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CQFD N°019



LES COURS DE RÉCRÉATION JUMELÉES AVEC LES HÔTELS DE POLICE

Mis à jour le :15 janvier 2005. Auteur : Olivier Cyran.


La gigantesque descente de police aux portes des écoles, le 6 janvier dernier, n’aura pas eu sur l’opinion l’effet de séduction escompté. Que ce soit chez les parents d’élèves, les profs et certains flics eux-mêmes, l’opération ratissage du ministère de l’Intérieur, avec fouille au corps des élèves sous l’œilleton des caméras de télé, a déclenché un tir de barrage auquel les communicants de la place Bauvau n’étaient manifestement pas préparés. C’est toujours ça. Mais pendant que l’on s’époumone contre les excès les plus extrêmes de la parade sécuritaire – d’autant plus commodes à dénoncer qu’ils sont, en plus, rigoureusement improductifs – la tendance au flicage des bahuts scolaires se poursuit, et même se répand, loin des conférences de presse. Exemple : en septembre dernier, sur demande de la préfecture, l’inspection d’académie de Rennes envoie un avis de recherche aux directeurs des écoles. Il s’agit de retrouver Randy, un dangereux élément âgé de 6 ans. Croyant sans doute bien faire, le directeur de l’école Georges-Clémenceau, à Rennes, s’empresse de répondre présent : Randy vient de faire sa rentrée en CP. Les flics déboulent séance tenante. Randy sera collé en centre de rétention pour être expulsé avec sa mère, déboutée du droit d’asile.

En octobre, c’est à Metz que deux enfants de trois et six ans sont emmenés en rétention avec leurs parents. La police avait demandé aux enseignants de les retenir à l’école après la sortie, histoire de pouvoir les cueillir sans faire trop de grabuge (voir l’article Convocation pour un aller-simple). Même chose à Nantes, où des gendarmes ont défilé dans plusieurs établissements pour mettre la main sur un minot étranger, avec le concours de l’inspecteur d’académie. Pour Sud-Éducation, qui s’en est ému le 8 décembre dans un courrier au ministre, cette collaboration revient à utiliser « des structures et des personnels de l’Éducation Nationale dans le but d’enfermer des enfants ». Et d’ajouter : «  Les enseignants ne peuvent être des supplétifs de telles opérations policières.  » Hélas, ils peuvent très bien. Et même ils doivent. Sous l’enseigne de la « lutte contre les violences scolaires », les ministres de l’Éducation nationale et de l’Intérieur, Fillon et Villepin, ont signé le 4 octobre à Dreux un protocole d’accord prévoyant de resserrer les liens entre les préaux et les commissariats. Ce partenariat n’a pas fait scandale. Il est vrai que depuis les Contrats locaux de sécurité (CLS), mis en place à grande échelle sous Jospin, les « échanges d’information » entre éducation et police sont devenus monnaie courante. Mais contrairement à la cauchemardesque opération de com’ du 6 janvier, ça ne se voit pas trop.

ARTICLE PUBLIÉ DANS LE N°19 DE CQFD, JANVIER 2005.






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