguenard « les gars, je ne sais pas comment vous pouvez dormir là-dedans, ça pue ! ». La plupart de nos compagnons de cellules disposent d’un vocabulaire d’une dizaine de mots. La plupart des policiers, guère plus. La jeune auxilliaire qui vient parfois surveiller les cellules, voyant que je me tiens l’épaule et que j’ai du mal à me tenir droit me propose d’aller voir le médecin avec le prochain convoi. Elle porte un plateau couvert de gobelet. Un de ses collègue lui glisse : « Fais les encore mariner ces enculés ! » À un détenu allongé par terre qui crie « c’est ça, et nique ta mère » elle répond « si je serais ta mère je serais pas fière ». Tout de suite, c’est l’entrevue avec l’avocate de permanence.

Son intervention est symbolique, puisqu’on ne se verra plus après. Mais la conversation est précieuse, car pour la première fois depuis plusieurs heures j’ai le sentiment de parler à un être humain. Et nous pouvons évoquer la suite des événements avec objectivité. Notre affaire est simple, presque habituelle pour elle, et peut connaître trois dénouements :

- 1 : Le procureur estime que les faits reprochés ne méritent pas de poursuite et l’affaire est classée. Peu probable.

- 2 : Le procureur au vu des faits lance une procédure, nous convoque devant un tribunal dans un délai de plusieurs mois. À nous de préparer notre défense avec un avocat qui aura accès au dossier. Très probable.

- 3 : Le procureur juge les faits suffisamment graves pour nous faire passer en comparution immédiate. Peu probable.

D’après sa conversation avec l’Officier de Police Judiciaire, nous serons auditionnés à l’arrivée de l’équipe de jour, vers 7h30. Elle envisage une sortie pour la fin de matinée. J’explique à l’avocate les différents points du dossier que je conteste, ceux que je reconnais. Et mon intention, une fois sorti, de déposer à mon tour plainte pour coups et blessures, ainsi que vol, car dans l’échauffourée ma veste de cuir a disparu ; les policiers ne l’ont pas retrouvée sur le quai. L’avocate me donne les consignes à suivre, pour l’audition dans l’affaire en cours, puis pour la plainte envisagée.

Retour en cellule. Il est 5h45 lorsqu’on me conduit chez le médecin. L’épaule me fait souffrir, mon bras est presque bloqué. Malgré ma demande, les policiers me menottent par derrière, en forçant un peu l’articulation. Le transfert se fait en fourgon, toujours à l’arrière, toujours sans ceinture. Le médecin des urgences médico-légales est un homme d’origine tunisienne, discret, à l’écoute, calme. Je ne prends pas la peine de lui expliquer pourquoi je me trouve devant lui, c’est un couplet qu’il doit entendre trop souvent. De son côté il ne pose aucune question qui ne concerne mon état de santé. Il constate l’hématome à l’oeil gauche, quelques griffures et une importante contracture musculaire de l’épaule droite, pour laquelle il demande une radiographie. Il me propose des comprimés pour la douleur. Pour le retour, je dis cette fois fermement au policier mon refus d’être menotté mains en arrière, les conclusions du médecin prouvant la réalité de la blessure. Le policier accepte mais me promène dans la rue et les couloirs de métro comme une prise de chasse maintenue en laisse, sous le regard des nombreux parisiens qui à cette heure se pressent pour gagner leur travail. Humiliation supplémentaire. Le voyage en fourgon est épique. Le médecin est couvert d’injure. J’avais cru percevoir qu’il n’appréciait guère les policiers non plus. Le chauffeur fait la course avec un autre véhicule de police. Ses collègues l’encouragent en s’esclaffant. Au milieu de la chaussée, il donne de brefs coups de volant à droite et à gauche qui font tanguer les passagers. Empruntant un couloir de bus, il freine brutalement et fait marche arrière jusqu’à ce que le taxi qui suivait klaxonne. Un des agents mets en marche le gyrophare. Rires. Dans un virage, la roue arrière heurte violemment le trottoir. À l’arrivée au commissariat, les policiers sont hilares. Je n’ai pas pris la peine de demander un peu de considération pour mon épaule meurtrie. Je n’avais toujours pas de ceinture de sécurité.

