Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°007
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°007


La vie de bureau chez Mermet

T’en baves là-bas si j’y suis

Mis à jour le :15 décembre 2003. Auteur : La Rédaction.

L’émission « Là-bas si j’y suis », sur France-Inter, est un bol d’oxygène pour des milliers d’auditeurs en quête d’information non lyophilisée. A tel point que son animateur, Daniel Mermet, est devenu une icône pour une grande partie la gauche critique. Mais c’est aussi un taulier redoutable et redouté qui maltraite ses secrétaires et exploite ses pigistes. Embarrassant.

Il y a des choses qu’on n’a pas envie de savoir. Des choses pas belles dont on voudrait laisser le monopole aux patrons fouettards, aux cheffaillons du marché, à tous les potentats tordus auxquels Daniel Mermet, de sa bonne voix chaude, s’attaque chaque après-midi sur France Inter. Oui, on aimerait mieux ignorer que Mermet, lui aussi, se comporte en négrier. Pour ne pas désespérer Billancourt, déjà pas très en forme. Pour, surtout, conserver une chance de se voir un jour invité à la belle antenne de « Là-bas si j’y suis », quasiment la seule émission nationale accessible aux dissidents, aux réfractaires, aux critiques des médias, aux acteurs du mouvement social, aux journaux et éditeurs indépendants. Mermet, la voix des sans-voix, détient sur la contestation un monopole qui le protège des contestataires.

Mais voilà, y a plus moyen d’y échapper. Dans un témoignage qui circule depuis novembre, une collaboratrice de l’émission, évincée après trois années de corvées fastidieuses, raconte l’envers de l’idylle. Le texte est long. Voici le début : « Le lundi 6 octobre 2003 dans la matinée, j’ai avalé des médicaments à mon bureau de France Inter et depuis, je suis en arrêt maladie. Pourquoi ? Parce que je suis victime depuis de longs mois, en fait depuis des années, de harcèlement moral de la part de Daniel Mermet, dont je suis l’assistante. » Déjà, on en entend qui s’écrient : règlement de comptes personnel ! Qu’est-ce qui prouve que ce n’est pas de la calomnie ? A CQFD, certains d’entre nous connaissent la signataire de ce récit, Joëlle Levert. Ce n’est pas une complice du journal, nous n’avons rien à gagner à lui faire plaisir, mais nous savons que ce qu’elle dit est vrai. Nous le savons pour en avoir été les témoins directs à certains moments, et parce que d’autres anciens collaborateurs de Mermet nous ont fait part des mêmes griefs. S’ils ne les ont jamais exprimés publiquement, c’est par crainte de se griller encore plus, de ne pas retrouver de boulot, d’être soupçonné de traîtrise à la cause. La solitude du harcelé est plus grande quand le harceleur incarne la quintessence du bien. Joëlle le précise elle-même : « A ma seule connaissance, au moins une dizaine de collaboratrices de l’émission - attachées de production, comme moi, assistantes de réalisation ou reporters - ont eu à subir les vexations et brimades de Daniel Mermet [ ] Faut-il parler de R. B., plongée dans la dépression, et qui pleurait chaque soir ou presque au cours des derniers mois de sa participation à l’émission ? De C. L., qui vomissait souvent en rentrant de la cantine, à force de stress et de pressions ? De V. B., enceinte, qui laissa tomber parce qu’elle craignait pour sa santé ? De C. L., de S. C., de M. B., et de bien d’autres ? ».

Sans compter les pigistes floués qui découvrent les vertus du travail gratuit et du respect zéro. Mermet, en effet, ne consent à rémunérer un reportage qu’après sa diffusion. Or, comme il ne prend pas toujours le temps d’écouter les bandes qu’il a lui-même commandées, ou qu’il les juge pas bonnes, ou qu’il a changé d’idée entretemps, elles risquent de finir à la trappe sans rapporter un centime à son auteur. Pas mal, pour quelqu’un qui combat avec ardeur l’exploitation. « Le maître-mot, au coeur des crises rituelles et récurrentes, c’est « sabotage », poursuit Joëlle. Régulièrement, les membres de l’équipe sont qualifiés d’« invertébrés », indignes de travailler pour l’émission. [ ] Dès que quelque chose ne tourne pas rond, dès qu’une cassette manque quelque part, ou un micro, jusqu’au moindre détail, c’est la faute de l’assistante. » Exemple d’amabilité lancée par l’interviewer du sous-commandant Marcos à sa subordonnée, qui bossait dix à onze heures par jour, parfois sans déjeuner : « Tu vois ce que c’est, rien ? Toi, t’es moins que rien. »

