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CQFD N°020


TOUT DOIT DISPARAÎTRE

LA FRANCE SAUVE LE MONDE

Mis à jour le :15 février 2005. Auteur : Arthur.


L’écrivain américain Michael Crichton, l’auteur de Jurassic Parc, qui est à la science ce que BHL est à la philosophie, aurait mérité d’entrer dans la rubrique du regretté Hara-Kiri intitulée « On trouve toujours plus con que soi  ». Choron et Gébé, photo-montage à l’appui, s’y payaient la fiole des bobos qui ont une maison de campagne à poutres apparentes sur le toit ou des écolos intégristes qui tuent leur chien parce qu’il persiste à porter une fourrure… même dans la maison ! Crichton est en train de faire un tabac avec un roman mettant en scène des « écoterroristes » provoquant tremblements de terre et tsunamis afin de profiter d’un pseudo-réchauffement climatique. Pour lui, le protocole de Kyoto, non signé par les états-Unis, est une œuvre de fiction, un genre de complot communisto-gauchiste visant à empêcher les firmes américaines d’achever le pillage de la planète ! Le problème de la science et de la connaissance, c’est le doute. Leur talon d’Achille, c’est le temps. Les experts qui mesurent l’effet de serre aujourd’hui et l’influence du CO 2 sur les trous d’ozone calculent les conséquences des émissions industrielles et domestiques…des années 50-60 ! Le bon temps des frigidaires, des aciéries et cimenteries, des Dauphine, des congés payés au Tréport, de Touchez pas au grisbi, des virées aux Deux Magots et des retombées des essais nucléaires dans l’atmosphère des USA, de l’URSS et de la France. L’époque aussi où l’on immergeait dans l’Atlantique les containers de déchets nucléaires des centrales graphite-gaz. C’est dire que le réchauffement planétaire et le saccage de la planète vivante sont loin d’êtres soldés. Ce sont nos petits-enfants qui en feront les frais, si le mot frais convient aux canicules qui se multiplieront et à la Camargue qui sera sous l’eau.

Heureusement, un espoir subsiste. Nous avons, nous, en France, un Président écolo ! Il a essayé les pommes, la fracture sociale, les détournements de fonds publics, les pots-de-vin : rien ne marche ! Alors il a rencontré Nicolas Hulot, l’écolo médiatique qui rentabilise ses explorations et a pris la relève de Paul-émile Victor dont les humoristes raillaient la devise : «  Huit jours au pôle Nord, deux ans à Pleyel  ». Où se sont-ils rencontrés, dans quel coktèle ? Mystère. Toujours est-il qu’ils se plurent aussitôt et que Hulot déclara : « Jacques Tati, pardon, Jacques m’a dit qu’il allait consacrer ses dernières forces à l’écologie. Il va sauver le monde !  » Depuis, les deux hommes multiplient les proclamations alarmistes, les appels urgents, les sonneries aux morts. À les croire, la France serait à l’avant-garde du combat pour la survie de l’humanité souffrante et de la diversité biologique. Et bien, il faut le reconnaître : c’est vrai ! La France est en première ligne sur le front médiatique des donneurs de leçons. Et ça s’arrête là. L’Union mondiale pour la nature (IUCN) vient de révéler la réalité, que voici exposée dans Le Point (27/01/05) : « Sur la liste rouge de l’IUCN, la France est au 4e rang mondial pour les espèces menacées… Entre 10 et 80 % de nos massifs coralliens dans les Dom-Tom sont endommagés. En métropole, la situation n’est guère plus brillante : seulement 1,2 % de la superficie est protégée par un parc national ou une réserve. Notre pays est également le premier importateur européen de bois tropical africain… Honte suprême, Bruxelles vient de rappeler qu’à l’école européenne nous sommes les cancres de la classe verte.  » Le dernier prix Nobel de la paix 2004 a été décerné à une ministre du Kenya qui lutte contre la déforestation, laquelle assèche les rivières et prive les Africains (dont le bois décore nos palais français) d’une eau vitale. Cette dame, qui s’appelle Wangari Maathaï, a pu échapper aux contrôles sévères à Roissy et participer à la conférence mondiale sur la biodiversité. Elle a expliqué dans le Monde (30/01/05) que les pauvres utilisaient le bois comme source d’énergie pour faire chauffer la gamelle et a ajouté : « En France, ce n’est pas pour survivre que vous détruisez. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi vous le faites…  » On détruit par jeu, chère madame ! Ça nous amuse !

ARTICLE PUBLIÉ DANS LE N°20 DE CQFD, FEVRIER 2005.






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