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Sommaire du N°017
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CQFD N°017



LA CROIX-ROUGE SOUS UNE ROBE NOIRE

Mis à jour le :19 novembre 2004. .


Jour J, mardi 16 novembre. Dès 13 h 30 une partie de l’équipe marseillaise de CQFD/Le RIRe faisait les cent pas devant la 17e chambre du TGI de Paris, impatiente d’en finir avec la procédure pour diffamation intentée voici un an par la très gourmande Croix-Rouge française (65 000 euros de dommages et intérêts réclamés). Nous sommes rejoints par notre camarade Berth, venu de Besançon pour essayer de comprendre en quoi ses magnifiques dessins pouvaient constituer un délit de presse. En plus du staff du journal, une petite tripotée de lecteurs est au rendez-vous pour soutenir notre canard : des militants d’AC !, du collectif anti-expulsions de Paris et de la CNT, notre copine Jeanne-chômeuse-heureuse, des collègues de Co-errances, des membres du MIB, le webmaster de dadaprog.org (voir la dernière chronique d’XXL)… Pas de quoi faire un gros bouquet, mais la fine fleur de la contestation est là. Quelques minutes avant notre entrée en scène, un groupe d’octogénaires pénètre dans la salle d’audience. La Croix-Rouge aurait-elle appelé ses bénévoles en renfort ? Fausse alerte : un petit jeune, parapluie au bras, leur explique l’origine du mot « chambre » et ils partent un peu plus loin poursuivre leur visite guidée. De la Croix-Rouge, nous ne verrons que l’avocat, Me Stasi, le président Marc Gentilini n’ayant pas pris la peine de se déplacer.

C’est à nous. Le président du tribunal commence par présenter l’affaire. De voir ces gus en robe noire tourner ostensiblement les pages de notre mensuel au chien rouge donne à la solennité du lieu une petite touche surréaliste. On n’a pas toujours le lectorat que l’on espère… La parole est d’abord donnée à Lionel Raymond, directeur de publication du numéro litigieux (et, à ce titre, principal accusé), qui s’étonne que l’on puisse librement critiquer la politique de l’État sans pouvoir manifestement en faire autant avec les organisations humanitaires, auxquelles l’État délègue pourtant des missions de service public. Louis Bretton, président de l’association éditrice, intervient ensuite pour rappeler la genèse antimilitariste du RIRe et de CQFD, expliquer notre choix de l’ironie comme « arme » dans un combat non-violent, notre indépendance vis-à-vis des logiques commerciales et financières ainsi que notre hostilité aux violences exercées par les appareils policiers et militaires, quand bien même elles se drapent derrière un pansement humanitaire (en l’occurrence, la convention passée entre le ministère de l’Intérieur et la Croix-Rouge française pour « l’accompagnement » des groupes d’étrangers expulsés par avion). C’est au tour de l’avocat de la Croix-Rouge, qui déclare que l’article et les dessins incriminés sont « méchants ». La salle, compatissante, rigole doucement, ce qui lui vaut un avertissement du président. Le gendarme de service se met alors à faire du zèle et réprimande discrètement mais fermement tout individu pouffant à l’écoute de la plaidoirie. Me Stasi reprend un à un les passages mis en cause, les qualifiant de « diffamatoires » et « attentatoires à l’honneur et à la considération de la CR et de son président ». Quant aux dessins, il les trouve « orduriers », ce qui fait marrer Berth… Pour finir, l’avocat de la CR s’énerve, sans grande conviction : « On nous fait un procès d’intention, celui de vouloir faire disparaître un petit journal. » Il fait référence à l’équipe de France 3 venue l’interviewer sur le sujet. Et il termine en citant une phrase tronquée d’Olivier Cyran, de la rédaction de CQFD, extraite d’un article de Politis du 4 novembre : « Nous pouvons comprendre que la Croix-Rouge estime son honneur bafoué ». Par son accompagnement de la politique répressive de l’État, il y a de quoi… Mais sorti du contexte, cela ne plaide pas en notre faveur. Madame le procureur prend le relais en dénonçant « l’absence de sérieux de l’article ». L’argument de la « bonne foi » ne peut donc, à son sens, être retenu. Ça commence à se corser quelque peu. Quand elle qualifie les dessins de « bêtes et méchants », Berth sourit, la comparaison n’étant pas déplaisante. Point positif : elle ne requiert ni amende ni condamnation.