Les humiliations récoltées par Joëlle Levert, trop nombreuses pour se résumer ici, convergent toutes vers la même conclusion, amère, désanchantante : la voix de la critique des dominants s’épanouit dans la domination. Enoncer ce fait, c’est peut-être offrir à la direction de France Inter, qui n’attend que ça, un prétexte pour virer une émission qui la défrise. Le dandy poudré Jean-Luc Hees en rêve de jour comme de nuit. Mais fermer sa gueule, c’est approuver l’impunité, c’est encourager la récidive. Si Mermet peut s’adonner librement et depuis si longtemps à la perversion - largement répandue, il est vrai - qui consiste à reproduire au bureau ce que l’on fustige en public, c’est justement parce qu’il y a des gens qui l’ont laissé faire. Il y a les victimes qui tendent le bâton pour se faire battre en croyant que, comme ça, ça fera moins mal : à peu de choses près, elles sont des millions dans le même cas. Mais il y a surtout les autres, les prestigieux, les porte-paroles reconnus, les amis de Mermet, les invités à répétition qui savent ce qui se passe et n’ont jamais moufté. On parle d’une communauté d’intérêts qui justifie le silence par toutes sortes de bonnes raisons, qui toutes conduisent à une seule, très mauvaise : on ne dit pas de mal de celui qui nous ouvre le micro. Bizarre. C’est pourtant tellement plus marrant de s’organiser autrement, sans se coltiner les schizos, et avec les vrais collègues…

La rédaction de CQFD

Publié dans le n°7 de CQFD, décembre 2003.

A noter que la courageuse démarche de Joëlle Levert a aussi été relayée par le site d’Indymédia-Nantes et celui de l’Acrimed.

Daniel Mermet a répondu à la lettre de Joëlle Levert, à lire ici






>Réagir<

ghd straighteners and hair dryer set
| 22 février 2013 |

http://administrativosdelasalud.com/foro/viewtopic.php ?f=2&t=196385
http://www.enterprise.ubpoc.go.th/webboard/viewtopic.php ?f=2&t=426581
http://forum.airsoftvarberg.se/viewtopic.php ?f=3&t=96955
http://roadkillrally.co.uk/forum/viewtopic.php ?p=195438#195438
http://dklink.ru/forum/viewtopic.php ?f=3&t=147686

test70988785643
sac louis vuitton
| 20 février 2013 |

http://vendo.su/forum/index.php ?id=1011100&page=1019#m10182
http://macokozlik.kx.cz/forum/viewtopic.php ?f=3&t=136
http://freetech-mould.com/freeshare/viewtopic.php ?f=27&t=451640
http://administrativosdelasalud.com/foro/viewtopic.php ?f=2&t=182436
http://www.doktorjo.at/forum/viewtopic.php ?f=7&t=679618
http://www.doktorjo.at/forum/viewtopic.php ?f=7&t=679165
http://administrativosdelasalud.com/foro/viewtopic.php ?f=2&t=182163
http://forum.londoner25.net/viewtopic.php ?f=10&t=613563
http://administrativosdelasalud.com/foro/viewtopic.php ?f=2&t=181312
http://jesosymamonjy.net/forum/viewtopic.php ?f=2&t=86732

test7098854222
T’en baves là-bas si j’y suis
nikonekro | 29 juin 2009 |

Maiiiis Mermet…on sait où s’arrête la liberté d’expression avec lui…et elle s’arrête à : la franc-maçonnerie, le groupe de Bilderberg….à tous ceux qui tiennent le monde par les couilles, et qu’il est impératif d’éradiquer !

