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CQFD N°018


TOUT DOIT DISPARAÎTRE

LE POISSON POURRIT PAR LA TÊTE

Mis à jour le :15 décembre 2004. Auteur : Arthur.


Des cyclones jamais vus ravagent les Philippines, les baleines s’échouent en grand nombre sur les côtes bretonnes et des dauphins en Australie, les Américains construisent « une autoroute de glace » sur la banquise du pôle, les glaciers de l’Arctique fondent pour la plus grande joie des armateurs qui n’auront plus à passer par le canal de Panama, le massacre des baleines reprend sous la pression du Japon, le sud de la France voit arriver des papillons africains et, pour finir cette liste non exhaustive de la destruction de la Terre, on apprend que la pêche intensive détruit les grands fonds océaniques : 70 % des chalutiers ravageant les coraux appartiennent à l’Union européenne qui s’oppose à tout moratoire ! Chaque jour apporte la preuve que l’homme en tant qu’espèce se suicide consciemment. La responsable en est l’illusion techno-scientiste d’un monde débarrassé des contingences écologiques par le progrès technique. Et ce n’est que le début de la fin : un milliard de Chinois se ruent sur les dernières ressources minières et pétrolières en espérant rattraper le « niveau de vie » des Américains, dont 40 % d’obèses décérébrés arrivent à peine à monter un escalier et crèvent sans leur climatisation.

Comment l’homo sapiens en est-il arrivé là, à chier dans sa niche, ce que même Rantanplan a l’instinct de refuser ? Des visionnaires comme Jacques Ellul, Bernard Chabonneau et Pierre Fournier avaient décrypté les mécanismes de ce suicide collectif dans leurs bouquins ou leurs journaux, comme La Gueule Ouverte (72-80). On ignorait que Guy Debord, le pape des situs, était arrivé à la même conclusion. Mais vient de sortir chez Gallimard un texte inédit de Debord, « La planète malade », datant de 1971 et dont voici un extrait : «  L’époque qui a tous les moyens techniques d’altérer absolument les conditions de vie sur toute la Terre est également l’époque qui, par le même développement technique et séparé, dispose de tous les moyens de contrôle et de prévision mathématiquement indubitable pour mesurer exactement par avance où mène – et vers quelle date – la croissance automatique des forces productives aliénées de la société de classes : c’est-à-dire pour mesurer la dégradation rapide des conditions mêmes de la survie, au sens le plus général et le plus trivial du terme. »

Debord écolo ? C’est logique : l’accumulation des marchandises produites par le travail aliéné ne peut conduire qu’à l’extinction des feux. La lutte des classes est terminée, faute de combattants valides. Un enfant de cinq ans comprendrait que les 4x4 diesel finiront par obstruer complètement les rues de Paris, au grand dam de leurs conducteurs, qui ne pourront plus se garer en double file devant Fauchon. Car le problème est là. On connaît les responsables. Prenons par exemple les laboureurs des grands fonds marins évoqués ci-dessus : les pêcheurs ramènent des crustacés et des poissons rares comme « l’hoplostète orange, le grenadier de roche, le sabre noir et le sébaste, généralement des mets des choix qui ne servent pas à nourrir des millions de personnes qui en auraient besoin mais alimentent simplement un marché de luxe très étroit ». (Libération, 01/12) C’est tout le paradoxe : les maîtres de la société, décideurs, boursiers, politiques, qui survivent sur la même planète que leurs victimes, ne pourront pas échapper aux conséquences de leurs appétits débiles. Le poisson pourrit par la tête, les sociétés aussi. Nous sommes aujourd’hui dirigés par des sexa-septuagénaires qui vont passer sous peu l’arme à gauche en laissant un cloaque à leurs enfants. Ils s’intéressent à des polémiques absurdes, du genre Sarkozy/Chirac ou Hollande/Fabius ou Mamère/Voynet, sans être le moins du monde concernés par les enjeux à venir. Voilà la conclusion débilitante : nous sommes conduits au gouffre par des crétins en représentation qui ne pensent qu’à être au premier rang de la société du spectacle.

Publié dans le n°18 de CQFD, décembre 2004.






>Réagir<

Le poisson pourit par la tête, mais l’eau stagne avant.
Carlito | 4 février 2007 |
J’ai juste une petite remarque à faire. Ce n’est pas le fait de pêcher de l’esturgeon et d’en manger les oeufs qui détruit l’écosystème. Vous présentez celà comme une audieuse machination des puissants de ce monde, mais si vous regardez les chiffres, la Chine et l’Inde qui seront les puissances de demain produisent et produiront beaucoup plus de Co2 que nous. Autrement dit, les pollueurs de demain ne seront pas les riches de maintenant mais les pauvres d’hier. De plus, même les Etats-Unis semble se réveiller. George(s) Bush face à la pression de son gouvernement, s’est engagé à diminuer la polution, je n’ai pas les chiffres exact en tête. > LE POISSON POURRIT PAR LA TÊTE
| 24 décembre 2004 |
Ton article m’a emballé, je l’ai tapé et envoyé à quelques amis… Si cela t’intéresse, je peux te l’envoyer pour le mettre sur le site. salut alain
 

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