Il est 8 heures lorsque je retourne en cellule. Les choses se décantent. Les uns après les autres, nos compagnons sont appelés, qui chez le toubib, qui chez l’officier pour déposer. À dix heures, les cellules sont nettoyées avec de puissants détergents qui brûlent les yeux et les poumons. Le début de la matinée a été agité, beaucoup de nouveaux arrivent en cellule, dont trois gamins d’une dizaine d’année. De jeunes roumains traités sans ménagement par leur geôliers. À leur entrée, spontanément, chacun se pousse pour leur faire de la place dans l’espace surpeuplé. Je suis fatigué, mais soulagé de voir arriver le jour. Plus le temps passe, moins il en reste à passer dans ce cul de basse-fosse. Soulagé aussi d’avoir tenu, sans crier, sans pleurer. De n’avoir pas cédé à la tentation de répondre aux provocations. À présent nous passons le plus clair du temps à deux ou trois dans la cellule, nous pouvons nous allonger sur les banquettes de bois. Mais malgré moi je me trouve dans un état d’éveil et d’excitation qui me fait sursauter au moindre bruit, à me dire ça y est, c’est pour nous. Un « collègue », retour d’audition nous renseigne : il est 10 heures. Toujours rien. Nous ignorons que l’aventure doit durer encore plus de cinq heures. Mais à partir de ce moment, le temps va passer plus vite ; comme s’il y avait eu un déclic. C’est d’abord un officier en tenue qui vient m’apporter des antalgiques que le docteur a confiés pour moi, nous propose à boire, offre à Yan Lindingre de téléphoner à quelqu’un, puisqu’il ne l’a pas encore fait, nous explique pourquoi notre audition tarde : il y a eu pléthore de gardes à vue dans la nuit, le commissariat est saturé. Ce même officier viendra plusieurs fois dans la matinée prendre de nos nouvelles et dire des paroles réconfortantes. Un autre officier, en civil, qui vient chercher un prévenu pour une audition s’adresse à nous par une allusion amicale à notre profession de dessinateurs. Il semble que l’équipe de jour se soit penchée sérieusement sur le dossier et estimé, au vu de nos casiers vierges, de notre comportement civilisé en détention et de notre profession que l’on pouvait bénéficier de la présomption d’innocence et des précautions afférentes. Les violences qui nous étaient reprochées pouvant être le fruit de circonstances accidentelles. À 13heures, un officier vient me chercher pour l’audition. Il déclare en préambule avoir pris connaissance du dossier et des charges, me les rappelle brièvement, et me dit son intention de ne pas en rajouter. Il me conseille de reconnaître les faits (j’en avais bien l’intention), dit que mon état alcoolique peut dans ce cas précis constituer une circonstance atténuante si je déclare ne plus trop me souvenir des faits. J’accepte son point de vue, avec une réserve pour ce qui est de l’état alcoolique, car je me souviens du déroulement des faits dans les moindres détails. Il m’en demande le récit, afin que nous décidions ensemble ce qui doit être gardé dans la déposition. Je prends à ce moment connaissance de la version des plaignants.

