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CQFD N°017


PIRE QUE LES ZONES DE NON-DROIT

LES ZONES DE NON-JOIE

Mis à jour le :15 novembre 2004. Auteur : Nicolas Arraitz.

À l’heure de la sieste, bien calé dans le sofa que CQFD met gracieusement à disposition du pèlerin fatigué et du rédacteur méritant, j’ai fait un rêve. J’ai rêvé non pas à un monde idéal, mais à un truc peu banal : les ventes de ce canard s’envolaient brusquement, et en deux tours de rotatives, nous devenions un groupe de presse maousse, avec chaînes TV, magasines spécialisés, infos en ligne, etc.

Mais voilà, chassez le naturel et il revient au galop : dans mon rêve, malgré le succès, nous restions une joyeuse équipe de branleurs et de voyous du verbe. Ce qui nous amenait - quoi de plus légitime ? - à lancer une ambitieuse campagne de presse en vue d’imposer notre style de vie à la planète entière (tout ça depuis le fond d’un sofa défoncé et le temps que dure une sieste !) L’idée était simple, la stratégie limpide. Nous allions, armés de caméras, de calepins et de satellites, assiéger les zones de non-joie où se terrent, dans un vil état de consanguinité et d’obscurantisme, la part anti-sociale de la société, j’ai nommé : les riches. Du haut de notre puissance de feu médiatique, nous allions courageusement dénoncer ce qui se trame dans leurs banlieues modèles, leurs résidences fermées, leurs petits paradis privés. Nous allions lancer des hordes de vaillants reporters sur la trace de ces ghettos dorés qui couvent en leur sein l’œuf de l’égoïsme et de la guerre. Nous allions mobiliser des parterres de sommités qui assommeraient nos ennemis à longueur d’antenne avec des discours sans appel. Un de nos intervenants fétiches serait Faudel Ziani, ce terroriste de quartier qui affirme sans frémir : « Les problèmes de ton voisin sont aussi les tiens, il vit les mêmes galères. » (voir l’interview des militants de Bouge qui bouge). Affirmation péremptoire qui, convenablement martelée par nos tentaculaires médias, pourrait bien changer la face du monde : en effet, parler à son voisin est un crime qui peut mener loin. Si cette relation de bon voisinage débouchait, par exemple, sur le prêt de ta perceuse au dit voisin le jour où il en a besoin, cela constituerait un indéniable manque à gagner pour Black & Decker. Cette pratique, si elle se généralisait, pourrait avoir des conséquences macro-économiques désastreuses (et on comprend mieux pourquoi le maire de Dammarie-lès-Lys et la BAC en ont après ce dangereux subversif de Faudel).

Mais revenons à nos moutons : dans nos reportages en caméra cachée, une voix off pathétique n’hésiterait pas à montrer du doigt la misère existentielle des quartiers chic : « Regardez ces visages floutés ! Écoutez ces voix électroniquement filtrées ! Leur existence est vide de sens, ils ont renoncé à ce qui fait notre humanité, ils consomment leur illusion de richesse en privé. » Mobilisés par nos rédactions, des intellectuels, des sociologues, des psychologues et des théologiens viendraient stigmatiser la superstition des dévots de l’Argent, le culte morbide rendu à la réussite individuelle, l’incapacité maladive à être généreux et spontané. Des anthropologues autodidactes et des historiens dilettantes décortiqueraient les mécanismes de la paranoïa sécuritaire qui, non contente d’isoler les gens (ton voisin est peut-être un tueur psychopathe), introduit son œil sale jusque dans les foyers (ta femme boit, ton fils se drogue et va t’égorger pendant la nuit, ton mari est un pédophile, n’as-tu pas surpris un geste de tendresse suspect envers la petite Jennifer ?). Nos spécialistes démontreraient aisément que cette paranoïa n’est rien d’autre que la pathologie terminale du chacun chez soi-chacun sa mère cher au bourgeois.

Mais toute sieste a une fin. Retour à la réalité. Il y a peu, la communauté guinéenne de Marseille a organisé une petite fête dans un appartement HLM des quartiers Nord, en l’honneur de quatre comédiens qui retournaient au pays. Vilement exploités par un théâtre du Vieux-Port qui, grâce aux subventions de l’AFAA (Association française d’action artistique), les avait fait venir en France pour une « résidence de création » (comme on dit dans le jargon culturel), ils allaient retourner chez eux avec trop peu d’argent pour ne pas craindre les reproches de leurs familles. La fête était donc organisée en forme de tombola musicale, pour augmenter leur pécule. Les quatre amis jouèrent du gongoma pour les invités, chantant les louanges de chacun, à la façon des troubadours. La personne qu’on chantait venait danser au centre du cercle, sous les applaudissements et les cris d’encouragement, puis glissait quelques billets (selon ses moyens) dans le chapeau de Rougui, dans le décolleté de Taïbou, dans la ceinture de Saniane ou sous les lames du gongoma de Fodé. La fête dura jusqu’à l’aube dans ce rez-de-chaussée des Lilas, et bien que les fenêtres aient été grandes ouvertes, personne ne s’en est plaint. Sans doute parce que les habitants de cette cité déglinguée ont bien compris la philosophie de Nietzsche, qui dit que l’enthousiasme et le plaisir sont les meilleurs ciments d’un corps social désirant se perpétuer. Mieux en tout cas que les esquichés des quartiers Sud.

