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CQFD N°018


HÉTÉROS FACHOS ?

L’HOMOPHOBIE, UNE PRIORITÉ ?

Mis à jour le :15 décembre 2004. Auteur : Claude et Dominique.


Un ami anar nous faisait remarquer récemment : «  Oui bon d’accord, l’homosexualité, bien sûr, il faut s’en occuper, mais, quand même, c’est pas l’essentiel, c’est moins important que les inégalités économiques  ». Moins important pour qui ? Apparemment pas pour un grand nombre d’électeurs américains des classes dites populaires qui ont voté pour Bush, lequel mettra en œuvre une politique économique qui leur sera très défavorable, mais qui défendra des valeurs « morales » comme l’interdiction du mariage aux homos. En France, les débats sur l’Europe font moins recette que ceux qui sont liés à l’homosexualité. Un référendum sur l’homoparentalité recueillerait sans doute plus de participation que celui sur l’adhésion à une convention ou un traité européen. Bush l’a bien compris : on gouverne par la peur (en politique, pas question de parler de plaisir) ; peur du terrorisme, peur de la décadence, peur de la fin de la civilisation si les deux femmes ou deux hommes signent un papier de vie commune… L’homosexualité continue d’agir comme un efficace épouvantail… et notamment sur les classes dites moyennes ou populaires. En France, on fait semblant de s’étonner de la violence des lettres reçues par Noël Mamère suite au mariage de Bègles… Du côté de nos intellectuels patentés, on nous sert soit le discours de l’homophobie libérale (type Figaro), qui estime que les homos sont tolérables à condition qu’ils ne revendiquent rien, soit le discours de la branchitude (type Libé), dont parlait Pascal Renaux dans cette même rubrique le mois dernier, qui considère les gays comme cool et les homophobes comme des ploucs ou des délinquants.

Or l’homophobie viscérale, qui cristallise les inquiétudes, qui crispe les identités, qui engendre la virulence et la violence, qui passe parfois avant l’économique et le social dans l’ordre des priorités individuelles, dans nos cités pourries ou dans nos quartiers résidentiels, est bien le résultat de la société sexiste et ségrégative telle que nous la construisons. On produit ainsi des catégories cloisonnées et stigmatisées pour leur sexe, leur genre, leur orientation sexuelle, et des catégories cloisonnées et stigmatisées pour leur homophobie primaire. Une loi répressive contre l’homophobie n’y changera rien. Mais pour aller discuter de sexes et de sexualités avec les « ploucs » et les « délinquants », ce n’est, bien sûr, jamais la priorité. «  Il y a plus important  », disait notre ami anar…

Publié dans le n°18 de CQFD, décembre 2004.






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