Je serais arrivé sur le quai en titubant, sentant l’alcool, tenant des propos incohérents, forçant le passage pour monter dans le train. Un contrôleur croisé sur le quai, alerté par mon haleine chargée d’alcool aurait pris la décision de retarder le départ du train pour m’en faire sortir. J’aurais insulté les vigiles avant de les frapper. Je renouvelle mon désaccord avec cette version, selon moi scénarisée par les agents de la SNCF afin de me charger, et de couvrir les débordements de leurs vigiles. Je relève quelques incohérences. Notamment le fait que Yan Lindingre auquel on reproche également son état alcoolisé, a présenté son billet aux mêmes personnes, et pu monter dans le train sans problème. Le policier me dit qu’il réserve son point de vue au procureur. Le fait que le médecin des urgences-légales m’ait prescrit trois jours d’interruption temporaire de travail, autant que le vigile de la SNCF, peut avoir son importance. Nous rédigeons ma déposition, dans laquelle je reconnais avoir consommé du vin pendant le repas de midi, et bu un dernier verre avant de quitter la réunion de travail du journal ; être monté dans le train sans présenter mon billet au pré-contrôle ;avoir frappé par réflexe, en réplique à un coup reçu et le regretter. Avoir été ensuite rossé, sans violence excessive. Je signe la déposition. Le policier m’expose les suites possibles, comme l’avocate la nuit précédente. Il me promet de transmettre rapidement ses conclusions au procureur dès 14 heures. Revenu en cellule, Yan Lindingre me racontre sa propre audition. Lui aussi a pu être écouté par un officier sans à- priori. Nous sommes partagés entre la confiance que nous inspirent ces policiers « de jour », et la menace qui pèse encore de passer une nuit au dépôt (« à côté la garde à vue c’est une colonie de vacances » m’a-t-on dit) avant une comparution immédiate le samedi matin, avec un avocat commis d’office, extérieur au dossier. Le jeune policier en tenue vient une nouvelle fois nous visiter, nous informe que notre affaire sera examinée en neuvième position par le procureur. Nous bavardons quelques minutes. Puis c’est l’ultime attente.

À 15 heures, nous apprenons que le procureur, à l’examen du dossier, estime qu’il n’y a pas lieu de poursuivre la procédure. Le dossier est classé sans suite. Nous récupérons nos affaires personnelles, ceintures et lacets. Passons quelques minutes encore à parler de cette expérience avec les officiers, qui nous saluent cordialement. Il est 15heures30, nous quittons le commissariat. Dehors le soleil brille. Tout cela pour un billet de train coincé au fond d’un sac.

Je n’éprouve ni haine ni rancune. Je n’ai même plus l’intention de porter plainte, malgré les coups, l’arbitraire, la perte de ma veste, le saccage de mes livres. J’ai simplement envie de transmettre ce témoignage sur la fragilité d’un statut d’homme libre. Une succession de malentendus, la mauvaise foi, la calomnie vous font plonger même en France au plus profond en l’espace de quelques heures, quelques minutes. Vous met à la merci de n’importe quelle gouappe drappée dans son uniforme, pour laquelle vous n’êtes plus qu’une sorte de crotte qui se trouve là, accusée, parce qu’ « il n’y a pas de fumée sans feu ». Et aussi poser cette question : dans un état de droit, est-il acceptable qu’une entreprise de service public emploie une police interne qui se comporte comme une milice, laquelle peut remettre à la Police Nationale, avec un rapport à charge, n’importe quel individu qu’elle aura décidé d’accuser. Quant à la politique commerciale de la SNCF, on ne s’y intéresse plus depuis longtemps.

Lefred-thouron

À lire : les réponses de Lefred-Thouron et Yan Lindingre aux contributions des internautes.






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TÉMOIGNAGE DE LEFRED-THOURON
| 30 septembre 2007 |
Un petit bonjour de Saint Raphaël. A bernez TÉMOIGNAGE DE LEFRED-THOURON
SEB | 13 avril 2007 |

Bonsoir, nous sommes le 13 Avril 2007, je pense que vous vous êtes remis de cette sordide mésaventure ; j’espère simplement que votre blessure au bras garde en elle ce souvenir et révélera un jour par l’intermédiaire de votre profession a quel « point » ces individus sont lâches et dépourvus de toute capacité à entretenir autour d’eux un climat de paix où l’honnêteté et le bien être de tous est un objectif.

Il est honteux et inconcevable d’ailleurs que de vieux croûtons mal lunés aient une responsabilité quelconque incluant le rapport à autrui. Il ne faut pas être sorti de l’ena pour tirer le vrai du faux de votre expérience, il suffit simplement de lire votre article. Je trouve tout de même particulièrement décourageant que malgré la gravité des faits subis (délit de faciès, violence en réunion), il ne se soit rien passé.