La conclusion revient comme de juste à notre avocat, le talentueux quoique bénévole Emmanuel Nicolino. Avec une éloquence non altérée par de mesquines préoccupations d’honoraires, notre bavard démonte le « système interprétatif paranoïaque » de la partie civile, sa grille de lecture empreinte de susceptibilité mal placée. Quant aux dessins, argue-t-il, ils sont d’autant moins diffamatoires qu’ils ont « loupé le coche ». Berth ne rit plus du tout. Pour notre bavard, la faible diffusion de CQFD (le numéro poursuivi a été vendu en kiosque à 1 200 exemplaires) est sans proportions avec le préjudice moral revendiqué par la partie adverse et rend parfaitement délirant le tarif de 65 000 euros. Emporté par sa démonstration, notre camarade Nicolino est allé jusqu’à qualifier notre mensuel de critique sociale de « tract confidentiel » et à alléguer le faible soutien dont nous disposerions, la salle n’étant qu’à moitié pleine… Il a souligné en outre que si Gentilini se sentait bafoué à hauteur de 30 000 euros, il aurait pu au moins faire le déplacement… Nous distinguant de Voici et autres Gala, il a fait remarquer que nous n’avions pas porté atteinte à sa vie privée. Me Nicolino a donc demandé la relaxe ou, au pire, l’euro symbolique. Jugement et résultat des courses le 11 janvier…

L’équipe de CQFD






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> LA CROIX-ROUGE SOUS UNE ROBE NOIRE
La bannière | 17 juin 2005 |
Je viens de lire tardivement « La CRF sous une robe noire », hier le 17 juin 2005, cette même CRF tenait réunion de « son » Comité Central d’Entreprise, je dis « son », car on ne peut trouver plus belle mascarade : 65% des élus représentent les dirigeant de cette institution, les 35% autres représentant les salariés. Le beau DRH a même été jusqu’à tenter une « magnifique » manipulation (avec ces 65% de moutons) pour éviter que ne soit voté un droit d’alerte concernant le département sinistré de la Seine Saint Denis (93). > LA CROIX-ROUGE SOUS UNE ROBE NOIRE
Raphael R.A.S. | 9 janvier 2005 |
Je n’ aurais jamais pensé qu’ une orga « humanitaire » puisse autant me dégouter ! C’ est dégueulasse de condamner à mort un journal independant sous pretexte qu’ on refuse de se remettre en cause ! J’ avais des potes qui devaient faire un concert en soutien à la croix rouge, quand je leur ai parlé de ce proces, ils ont annulé leur participation (bien fait !) ! J’ espere vraiment que vous gagnerai ce proces les amis, et que vous continuerez à nous fournir ce pur moment de bonheur subversif mensuel que provoque la lecture de cqfd ! > LA CROIX-ROUGE SOUS UNE ROBE NOIRE
bert (sans H) (quoique…) | 5 janvier 2005 |
Si vous voulez mon avis (bien sur que vous le voulez, hein ?), tous les organismes, associations, groupes politiques ou religieux ayant une croix pour symbole, ben, faut s’en méfier ! Voila ! > LA CROIX-ROUGE SOUS UNE ROBE NOIRE
| 22 décembre 2004 |

Bonjour

Ahh la croix rouge… tout un roman…

Interressante la derniere éléction du nouveau de cette association…

Monsieur mattei, élu monsieur canicule en 2003, vient d’en être élu président ce samedi.

Enfin vu la manière dont sont choisis certains membres du conseil d’administration…je ne suis pas étonné que certaines voix en interne aient du mal a se faire entendre y compris pour cette éléction.

Un truc interressant à faire : Etudier et compiler les dossiers pru’dhommes …entres autresconcernant la Croix Rouge…

Sur Paris ca donnerait quelque chose d’interresant…

En remarque vu l’importance du service juridique au siège il s’en sortent pas mal…mais câ devrait être une cata…j’attends avec impatience le rendu de jugement de Janvier…

signé : gorge profonde

> LA CROIX-ROUGE SOUS UNE ROBE NOIRE
Calamel | 21 décembre 2004 |

C’etait grotesque et ridicule de vous demander une telle somme .Je pense qu’ils voulaient vous faire peur et faire croire que votre disparition etait proche.

Pour ma part ; aprés un coup tordu pareil ; je suis sur que je ne donnerai ni temps ; ni argent à la croix rouge

> LA CROIX-ROUGE SOUS UNE ROBE NOIRE
Michel DURY | 20 décembre 2004 |

lettre à la Croix Rouge :

Monsieur le Président,

Je vous ai adressé il y a quelques semaines un courrier vous demandant de me reverser la somme de 30 euros correspondant au chèque 4644044 G débité le 15 novembre.

En effet, je ne tiens pas à soutenir une organisation qui attaque sans discernement un média (CQFD) qui a eu l’outrecuidance de parler de la Croix Rouge Française avec ironie. Je pense qu’il y a mieux à faire dans ce monde déréglé que d’attaquer un journal (que votre action m’a permis de découvrir). C’est un peu trop facile.

Je n’ai pas reçu de réponse sur le fond, ce qui confirme que votre attitude dans cette affaire est plutôt méprisable. On m’a juste demandé de retourner le reçu fiscal, ce que j’ai fait par retour de courrier.

Je n’ai pas reçu non plus le remboursement demandé. Par contre, je suis toujours sollicité par la Croix Rouge, alors que j’ai demandé à être rayé de vos listes. Dès lors, je m’étonne de votre empressement à sanctionner un journal.

Merci de faire diligence pour tout ça .

> LA CROIX-ROUGE SOUS UNE ROBE NOIRE
| 8 décembre 2004 |
Courage ! Les rouges vaincront mais la croix sera écrasée à grands coups de faucille et de marteau ! > LA CROIX-ROUGE SOUS UNE ROBE NOIRE
pasblond | 6 décembre 2004 |
Ne soyez pas déçu de votre reflet dans les propos de votre avocat Nicolo, pour avoir eu affaire un peu à la justice, il n’est nulle part question de vérité, mais bien de fric et de spectacle, qu’il leur en mette plein la vue et les travaille au sentiment… Non seulement vous n’avez rien à craindre comme le dit Nietzsche, ce sont les puissants qui ont à perdre, non seulement vous pouvez recommencer sous un autre nom ou autre structure juridique… Courage, l’existence de CQFD ne se limite pas à quelques pages noircies, c’est votre travail, votre corps, votre volonté face à l’adversité des évènements qui fondent votre différence, vos perceptions, votre écriture… Nous avons bien l’intention de continuer à vous lire ! > LA CROIX-ROUGE SOUS UNE ROBE NOIRE
Ariel | 3 décembre 2004 |
CQFD un tract plein de dessins qui loupent le coche ? Qui a prononcé le réquisitoire le plus méchant votre bavard ou la proc ? > LA CROIX-ROUGE SOUS UNE ROBE NOIRE
Stéphanie Dupuy | 1er décembre 2004 |
Je trouve que CQFD est vraiment mais vraiment un bon journal. Si rare. J’encense. Mais c’est tellement le désert dans la presse… je ne veux pas qu’il disparaisse. Vous n’avez pas le droit de vous arreter. Chaque fois que je dois offrir un cadeau, j’offre un abonnement à CQFD. Hélas j’ai peu d’amis… et peu d’argent. Depuis que je lis CQFD, je suis sure que je suis moins conne ! Message d’espoir : en tant que bordelaise donc un peu niaise, et toujours en retard d’un tramway, vu ce que Juppé a pris, vous devriez etre condamné à 1 euro d’amende et 1 an d’inéligibilité, mais vu que vous ne votez pas, vous vous en foutez. . > LA CROIX-ROUGE SOUS UNE ROBE NOIRE
| 26 novembre 2004 |

Malgré les points positifs de ce jugement, continuons de soutenir CQFD dans sa survie, car le risque de ne pas paraître ne se limite pas au contenu du verdict, qui n’est d’ailleurs pas encore rendu…

Tenez bons, votre travail est intéressant et attractif.

Chapeau d’ailleurs pour le nouveau numéro, très complet à mon sens. Nobel

> LA CROIX-ROUGE SOUS UNE ROBE NOIRE
GoG | 22 novembre 2004 |

Tenez bon

Comme j’ai un abonnement en cours à CQFD, je ne veux pas perdre de l’argent.

Si vous êtes condamné, CQFD disparaît.

Qui va me rembourser les numéros pas reçus : le si doux et bon Président de la Croix-Rouge ? J’en doute.

@ bientôt

 

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