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CQFD N°017


À BOIRE & À MANGER

MUSIQUE ÉQUITABLE

Mis à jour le :15 novembre 2004. Auteur : XXL.


Après la grande offensive américaine de la RIAA (syndicat des majors) contre les « voyous » qui osaient télécharger illégalement de la musique par Internet, son homologue français, la SCPP, lui emboîte le pas, au nom de la sacro-sainte défense de l’artiste, et les procès pleuvent comme à Gravelotte, plus ou moins au hasard et pour l’exemple. Les deux cas les plus médiatisés, des deux côtés de l’Atlantique, sont ces deux jeunes filles qui avaient téléchargé pour l’une du Sardou, pour l’autre du Britney Spears… Quand la RIAA et la SCPP partent en chasse, c’est de préférence pour protéger le chanteur qui rapporte, celui sur lequel on a misé plusieurs millions en production et en promotion, celui enfin qui doit déjà toucher, en droits d’auteur, plusieurs fois le budget annuel de nombre de petits labels indépendants. Ces derniers essaient, tant bien que mal, de vivoter dans ce panier de crabes où les mic-macs entre majors, médias, fabricants de graveurs de CD et autres vendeurs de connexions haut-débit ont pour conséquence de jeter l’opprobe sur le seul Internet.

Or, dans le cas par exemple de la chanteuse Eleni Mandell, déjà évoquée dans cette colonne, internet a été un moyen pour diffuser ses disques autoproduits de manière suffisamment large pour en vivre correctement et s’y consacrer pleinement… Les exemples de ce genre sont nombreux, j’achète moi-même, plusieurs fois par an, des disques sur des petits labels inconnus ou chez les artistes directement, par Internet, et ce à des prix très en-dessous de ceux du marché. Si ces ventes restent sans doute marginales pour l’instant (tout en n’étant évidemment pas comptabilisées quand il s’agit, pour les majors, de pleurnicher sur leur sort en exhibant les courbes de ventes du disque), elles montrent quand même une alternative au circuit habituel. Aux États-Unis, le label indépendant Go-Kart Records est entré en guerre, dans une lettre ouverte à la RIAA et les labels qu’elle « représente », s’excluant lui-même d’un système qu’il ne cautionne pas. Pour cet indépendant, c’est parce que le téléchargement échappe à leur contrôle que les majors l’accusent de faire baisser les ventes, comme on accuse son chien d’avoir la rage. Il est en effet long et difficile de télécharger un album entier (problèmes de bande passante, de qualité disparate des morceaux mis à disposition…). Il est par contre extrêmement facile de copier un disque. Mais quand on sait, pour ne citer que celui-là, que Sony vend aussi bien des albums que des graveurs de CD, la piraterie est moins évidente à dénoncer.

Go-Kart Records évoque également, et c’est assez rare, la piètre qualité de la production en général. Qui, effectivement, ne s’est jamais senti floué par un disque globalement médiocre, acquis pour 20 euros sur la foi d’un unique titre capté sur une radio ? En accord avec ses artistes, et en signe de protestation, Go-Kart Records a mis en téléchargement libre une bonne partie des dernières productions du label. Des albums entiers, gratuits. Libre à l’auditeur, ensuite, d’acheter le disque s’il l’a aimé, ou d’envoyer un peu d’argent aux artistes pour les soutenir. Autre initiative intéressante, celle de Dadaprod. Sachant que sur un CD vendu 20 euros sur le circuit habituel, 1 euro et demi va dans la poche de l’artiste, ils produisent des CD au plus juste prix (environ cinq euros), pour lui garantir la même rétribution. Au programme pour l’instant, les trois groupes du label, Banga (dans la mouvance anti-folk issue des scènes ouvertes new-yorkaises : « Je ne sais pas chanter ni jouer de la guitare, mais je fais des chansons »), Malaussène, groupe beaucoup plus produit (avec interventions de Dominique A) et Brazil, plus expérimental, engagé et bruitiste, dans la veine du groupe Experience. Plusieurs projets alternatifs et engagés (socialement et musicalement), une pétition contre la marchandisation de la culture, de la musique à un prix équitable, un site à découvrir…

- Des albums entiers à télécharger ou, pour les plus riches, à acheter sur www.gokartrecords.com/freedownload/
- Des disques au juste prix en écoute sur www.dadaprod.org
- Suggestion ? Mot de haine ? Mot d’amour ? xxl@cequilfautdetruire.org

Publié dans CQFD n°17, novembre 2004.

ERRATUM : une erreur s’est glissée dans cet article. Dominique A n’a participé à aucun enregistrement du groupe Malaussène, la version proposée était la réponse de Malaussène à un concours de remix d’une chanson de Dominique A.






>Réagir<

> MUSIQUE ÉQUITABLE
Jeff | 22 décembre 2005 | musique-equitable.com

Retournement de situation dans le projet de loi DADVSI !! la licence légale adoptée en première lecture… ?!

Pour un équilibre entre « consommation », création et diffusion !

Venir découvrir notre principe de musique équitable et notre philosophie.

Jeff

> MUSIQUE ÉQUITABLE
ludovic | 23 août 2005 | Musique équitable
salut, on vient de lancer un site qui propose à tous, internautes, artistes, producteurs, diffuseurs et passionnés, de participer à la création d’une alternative équitable dans la musique ! voici les grandes lignes des valeurs que nous défendons : # Nous sommes pour le téléchargement dit « culturel » mais contre les téléchargements abusifs sans rémunération des ayants-droits. # Nous avons bien conscience du coût de la production, du coût de la promotion, mais nous voulons un partage et des rapports plus équitables entre les artistes, les producteurs et le public. > MUSIQUE ÉQUITABLE
bituur esztreym | 4 janvier 2005 | musique libre

intéressant cet article, je vais aller voir Go-Kart et les autres références.

Après la grande offensive américaine de la RIAA (syndicat des majors) contre les « voyous » qui osaient télécharger illégalement de la musique par Internet, son homologue français, la SCPP, lui emboîte le pas, au nom de la sacro-sainte défense de l’artiste

eh ouais, la défense de l’artiste… mais quand on regarde un peu l’histoire du droit d’auteur on s’aperçoit qu’il s’est toujours agi d’un compromis entre droit de l’auteur et droit du public, et que les intermédiaires ont toujours agi pour tirer la couverture à eux : réduire ou nier le droit du public (vous avez remarqué qu’on ne parle plus de droit à la copie privée mais d’exception de copie privée ? )

http://musique-libre.org/ est un portail français des musiques libres, infos, actus, faq : qu’est-ce que la musique libre ? & comment déposer sa musique sous copyleft ?, débats, forums, liens, bientôt archive générale d’écoute et téléchargement de musique !!!

il est temps de réagir en masse, la propagande actuellement essaie de convaincre que « légal = payant », donc que « gratuit = illégal » ; 2e étape ce sera « légal = payant + DRM » : contrôle total et raquer pour (de la merde, en plus ?) : il faut dire non !

 

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