En effet, comment voulez-vous éviter le carnage discriminatoire qui s’est produit contre le jeune Abdelkader victime d’agression et laisser dans un état lamentable (comme mort) lorsque les agresseurs ne sont pas poursuivis, jugés et punis. Il est à constater et à déplorer que les pratiques des hommes en uniformes reflètent le mensonge, symbole même de leur impureté.

Il est tant de dénoncer, d’accuser et surtout de réfléchir. J’imagine tout à fait que lorsque nous sommes récompensé par le travail et le talent, nous avons autre chose à faire que d’expliquer à des incapables, dans une emprise défensive, que nous sommes victimes et non pas coupables des faits qui nous sont reprochés.

Je trouve néanmoins décevant que la situation ait pu avoir raison de vous lorsqu’on connaît les possibilités d’expression dont vous pouvez user. Je pense que vous n’êtes simplement pas de ce qui ont envi de sortir du lot et on ne peux pas vous en vouloir. Seulement, que faudra-t-il pour enfin réagir dans le bon sens et le respect ? Je pense que le respect de l’autre commence aussi par le respect de soi et il est à analyser l’importance de ces interactions pour enfin avoir le courage (nécessaire) de passer à l’action (juste).

En fait, je suis particulièrement absorbé par votre affaire (vous vous en êtes certainement aperçu) car j’ai subis moi aussi ce sentiment d’injustice et d’impuissance la semaine dernière. Grâce à votre mésaventure, je sais mieux maintenant ce que je dois faire. Il n’y a pas à mon avis de petites affaires, il y a des préjudices et il faut que cela cesse. Il ne faut surtout pas confondre les causes et les effets dans une situation donnée.

Enfin, ma décision est prise, je vais porter plainte à l’encontre des services de l’ordre pour trouble de l’ordre public, faute professionnelle grave, délit de faciès, et abus de pouvoir. Parce qu’il est inacceptable qu’en tant que victime, nous soyons préjudiciables ! Voilà en tout cas je vous souhaite une bonne continuations, continuez de me faire rire fraîchement et a bon entendeur…COURAGE !

TÉMOIGNAGE DE LEFRED-THOURON
thc2 | 29 mars 2007 |

Je ne comprend pas pourquoi vous ne portez pas plainte…votre histoire c’est plutot bien finie, mais quid des anonymes qui subissent cela a longueur d’année ?

Sur ce, bon retablissement Messieurs !!

TÉMOIGNAGE DE LEFRED-THOURON
| 15 septembre 2006 | La violence de ceux qui nous protègent
Comme l’a dit un jeune de 14 ans « Les flics sont là pour nous protéger mais qui nous protège d’eux » > TÉMOIGNAGE DE LEFRED-THOURON
Clems | 23 juin 2005 |

Ca me rappelle furieusement ce qui m’est arrivé en février 2002 à la gare de Montpellier.

Je m’y suis rendu afin de prendre le train qui devait me ramener à domicile après une soirée arrosée. Arrivé à la gare, je la trouve entièrement bouclée, malgré que le hall soit illluminé, ainsi que le panneau d’afffichage ou mon train était annoncé pour 3h13, comme sur la fiche horaire que j’avais.

Je me suis dit qu’il devait falloir passer par l’entrée de nuit, des passerelles qui débouchent directement sur les quais. En arrivant sur le quai, je me suis trouvé nez à nez avec la milice ferroviaire, qui m’a demandé « Tes papiers, qu’est ce tu fous là, t’as rien à faire ici », et à qui j’ai répondu que je voulais simplement prendre le train pour rentrer, et que je n’admettais pas ce tutoiement.

En réponse, j’ai reçu un matraquage en règle au cours duquel un de mes agresseurs s’est cassé deux phalanges en tentant de me donner un coup de poing qui a fini dans un montant en fer. Ensuite, je fus amené à la police nationale, qui se contenta de faire une enquête à charge avalisant le rapport calomnieux des gardes ferroviaire, selon lequel je les aurais agressés (je n’ai fait que prendre des coups), insultés, et qu’il ont dû se mettre à 7 contre moi pour me maîtriser (En fait dois être Hulk ou Superman).

