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CQFD N°018


À BOIRE & À MANGER

MON BOUCHER EST UN ARTISTE

Mis à jour le :15 décembre 2004. Auteur : XXL.


« C’est mon pays. Et il est malade. Aussi longtemps que je resterai aux États-Unis, je ne serai jamais à court d’inspiration pour mes chansons.  » L’auteur de cette phrase, Jello Biafra, non content d’être l’un des personnages central de l’histoire du rock de ces dernières années, porte haut l’étendard de la contestation américaine, en toutes circonstances, et avec une abnégation qui force le respect. Né en 1959, le jeune Eric Boucher est très fortement marqué, dans les années 70, par la guerre du Vietnam, puis les images des enfants du Biafra. Il change de nom, il sera Jello Biafra. Un concert des Ramones plus tard, devant une assistance de yuppies terrorisés, il est convaincu. Il largue les études pour le rock, et fonde les Dead Kennedys, un des groupes qui va révolutionner la scène punk de la côte ouest des États-Unis. Leur premier single, en 1979, sort déjà sur leur propre label, Alternative Tentacles. La même année, Biafra se présente à la mairie de San Francisco, il terminera quatrième, sur dix candidats, avec 3,5 % des voix. Suivra une pleine main d’albums impeccables, émaillés par un procès retentissant pour, pêle-mêle, la pochette (jugée pornographique) et les paroles (hargneuses) de l’album Frankenchrist. Procès gagné par les Dead Kennedys, mais qui vaudra au disque d’être retiré de la vente de nombreux magasins, sans doute à la grande joie de Tipper, la femme du loser démocrate Al Gore, à laquelle Biafra s’était opposé alors qu’elle entreprenait une grande croisade christiano-imbécile contre la « musique déviante » (les culs serrés ne viennent pas toujours de là où on les attend)… Petit à petit, le label grandit, avec de nombreuses signatures, et c’est le crash, les Dead Kennedys se séparent. Levi’s veut illustrer une publicité avec une de leurs chansons, Jello refuse, au grand dam de tous les autres. Procès encore, tous contre un, pour récupérer les droits, pain bénit pour la justice américaine qui veut se payer du Jello depuis longtemps. Ses ex-compagnons gagnent, se dépêchent de ressortir tous les albums sur un autre label, montent une tournée pathétique labellisée Dead Kennedys (Jello est sur les affiches, évidemment pas sur la scène). Entre-temps, ce dernier commence à enregistrer des « spoken words », ses propres discours, mordants et cyniques, ceux des autres (Arundathi Roy, Noam Chomsky…), tout aussi engagés. Certains (Die for oil, sucker , « meurs pour le pétrole, connard ») entrant directement, à la surprise générale, dans les meilleures ventes du label. À noter le récent retour, parfaitement réussi, de Jello Biafra dans la musique, toute hargne dehors, voix nasillarde reconnaissable entre mille, accompagné par les formidables Melvins. Oreilles sensibles s’abstenir…

> Jello Biafra & the melvins, nouvel album Never breathe what you can see .
> www.alternativetentacles.com, le label de Jello Biafra, des disques à acheter, une sélection (énorme) de chansons complètes à télécharger en mp3, biographies des artistes du label… Une mine.
> www.cbftw.blogspot.com, le blog d’un soldat américain en Irak, dorénavant interdit par l’armée US, soutenu par Biafra. Les textes écrits avant l’interdiction sont toujours disponibles (en anglais).
> Suggestion ? Mot de haine ? Mot d’amour ? xxl@cequilfautdetruire.org

Publié dans le n°18 de CQFD, décembre 2004.






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MON BOUCHER EST UN ARTISTE
ledrom | 29 mars 2009 | JELLO BIAFRA
Bravo à Georges pour son billet sur MON BOUCHER EST UN ARTISTE, enfin des remarques intelligentes et pertinantes sur JELLO BIAFRA, qui il est vrai, reste un acteur majeur de la scène punk hardcore US, source d’inspiration pour toute une génération. Ecoutez les DK’s période Jello et faites vous votre propre opinion ! L’idolatrie : c’est pas mon truc, DIY !! MON BOUCHER EST UN ARTISTE
| 7 juin 2006 |

Bonjour,

La chronique est intéressante, mais, sans offense, manque d’une chronologie précise. En effet, le procès Biafra/Kennedys a commencé vers 1998 et s’est terminé il y a peu, mais Biafra avait commencé ses spoken words bien avant ! Ses premiers pas dans ce domaine se situe après le split du groupe, en 86. Le spoken word « die for oil, sucker », par exemple, évoque la première guerre du golfe (et le premier G.bush, lol), pas la récente. A part ça, il a également chanté avec Mojo Dixon, Lard (membres de Ministry), et d’autres. Quelques videos de lui sur Youtube.com si ça vous intéresse. Notamment une avec La Mano Negra en concert au Brésil.

> MON BOUCHER EST UN ARTISTE
Georges | 30 mars 2005 |
J’ai suivi Jello Biafra et ses DKs depuis 1983. C’est un des plus importants -voire le plus important- groupe de Rock des fin 70 début 80. Important même pour ceux qui n’ont jamais entendu un titre, car presque forcément, ceux qu’ils écoutent ont été influencés. Bien sûr je parle de Rock, le vrai, musical et contestataire. Pas la soupe soi-disant Rock que l’on nous sert sur les radios. Je respecte vraiment la vision JB de ce que doit être un groupe de Rock, c-a-d la forme d’intégrité vis à vis du business. Car si l’on se laisse prendre par le fric, on peut vendre beaucoup de disques et ramasser plein de pognon, mais la sincérité est écornée, voir oubliée. JB s’est battu contre ses anciens potes à cause de ça. Je n’en veux pas aux mecs de ma génération, ni aux autres d’ailleurs, de ne même pas connaître les DKs. Ce qui me fait vraiment chier, ce sont ces simili-critiques Rock de toutes confessions, qui tous les ans nous parlent de groupes ou chanteurs que l’on connait à fond, mais qui oublient de parler d’un groupe hyper important comme celui-là. Enfin, depuis longtemps maintenant, j’ai pris le parti d’en profiter tout seul et tant pis pour les autres.
 

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