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CQFD N°019


COURRIER DES LECTEURS

CARTE POSTALE DE THAÏLANDE

Mis à jour le :15 janvier 2005. .


Nous étions sur l’île de Koh Payam au sud-est de la Thaïlande quand a eu lieu le tremblement de terre. Koh Payam est une île de 35 km2 où il n’y a qu’une route en ciment. Ses habitants vivent principalement de la pêche, de la culture de cajous et de cocos et, depuis peu, du commerce lié au tourisme. Nous avons mangé de la vague à foison, mais la configuration de l’île (montagnes, baies, pas de grandes plages) et la bonne étoile ont évité carnages et gros dégâts comme à Phuket, plus au sud. Les îliens, très solidaires, ont mis l’école à disposition des sans-abri. Les gens leur préparent et apportent des repas. Dès le lendemain du tsunami, l’armée thaï a affrété une frégate et réquisitionné des bateaux de pêche pour évacuer les quelque deux cents touristes, et les autres ont vidé les lieux en trois jours. La télévision est relativement peu présente, hormis chez les riches et dans les bars-restos, tenus pour la plupart par des occidentaux. Internet a fait son apparition sous la forme de cyber-machins à la location/minute exorbitante. Se parler autour d’un thé ou d’un viski permet de se raconter et de prendre des nouvelles.

Les bulletins d’info de CNN-Asie nous ont fait prendre conscience de l’ampleur du cauchemar mais surtout, une fois encore, de la surenchère des marchands d’images et du cynisme de leurs crapules de sbires de journalistes. Leur pseudo pitié était de bon ton dans le spectacle proposé. Chaque flash se concluait par un compte-rendu de l’évolution des principales cotes boursières amies, le pétrole indonésien en particulier. Il ne reste plus aux habitants qu’ à nettoyer les immondices charriées par les eaux, aux pêcheurs à remonter dans leurs barques et aux paysans à préparer les futures récoltes. En tout cas, les voix ici sont toujours aussi douces, les gestes économes et précis. Le regard des blancs est hagard (que peut-on faire maintenant qu’il n’y a plus de plage ?) Moins que jamais l’information est la connaissance, plus que jamais il faut avoir la dignité d’éteindre sa télé.

Sidi Gaston, Koh Payam

Publié dans CQFD n°19, janvier 2005.






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