C’est en vertu de cela que fus jugé (Quelle belle conception de la justice que de la rendre en se basant uniquement sur la version d’une des parties en présence) et condamné, à un mois de TIG, mais le pire est sans doute à venir, car on me demande maintenant de verser 13000 Euros de dommages et intérêts, une partie à la Sncf et l’autre à cet abruti qui s’est pété la main en voulant me taper dessus, et qui justifie, entre autres, son outrageuse demande par « le préjudice moral », car ce pauvre type serait depuis lors angoissé (Plus c’est gros, plus ça passe, quand il s’agit de prendre les gens pour des imbéciles), et l’arrêt maladie à rallonge qu’il s’est octroyé à la suite de cela.

Outre le dégoût que je ressens face à cet abus inqualifiable, je me suis demandé, cherchant les causes profondes de mon désagrément :
- Pourquoi cette gare était elle fermée, alors qu’un train devait s’y arrêter prendre des voyageurs ?
- Pourquoi une telle ardeur à défendre ce bouclage, une gare n’est elle pas un lieu public ouvert à tous ?

Pour ce qui est de Lefred-Thouron, pourquoi tant d’insistance sur ces réservations « Téoz » ?

Si l’on fait le lien entre ces deux histoires, on peut se rendre que la cause profonde en est la même : la Sncf se défausse petit à petit de son statut de service public en soumettant de plus en plus de trains à des conditions particulières d’emprunt, comme la réservation obligatoire (elle n’était il y a peu exigée que pour les wagons couchettes et les TGV, et était justifiée dans ces présents cas par une spécifité comme le confort ou la grande vitesse, mais la Sncf a décidé de l’appliquer dans des rames n’ayant pas de spécifité notable comme les Téoz et places assises des trains de nuit).

Ces « conditions particulières » ne sont en réalité que des prétextes pour faire raquer les usagers, car elles permettent de vendre les billets au trajet et à la place, comme le ferait une compagnie aérienne privée, au lieu de billets libres, valables sur tous trains et toutes places, et dont le prix est calculé en fonction d’un barême kilométrique universel, comme ce doit être le cas pour un service public de transport.

Le but recherché est bien entendu de rentabiliser au maximum les places des trains, quitte à laisser pourrir des wagons dans les dépôts.

Des « nouveaux produits » comme les Téoz ont été lancés dans cet objectif, aux prétexte :
- Que la reservation obligatoire éviterait de voyager debout, alors qu’en réalité les trains ne sont pleins à craquer que lorsque la Sncf équipe ses rames d’un nombre insuffisant de wagons
- D’une prétendue insécurité, qui justifia les restrictions d’accés aux trains de nuit (il y eût certes des histoires de viols dans les trains de nuit, mais il y en a aussi dans les cours de catéchisme et on ne les a pourtant pas supprimés), qui est le plus souvent le fait de la police ferroviaire. La vérité est que la Sncf souhaitait débarrasser les trains de nuit des voyageurs gratuits qui pouvaient profiter sans mal de la décente hésitation qu’avaient les contrôleurs à ne pas reveiller des passagers payants toutes les 5 minutes pour leur demander leurs billets

Il faut se rendre à l’évidence : la Sncf n’est plus un service public ferroviaire, elle s’est déchargée de cette tâche sur les régions qui les moyens et la volonté de la financer (et encore, en journée seulement, la nuit, c’est « réservation obligatoire »).

C’est devenu un voyagiste privé opérant dans un cadre concurrentiel, appâtant les pigeons avec des super promos (à condition qu’on réserve 6 mois à l’avance, sinon c’est deux fois plus cher que d’habitude), mais qui profite de décennies d’investissement public pour son infrastructure.

