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CQFD N°018


LA CHANCE AUX CHANSONS

BROCANTE, CONTRETEMPS ET BRAQUEURS

Mis à jour le :15 décembre 2004. Auteur : H. V. Boumtchakata et Pierre Etbunk, Mystic Punk Pinguin.


Assis au comptoir du bar ou sur une table, jouant de l’accordéon, de la trompette ou d’un piano pour enfants, Scott Taylor chante comme Shane McGowan chantant comme Stan Laurel. C’est dire si ce type est à peine croyable. Originaire des États-Unis mais grand voyageur, il a fait étape à Marseille avant de repartir vers d’autres horizons, que l’on espère aussi joyeusement tordus que sa musique, s’ils existent. Un temps membre des Têtes Raides et des Barking Dogs (folk-punk), complice intermittent du groupe de David Lafore, cet adepte de la brocante musicale, trompettiste jazz de formation, a un talent si gros qu’il en met partout. Ses concerts et même ses albums sont des bricolages : ainsi de son dernier-né, Biscotte, dont chaque exemplaire est un « collector » offrant un assemblage unique de collages foutraques. Pour commander ses merveilles autoproduites : Scott Taylor, 24, rue du Colonel-Driant, 54220 Malzéville.


C’était l’époque où le reggae ne flageolait pas des genoux devant Jah mais portait haut le verbe de la blaxploitation : l’époque du producteur génial et grand mélodiste Derek Harriott, l’époque des guitares suantes de Scotty et des pistes surchauffées par Keith & Tex, quand Earl Sixteen chantait « Malcolm X » et que Dillinger prenait les « Rockers » à contretemps. Rien que du bon et du jouissif, disponible sur les deux compilations du label Makasound (www.makasounds.com). Enquiller sur l’admirable « live à Paris » de l’ami Linton Kwesi Johnson, qui tourne en boucle pendant les bouclages de CQFD…


Lorsqu’une bande de copains monte un groupe, elle se heurte rapidement au problème du nom à lui donner. De l’enseigne dépendra en partie le succès auprès des potes, des grands-parents et du patron de bistrot du quartier. C’est donc un exercice délicat aux conséquences décisives, où plusieurs écoles s’affrontent. Certains affectionnent les appellations provocatrices, comme les punks franciliens Les vieilles salopes ; d’autres préfèreront les jeux de mots finement recherchés comme les Lyonnais de Bush dégoût ; d’autres encore, les plus engagés, opteront pour une référence historique aux luttes passées, tels Zabriskie Point ou Brigada Flores Magón. Parmi ces derniers, il faut désormais compter Les travailleurs de la nuit, jeune formation née en 2002, qui a sorti en juin dernier un premier album prometteur, Les travailleurs de la nuit sortent de l’ombre . Pour ceux qui n’auraient pas capté du premier coup l’allusion, un petit tour par la piste 2 s’impose : les paroles de cette sympathique chanson rendent hommage à la bande de cambrioleurs anarchistes menée au tout début du XXe siècle par Alexandre Marius Jacob et spécialisée dans le détroussage des riches. Les autres titres parlent de précarité, de racisme d’État, de luttes anti-carcérales ou de la Commune de Paris. La musique louvoie entre ska et rock, avec une section cuivre chaleureuse et un chant garanti 100 % paritaire. Onze titres en tout, sur un CD à ne pas payer plus de 10 euros (c’est marqué dessus) ou il en cuira au commerçant, et distribué par le label anarcho-punk Maloka (BP 536, 21014 Dijon, http://maloka.distro.free.fr).

Publié dans le n°18 de CQFD, décembre 2004.






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