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CQFD N°017


LA CHANCE AUX CHANSONS

HOMO SUPERIOR, YA BASTA

Mis à jour le :15 novembre 2004. Auteur : Will et Pierre Etbunk.


Ce soir-là, pour notre collègue rom, l’entrée de la Fiesta des suds (gros événement culturel marseillais à caractère clientéliste) s’est négociée âprement. Le port ostensible d’un survêt’ à trois bandes semble avoir troublé le discernement des nervis du SO. Le barrage franchi, la première chose que l’on se prend dans les mirettes, c’est le cracheur de biftons qui jouxte le stand de la FNAC. Déambulant dans les allées, on constate une inflation tangible du costard-cravate, liée sans doute à l’augmentation des partenaires et de la superficie du carré VIP. Allons ! Positivons et vive le rock ! Direction le concert d’Homosuperior (homosuperior.com), groupe déjanté du coin. « Mais c’est quoi ce truc de ouf ! », s’interroge un spectateur. Ben, une espèce de ratatouille sonore pour méninges débridées, agrémentée de bruits étranges et d’éructations diverses. Du rock schizo, du jazz déphasé ou du funk paranoïde, un voyage initiatique dans les méandres d’une psychose assumée. Quant au reste du public, sa rigidité cadavérique va en se momifiant sous les changements de rythmes incessants. L’atmosphère trouble qui plane sur la salle ne rassure en rien les adeptes du couplet-refrain binaire. L’ambiance musicale, sur le fil du rasoir, est tailladée par des zicos emmitouflés d’une sorte de plastron musculeux, piqué sur quelques écorchés vifs ramassés à la morgue. Leur technique excelle dans la découpe des morceaux. En écoutant ensuite leur CD, une scène du film l’Exorciste me revient à l’esprit : celle où la possédée à tête de toupie jette à la face du cureton « ta mère suce des bites en enfer ». Homosuperior, c’est la fanfare qu’il vous faut pour festoyer à l’enterrement de mamie.


Samedi 30 octobre, concert à la rue des Vignoles en soutien aux sections universitaires de la CNT. À l’affiche, Guarapita, Les travailleurs de la nuit et Ya basta. Une bonne occasion de voir comment ces derniers se débrouillent sur scène, après la parution cet été de leur deuxième album, Toujours debout. Ya basta se revendique d’un genre original, le rock’n’ska militant. À l’écoute de l’album, on n’est pas floué : bonne orchestration ska avec deux cuivres, deux cordes, deux voix, une batterie et deux-trois potes venus en renfort. Les textes, presque tous en français, balaient les thèmes sur lesquels leur public d’ici hoche le bonnet en terrain conquis : antifascisme, taule, turbin, zone, consommation… Plutôt bien écrites (y a même quelques rimes riches, bordel), les chansons appellent évidemment à la résistance et à l’insurrection, ce qui ne fait jamais de mal, sauf sur deux ou trois morceaux comme « L’avant-garde », qui enflammera surtout les amateurs d’hymnes militaires. Mais à ces quelques enfantillages près, les paroles sont sensibles et intelligentes, comme sur l’excellent « Une vie brisée ». Quinze morceaux en tout, dont deux musicaux et un dub. En live, ça déménage : en cette soirée d’automne le groupe met une pêche d’enfer, révélant une présence impressionnante sur une scène pourtant exiguë. Un groupe à ne pas rater pour tous ceux qui aiment pogoter sur du ska, et même les autres. Leur site (http://yabasta.ska.free.fr) donne les dates des prochains concerts. Pour les casaniers, le skeud est disponible en écrivant à Basta Banda, 20, avenue de Bel-Air, 75012 Paris (10 euros + frais de port).

Publié dans CQFD n°17, novembre 2004.






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