Cela s’appelle du racket : détournement d’un bien public pour un profit privé. Bien entendu, comme tout racketteur qui se respecte, la Sncf s’est dotée de gorilles persuasifs (dont le dressage laisse quelque peu à désirer) chargés de faire cracher les gens.

Evidemment, le plus choquant est de constater les méthodes employées par ces gorilles, leur impunité totale. Il est grand temps que lumière soit faite au grand jour sur ces pratiques abjectes.

On ne peut plus tolérer que des gens soient jugés d’après le témoignage de leurs agresseurs, cela vaut pour toutes les histoires de brutalités policières.

Il y a une chose que je n’ai pas pensé à faire en 2002 : demander la vidéo. Toutes les gares sont placées sous vidéosurveillance, et les bandes doivent être convservées au moins 24 Heures. Pour cela, si l’un des lecteurs est confonté, comme moi et apparemment tant d’autres, aux gorilles de la Sncf, demandez immédiatement que soient fournies à votre avocat TOUTES les bandes vidéos.

> TÉMOIGNAGE DE LEFRED-THOURON
BRUNO | 2 février 2005 |
un orthodondiste de Paris vient de subir un sort semblable (moins violent ) il utilisait son portable sur son…VELO. 25 H de garde a vue, menotté, maltraité,insulté, enfermé. y parait que l’IGS fait une enquete, s’il avait ete Noir, Arabes ou jeunes,on n’en n’aurait meme pas parlé au JT. qu’attendent les Orthodontistes pour faire greve ? > TÉMOIGNAGE DE LEFRED-THOURON
Firou | 25 janvier 2005 |
L’excellent dessinateur au Canard Enchaîné qu’est Lefred-Thouron est aussi une belle plume. il a su nous relater dans le détail le voyage au bout de l’arbitraire qu’il a connu en compagnie d’un ami. Abus de pouvoir, mensonges, coups et blessures, négligences et j’en passe, rien ne leur aura été épargné. Dans ce genre de situation on prend conscience de notre impuissance et de notre fragilité lorsque l’on est confronté aux dérapages des sbires de l’Etat. Que faut-il pour mettre en doute le témoignage complice de plusieurs fonctionaires de police ? Combien de personnes sont ainsi malmenées, insultées voire maltraitées lors de quiproquos avec les représentants de l’ordre ? Coluche, toujours lui, disait : Les gardiens de la paix au lieu de nous la garder, il ferait mieux de nous la foutre. Allez Lefred, ton épaule va mieux ? Alors vite, à tes crayons ! > TÉMOIGNAGE DE LEFRED-THOURON
alexnihilo | 7 janvier 2005 |

Je découvre ça seulement maintenant et par pur hasard.Effarant ! Drame malheureusement banal mais qui est ici très bien rapporté.

Les médias nationaux, eux, préfèrent les fausses agressions dans le RER aux vraies violences des agents d’(in)sécurité.

« Mais bon, si vous n’avez pas portez plainte, c’est bien que vous n’avez pas la conscience tranquille. On est dans un état de droit, non ? » (ahrf ahrf ahrf !)

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PEROINE Stéphane | 7 décembre 2004 |

Bonsoir à vous,

Je voudrais tout d’abord vous souhaitez à tous les deux un bon rétablissements et vous demandez ensuite de ne pas lâcher l’affaire ! Il faut que cela se sache ! Svp portez plaintes ! Sinon votre expériences ne sera jamais portée au grand jour. Si je ne lisais pas « Charlie », jamais je n’aurais été au courant. Bien sur vous n’êtes pas un cas isolé mais votre « stature » de journaliste doit aider les autres victimes des violences policières à se défendre. Mais le plus important, c’est qu’il faut que cela cesse et que les agresseurs ne puissent plus recommencer.

Stéphane (Nancy)

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| 6 décembre 2004 |

LT ne décrit pas les vêtements portés par lui et Yan. Encravatés encostardé et empapaoutés de morgue, ils n’auraient pas eu autant de problèmes… les flics sont des bons chiens, ils savent reconnaître leurs maîtres. Mais une paire de ipis en jeans usés, ça n’inquiète personne. Z’avez de la chance de pas être beurs.