Les vraies questions…Mermet les posent rarement…

T’en baves là-bas si j’y suis
BdK | 9 octobre 2007 |

Le chien rouge est à classer dans quelle catégorie ? Celle des Pittbull ?

Etes vous si génés de ses idées généreuses que vous participez à vouloir le dégommer ?

Si tu veux tuer ton chien , accuses le d’avoir la rage …

T’en baves là-bas si j’y suis
| 4 juin 2007 |
je suis tout simplement effaré par la face cachée de la lune que je découvre à travers les divers témoignages des collègues de travail de Daniel Mermet. Effectivement « là bas » constitue pour moi aussi un ballon d’oxygène, un bastion de resistance, un espoir de la sauvegarde de la démocratie, bref un lieu qui ne permet pas ce que je viens de lire à travers les écrits des trois collègues de Mermet. Le droit de réponse des DM est bien ficelé mais les témoignages des trois protagonistes aussi. Nous devons donc nous faire une opinion avec tout ça. Pas facile !!! Ceci dit la brèche est ouverte pour moi. Je n’écouterai plus « la bàs » avec cette naïveté d’ado du haut de mes 46 ans. J’écouterai simplement ! Petit rêve qui s’écroule !!! > T’en baves là-bas si j’y suis
| 25 septembre 2004 |

La précarité selon Mermet

La valse des collaborateurs continue dans l’équipe de Daniel Mermet. Il y a quelques mois, c’était son assistante, Joëlle Levert, la énième d’une longue série de collaborateurs épuisés, psychologiquement à bout, qui était débarquée.

Aujourd’hui, c’est au tour de Claire Hauter et Thierry Scharf, deux reporters permanents de l’émission, d’être sanctionnés pour cause de « fonctionnarisation » et « manque de rendement » (ou bien pour avoir soutenu Joëlle Levert ?)

Tous deux se sont vu signifier en juin dernier que leur contrat de grille ne serait pas renouvelé à la rentrée.

Pour justifier cette décision, Daniel Mermet leur a tenu un discours digne des patrons les plus brutaux : dorénavant ils seraient payés à la pige ce qui les stimulerait et les ferait travailler plus vite et plus efficacement. Selon lui, en substance, les reporters au contrat s’avachiraient, relâcheraient leurs efforts et prendraient en otage le reste de l’équipe en les démoralisant par leur manque d’ardeur à la tâche. En s’organisant mieux, ils pourraient produire davantage.

Cela n’a pas empêché le même Daniel Mermet de rediffuser à la rentrée dans son émission des reportages de ces deux « fonctionnaires », sans mentionner, bien sûr, le sort qui leur a été réservé !

Claire Hauter et Thierry Scharf ont refusé, comme le droit du travail les y autorise, ce changement de contrat imposé autoritairement alors qu’ils travaillaient depuis plusieurs années pour cette émission exigeante, sans compter leurs heures.

Le comportement de Daniel Mermet est d’autant plus inadmissible, que ce producteur connaît très bien les conséquences désastreuses de la précarité puisqu’il les dénonce, à juste titre, dans ses émissions. Mais il y a visiblement un fossé entre ses dénonciations et ses pratiques.

Pratiques qui profitent largement aux directions de France Inter et de Radio France !

Pour toutes ces raisons, mais surtout pour le respect des salariés et notre lutte sans faille contre la précarité, nous refusons le double jeu de la direction et de Daniel Mermet.

Nous refusons le licenciement de deux collègues qui ne demandent qu’à exercer leur métier !

Et pour un prochain numéro de l’émission, nous proposons un excellent thème de reportage : la précarité à « Là bas si j’y suis ».

Paris, le 22 septembre 2004.

SNRT-CGT | SNJ-CGT | CFDT | FO | CFTC Radio France | SNJ | CGC | SUD

Pour tout contact à propos des salariés de Mermet licenciés de Radio-France pour avoir refusé de casser leur contrat et de repasser en piges (après 13 ans de bons et loyaux services !) : precairesdelabas@yahoo.fr

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |