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CQFD N°018


FAUX-AMIS

LA CGT

Mis à jour le :15 décembre 2004. Auteur : Le bouledogue rouge.


Après plusieurs mois de « débats » médiatiques à tir tendu concluant à l’impérieuse nécessité du « oui », tous les syndicats de France ont affiché leur choix : « oui » pour les syndicalistes raffarinés de la CFDT, « oui » pour les cadres polis sur cravate de la CFTC, « non » pour les empêcheurs d’opiner en rond de SUD… Tous, sauf la CGT. À propos d’un texte qui prétend soumettre l’Europe à la loi éternelle de la concurrence et du libre marché (inscrite dans le titre III du traité giscardien), ce n’est pas sans une réelle compassion que l’on a vu le premier syndicat des travailleurs de France hausser les épaules, se gratter la tête et bafouiller dans le micro : sans opinion. « Nous voulons privilégier la phase d’information de nos adhérents avant de prendre précisément position », éludait en octobre son secrétaire général Bernard Thibault, qui promet une réponse tranchée pour « courant 2005 ». La veille ou le lendemain du référendum ? Consulter la base étant un principe d’importation récente à la CGT, on conçoit que sa mise en œuvre prenne du temps. Faut rédiger les formulaires, les imprimer, les envoyer… « Moi ils m’ont toujours pas consulté » rouspétait en décembre un cégétiste de Marseille. « D’ailleurs c’est inutile : là-haut ils se doutent bien qu’on est tous contre. » C’est tout le problème des militants : ils n’y connaissent rien en stratégie au long cours. Depuis un an, la CGT siège à la direction de la puissante Confédération européenne des syndicats (CES), qui prône avec ferveur le « dialogue social », entendez : un syndicalisme d’accompagnement où chacun se tient bien à table. Aussi la CES fait-elle un triomphe à la Constitution européenne, qui « apportera des avantages très réels aux travailleurs et aux citoyens de l’Union Européenne toute entière », comme chante son secrétaire général, John Monks. Bien sûr, la CGT reste libre d’exprimer une opinion autonome. Mais si elle dit « non » trop fort, elle peut dire adieu à ses nouveaux amis et aux fonds communautaires qui vont avec. Cruel dilemme.

En fait, la stratégie de la CGT est limpide : laisser la CFDT devenir un appendice-croupion du Medef et se substituer à elle dans le rôle du « partenaire social » ventru et responsable. D’où le frein tiré par Thibault lors du conflit sur les retraites au printemps 2003. D’où aussi l’accord sur la « prévention des conflits » signé en novembre dernier avec la direction de la SNCF, faisant passer le préavis de grève de cinq jour à trois semaines. Un texte salué comme « historique et prometteur » par le camarade ministre Gilles de Robien, qui espère bien que la CGT saura « prévenir les conflits » liés à l’implacable processus de privatisation du rail (multiplication de filiales marchandes, personnels au rabais, guichetiers reconvertis en commerciaux, etc…). Autre signe de la pente graisseuse suivie à Montreuil : la participation des gros bonnets confédéraux à toutes sortes de bandes organisées. Ainsi de la commission Camdessus, du nom de l’ex-patron du FMI, dont le rapport préconisant un CDD de cinq ans et l’enrôlement obligatoire des chômeurs a reçu la signature de Christian Larose, le secrétaire général de la fédération CGT du textile. Camdessus s’est abondamment servi de cet alibi pour marteler que ses « propositions de bon sens » sont « aussi bien de gauche que de droite »… Pourtant, c’est bel et bien la CGT qui dans bien des boîtes fournit les derniers remparts à la toute-puissance patronale. On s’en voudrait de désespérer les gravats de Billancourt. Mais puisqu’il paraît que l’heure est à la démocratie interne, les gars de Carrefour, Daewoo, Moulinex ou Danone ont intérêt à sauver la baraque avant qu’elle soit bradée aux promoteurs.

Publié dans CQFD n°18, décembre 2004.






>Réagir<

> LA CGT
| 26 janvier 2006 |

CQFD c’est que la majorité de la CGT a appelé à voter NON, Thibault ou pas.

CQFD c’est que Le Digou en disant ce qu’il a dit sur les actions d’EDF a parlé pour Le Digou, il n’a cassé le bras à personne qui voulait devenir « actionnaire » d’EDF.

CQFD c’est que Le Digou et Thibault peuvent dire ce qu’ils veulent mais feront ce que les militants de la CGT leur diront de faire ou pas, qu’ils signeront ce que les militants de le CGT leur diront de signer ou pas.

CQFD c’est donné comme tAche de salir le seul syndicat qui arrive à mobiliser encore un peu en France.

MOBILISER c’est une action difficile, une tâche ardue, il est plus facile de DÉMOBILISER…

> LA CGT
Luddo | 7 février 2005 |

Bonne analyse, la réactualisation est nécessaire. L base a parlé (ou du moins les cadres intermédiaires), et la réponse est sans appel : ce sera non au TCE ! Le Duigou évoque un retour en arrière de 15 ans. Plus que 85 ans et on revient à la Charte d’Amiens…

On peut aussi penser que la direction va en profiter pour faire le ménage parmi tous les supposés gauchistes. Dommage, pour une fois qu’une consultation démocratique débouchait sur quelque chose de correct.

> LA CGT
gérard bigeard ( délégué CGT secteur assurances) | 28 janvier 2005 |

tout a fait d’accord avec votre analyse, la CGT est en passe de faire son recentrage. Les grandes opération viennent de commencer dans le secteur financier la CFDT banques rjoint la CGT pour un syndicalisme rassemblé. Il ont maintenant un site qui informe de ce nouveau montage syndical, qui se donne une apparence « gauche ». Cependant la repression accompagne se mouvement ( Générali, MMa, AIG europe….). Le schisme n’est pas loin.

Si vous voulez plus d’infos, me le demander

> LA CGT
bourguignon | 3 janvier 2005 |
La Conf’ Force Ouvrière ne s’est pas encore prononcé officiellement. Mais à la « base » ce serait plutôt NON à la « constitutioneuropéenne ». Paradoxalement certains syndiqués fonctionnaires serait plutôt pour. Etonnant, non !!! > LA CGT
Alain | 22 décembre 2004 |

Assez d’accord avec le constat sur les sinuosités de ce syndicalisme qui n’en finit pas de reculer en ordre dispersé. Une rectification :FO est contre la constitution européenne, je crois bien.

Longue vie à CQFD PS : Gentilini s’est barré, peut-être le responsable (mais pas coupable…) Mattei laissera tomber le procés…

 

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