Hum, pas de généralités, j’ai eu récemment affaire à des flics très cools et compréhensifs.

En ce qui concerne la SNCF, ça corrobore une chose que je soupçonnais : « pour votre sécurité, nous vous rappelons qu’il est obligatoire d’étiqueter vos bagages » : ce message signifie clairement que votre sécurité est en danger si vous n’étiquetez pas vos bagages. Je suppose que ça vous met au bord du passage du à tabac… faites gaffe…

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Matthieu | 4 décembre 2004 |

Un jeune est depuis hier dans le coma suite à une interpélation par trois agents chargés de la survéillance… Sans commentaire !

Bon rétablissement à Lefred-Thouron et à Yan Lindingre.

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Ariel | 3 décembre 2004 |

Ayant appris dans Charlie ce qui vous était arrivé, je vous souhaite un prompt rétablissement. Surveillez-bien cette épaule, une articulation forcée après un trauma, cela peut devenir embêtant si l’on n’y fait pas attention.

Ce qui vous est arrivé avec les vigiles de la SNCF me semble n’être malheureusement pas exceptionnel : En gare de Toulouse, le 23 septembre, une jeune femme en retard se précipite pour ne pas manquer le train de 22h pour Paris. Comme vous, elle n’avais pas son billet sous la main et force le passage en proposant de montrer son billet dans le train. Les contrôleurs et les vigiles l’empoignent sans ménagement. Choqués par ce qui ressemble plus à une agression qu’à un contrôle de billet, nous intervenons. Une nuée de policiers fait irruption et entrainent la dame qui hurle.

Ce que je croyais être une initiative des vigiles me semble, en voyant ce qui vous est arrivé, obéir à une logique « sécuritaire » concertée de la SNCF. Peut-être faudrait-il tenter quelque chose pour éviter que ce genre de pratiques ne deviennent la norme.

(Je profite de ce message pour vous dire l’admiration que j’ai pour vos dessins.)

> TÉMOIGNAGE DE LEFRED-THOURON
Fab | 27 novembre 2004 |
Je ne suis qu’à moitié étonné,ayant déjà eu à faire à la police… Par contre,je suis déçu du fait qu’il ne porte pas plainte,car ces flics vont pouvoir continuer leurs abus de pouvoir en toute impunité. Merci à Lefred-thouron pour ce témoignage,et bon retablissement. > TÉMOIGNAGE DE LEFRED-THOURON
hakim | 25 novembre 2004 |

Je suis sidéré d’apprendre dans Charlie ce qui vous est arrivé ! Je suis un ctoyen qui varie ses sources de lecture et je n’ai entendu parler nulle part de ce qu’il faut bien appeler par son nom:une bavure !

Je n’ose pas imaginer ce qui se serait passé si j’avais été à votre place car je m’appelle Hakim ! Bientôt, on n’osera plus sortir !

Bon courage et prompt rétablissement

> TÉMOIGNAGE DE LEFRED-THOURON
| 25 novembre 2004 |

Pour repondre a Katia : Du peu que j’en sache, dans les bus, le chauffeur/controleur a le droit de vous donner deux amendes, une plus legere si il pense que vous etes de bonne fois, et une plus lourde si vous etes de mauvaise fois… Ceci etant totalement arbitraire. De plus, il faut pense dans l’autre sens ; il y a bien des gens qui essaient de passer sans payer dans les transports en commun. quoi qu’il en soit, rien ne peut excuser la violence gratuite des officiers et le reste, et a tous ceux qui ont vecu ca, il faut crier ! Si personne ne se plein ca continuera jusqu’a ce qu’une petite centaine de personnes n’aient parler, et ceci est intolerable !

Bonne guerison et un message à tous ceux qui lisent ca de faire passer… Un rebelle en herbe.