Publié dans CQFD n°17, novembre 2004.






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LES ZONES DE NON-JOIE
TIMEBUSTER | 1er mai 2009 | PREVOSTEAU CON SACRE !

BIZUSTAGE ! Par MARIO KEKIC, avril 15, 2009

Comment se fait-il qu’en France, certains patrons fassent travailler des jeunes sans les payer ? Je m’explique ! Il n’y a aucune legislation sur le salaire des stagiaires qui sont honteusement exploités. Mon beau-fils qui est à l’école d’horticulture du Breuil à Vincennes vient de terminer un stage à l’entreprise Prévoteau qui entretien les jardins de nombreuses entreprises à Paris. Cette société l’a fait travailler huit heures par jour sans même lui donner de tickets restaurant pour le repas de midi et ne lui à même pas donné pour l’encourager les traditionnels deux cent euros plafonnés pour ne pas ête imposables. Une telle mesquinerie méritait d’être au moin consigné quelque part sur le web. Combiens de patrons profitent bien de ce vide dans le droit du travail ! C’est un scandale qui je le pense concerne beaucoups de familles. CON SACRE ! Par MARIO KEKIC, avril 30, 2009

Voici la réponse pleine de raillerie du patron de Prevosteau. J’en ai envoyé une copie à L’Elysée car je suis sur que le Président est très sensible à tout ce qui touche le droit du travail et à l’exploitation des jeunes. L’entreprise Prevosteau à fait miroiter à Calixte que s’il se « défoncait » au travail, il aurait une compensation financière à la fin du stage. Mais ce stratagème s’inscrit dans l’état d’ésprit général de cette société. Il est plus qu’évident que deux personnes vont deux fois plus vite qu’une seule pour finir un chantier. Deux pour le salaire d’un seul est très rentable. A son école seul cinq élèves sur vingt six n’ont pas été rémunérés en fin de stage, Calixte lui à même été obligé de payer ses repas ! je conseille donc aux futurs stagiaires de bien se renseigner et j’éspère que la mauvaise expérience de Calixte servira au moins à cela !

mailto:mariokekic@hotmail.com] mercredi 29 avril 2009 12:17 À : mailto:jm.prevosteau@wanadoo

Camarade

Il est évident que ce courrier est dorénavant con signé sur la toile.

Il y avait longtemps que je n’avais pas autant rit, j’espère sincèrement qu’il en sera de même a l’Elysée

Je vous remercie sincèrement de ce grand moment d’humour

Bien à vous

Jean-Marie PREVOSTEAU

PS : j’espère que calixte a maintenant bien récupéré, qu’il évite effectivement dorénavant les excès, quant aux repas deamndez lui de vous les rembourser.

Copie de ces courrier au responasable de l’école Dubreuil

http://www.prevosteau.com/


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> LES ZONES DE NON-JOIE
cromagnon13 | 23 avril 2005 | http://lbsjs.free.fr/
salut je suis tombé sur votre site par hasard en cherchant un site qui fédererait les marseillais contre les horodateurs (donc je suis tombé sur la breve concernant philippe mazet). à la lecture de cet article (zones de non-joies), je voulais vous proposer un truc pour gagner des tunes et peut-etre apporter la notoriété dans le monde des medias dont vous reviez pendant la sieste sur le canapé (feignant !!) que j’avais deja proposé à daniel mermet sur le repondeur de là-bas si j’y suis, sur france inter. pkoi on ferait pas une emission tv style koh lanta, avec des capitaines de grosses boites, mais au lieu de les balancer dans la jungle, on les transposerait dans une cité hlm avec leur famille, et un smig, ou une allocation chomage de solidarité ou de fin de droit, et on les filmerait pendant un mois ou deux pour voir comment ils s’en sortent té, je me demande si je vais telephoner à mougeote (que j’excecre plus que tout au monde)pour lui proposer l’idée, ça me rapportera ptet quelque chose que je garderai pour moua tout seul le mesage est sur le repondeur de là-bas si j’y suis, dont les emissions sont stockées sur ce site http://lbsjs.free.fr/, qui est d’ailleurs en greve (font chier tout ces gens qui ont quelque chose à dire, hihihihihhi) pour cause de désaccord avec mermet et de solidarité avec ses « pigistes » ?? c’est comme ça qu’on dit ??? en tout cas, merci pour ce journal je vous met en favori je reviendrais souvent vous voir bye, et merci encore
 

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