Il y a d’autre façons de s’amuser !
kolia | 24 novembre 2004 |
cette histoire est tout simplement révoltante amitié a lefred-thouron et bon rétablissement.Continuer à nous faire rire,j’adore vos BD. > TÉMOIGNAGE DE LEFRED-THOURON
| 24 novembre 2004 |

Si vous ,qui avez une certaine notoriété, ne portez pas plainte contre ces « abrutis »,ils recommenceront et feront école.

Il ne faut pas tolérer ce genre de dérapages,la sncf devrait faire gaffe car les amendes à l’intérieur d’un train sont importantes donc quel intérêt de demander énergiquement un titre de transport .

Bon si j’ai bien compris avec 0,5 g on ne peut plus prendre le train………que va dire le lobby des pinardiers ?

J’espère que vous allez nous faire un dessin cinglant que l’on trouvera ds le canard ou sur ce site afin qu’on le reproduise et qu’on le montre ostensiblement chaque fois qu’on empruntera la sncf

cordialement dom

j’ai lu siné …………….le web,c’est pas si mal

> TÉMOIGNAGE DE LEFRED-THOURON
Armel | 24 novembre 2004 | Une petite bd sur le même thème…

Après lecture du texte de Siné dans Charlie, je me suis empressé d’aller voir le témoignage de Lefred-Thouron. Tout simplement parce que cela me rappelait des choses vécues (sans les coups) et mises en planches pour évacuer un peu…

C’est hallucinant comme on peut passer en quelques secondes de l’autre côté du miroir, par un simple enchaînement de circonstances. Dès les menottes passées, la porte du commissariat franchie, devenir un moins que rien, et éviter d’ouvrir sa gueule pour ne pas se charger… La nuit qui passe lentement, les banquettes de fourgon sans ceinture avec les menottes dans le dos…

Bon rétablissement,

Armel

> TÉMOIGNAGE DE LEFRED-THOURON
stan prozak | 24 novembre 2004 |
Condoléances et sympathie Peut être la matière a une histoire qui aura plus de poids que de porter plainte contre des policiers dans un commissariat a bientôt dans les pages de Fluide ou sur un festival BD > TÉMOIGNAGE DE LEFRED-THOURON
Katia | 23 novembre 2004 | Achetez vos billets, la sncf s’occupe du reste. Témoignage de Lefred- Thouron

Votre témoignage fait froid dans le dos, il concrétise les lois décrétées, dont on ne parle pratiquement jamais et qui restent confinées chez les initiés. Ici, à Paris, il est fréquent de devoir montrer son titre de transport avant de monter dans le train, la ville doit servir de modèle dans cette fRANCE où l’on reste un peu plus cool en province. Nous parlons de la loi du 15 novembre 2001 n°2001-1062 relative à la sécurité quotidienne (trouvable facilement sur google). Allez vous balader et vous frotter aux articles. Vous pourrez constater le travail des élus bien pensant. Ils oeuvrent pour la fRANCE et les français, qui, en échange, les rémunèrent. Aujourd’hui nous vivons dans un monde de tolérance zéro, J.Chirac est l’un des premiers à l’affirmer. Cynisme des faits. Sncf ou ratp, sa sa, chuchu, kif kif quoi : t’as ton ticket ou tu dégaines la monnaie, ta pièce d’identité, en tout cas tu fermes ta gueule si tu veux pas te faire taper et te faire accompagner au poste. Ainsi si le tourniquet n’a pas pu composter votre ticket et que vous avez pris le transport tout de même, si vous vous êtes trompé de direction et que vous rebroussez chemin sans acheter un nouveau titre : sachez que vous allez être raquetté par les contrôleurs qui prendront l’amende en cash ou en carte bleue. Le tarif de l’amende est variable selon la personne, il s’agit d’une transaction (cf : 80-4 du décret n°42-730 du 22 mars 1942).

Mais rien de nouveau dans le fond, l’homme est un animal à l’instar du rat, de la souris ou du mouton : il s’habitue, compose, fait avec. La preuve, à Paris, nous baignons dans une ambiance militaro-poliço-miliço sans que nous nous révoltions (même un peu) pour autant.

 

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