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CQFD N°021



LES RICHES SONT TOUT SEULS

Mis à jour le :15 mars 2005. .
(ET ILS ONT PEUR DE LA RUE)

Début février, alors que la joyeuse troupe des lycéens commençait à se manifester, Chirac, en partance pour l’Afrique où il allait dealer quelques camelotes françaises, glisse à un de ses conseillers de faire gaffe : « Il faut être vigilant. Si ça s’embrase dans les lycées, il y a un risque d’emballement généralisé. » (Le Canard enchaîné, 09/02) Pauvre de lui, il flippe sa mère. À croire qu’il n’a pas la conscience tranquille… Le voilà qui tremble, malgré les 84 % du vote républicain de mai 2002 lui permettant de mener à l’aise la politique la plus rétrograde depuis le gouvernement Laval. Malgré ses armadas policières occupant les carrefours. Malgré les quantités de lois le protégeant, lui, ses frais de bouche et ses collègues. Malgré la collection de filtres et fusibles dont il dispose pour se garantir de toute opposition frontale. Lui et les siens vivent dans la peur de passer un jour à la caisse. Et il y a de quoi. Leur offensive contre les gens est insidieusement générale, à la fois économique et psychologique. Grande braderie des acquis pour lesquels plusieurs générations s’étaient battues. Plans de licenciement acculant les salariés dans d’interminables procédures, le plus souvent stériles. Intensification du contrôle des chômeurs et précaires. Urbanisme vidant les villes de ses habitants. Population regardée en ennemie, surveillée de près. Multiplication des chantiers de prisons, certaines destinées à y enfermer des enfants et des adolescents que la police ira rafler jusque dans les écoles. À quelle crise majeure se préparent-ils ? À quels privilèges se cramponnent-ils de façon à la fois si arrogante et si désespérée ?

Et tout cela enrobé bien sûr dans une insipide sauce « communicationnelle » qui cherche à repousser l’échéance d’un refus général - le cauchemar de leurs nuits - et à redonner un peu de figure à leur bassesse. On suspend ici une « réforme » pour la ressortir plus tard, quand les énergies seront retombées. On fait mine de purifier l’État en éjectant un ministre qui avait tout bêtement profité de ses fonctions pour loger sa famille aux frais de la princesse. Et puis on nous bassine jusqu’à plus soif de citoyenneté, de démocratie, de dialogue social, n’offrant finalement que des tables de négociation pipée, squattées par des dirigeants qui entérinent des décisions déjà prises. Seuls. Entre eux. Cela fait combien d’années que leur croissance et leur consommation imbéciles ne sont plus capables de masquer la détérioration de la qualité de vie qu’elles provoquent ? Combien de lustres que leur misérable progrès a avorté toutes ses promesses ?

Et le fatalisme semble régner dans ce barnum de la communication à sens unique. À la moindre grève, les médias hurlent à la prise d’otages, jusqu’à pleurer, sans peur du ridicule, sur les menaces qu’elle ferait peser sur les Jeux olympiques. Au moindre frémissement des lycées, ils crient à la manip’, et proclament que les mouvements d’opposition collective sont désapprouvés par chacun et par tous. Supprimer le droit de grève ? Ce n’est pas l’envie qui leur manque, mais ça ferait désordre. Alors ils martèlent la nécessité de les rendre inoffensives, symboliques, inutiles. Mais début mars, 69 % des personnes interrogées par un sondeur institué soutiennent les grévistes. Bel exploit ! Alors qu’il est convenu que le dégoût exprimé devant la soupe qu’on nous sert est un phénomène résiduel, anecdotique… La cohorte des souteneurs de cet ordre foncièrement injuste nous traque en tous sens pour nous isoler, nous séparer, nous rendre méfiants les uns envers les autres, ne laissant à la colère que le champ de l’exhortation délirante et dérisoire (mais même le fou qui parle tout seul communique mieux que leur putain de télé)… Et voilà que les gens s’entêtent et se prennent à rêver de printemps. Voilà que renaît l’envie irrépressible de sortir, d’occuper l’espace public, de parler à des inconnus qui se révéleront être nos voisins. Que feront-ils contre ça ? Avec tous les moyens dont ils disposent, ils peuvent toujours chercher. Nous tous, on est là. Encore vivants !

Publié dans CQFD n°21, mars 2005.






>Réagir<

> LES RICHES SONT TOUT SEULS
| 1er juillet 2005 |
Houra !!! les gros manitou ds multinational commence a avoir peur. Pourquoi ? parse qu’il sente leurs fin proche. ls mouton ne suive plus et malgre leurs efort pour cree un monde totalitaire,le vent tourne en faveur du bien.ls homme prenne consience !!! de plus de la veunu ds enfant indigo partout sur la terre.Sourtout au USA ,presque 100% ds naissance. PAIX AMOUR et SAGESSE raphael 21 ans > LES RICHES SONT TOUT SEULS
carlos | 4 avril 2005 |
Monter les uns contre les autres, les catégories sociales contre les autres, la gauche (quelle gauche ?) contre la droite, les travailleurs contre les chômeurs, les religions les unes contre les autres, messieurs raffarin et sarkozy s’y entendent bien à coups de démagogie médiatique, mais ils n’ont surement pas entendus parler de milosevic et tudjman, qui eux aussi ont fait appel à la démagogie pour leurs ambitions personnelles dans un contexte aussi flou de corruption,libéralisme a tout crin et dogmatique : bilan la troisieme guerre européenne du siècle (1 pays à feu et sang, toutes les nations europèennes mouillées, éclaboussées, plutôt). En france, 2e pays démographiquement parlant…avec une armée atomique, je ne veux pas être pessismiste mais si ça éclate, ça risque d’etre moins drôle que la prise de la bastille…. > LES RICHES SONT TOUT SEULS mais bien protégés (Jusqu’à quand ?)
Firou | 18 mars 2005 |
Il y a vraiment de quoi se révolter car où se situe la différence entre les seigneurs moyennageux qui accaparaient les richesses et le pouvoir, comparés à nos aristo-démocrates qui usent et abusent des petis« à-côtés » que leur procure leur fonction. Serait-ce trop leur rappeller qu’ils sont élus par le peuple et doivent oeuvrer pour le bien dudit peuple. Au lieu de cela, on assite à la curée sur la peau de la République. Et vas-y que je nomme mes potes à des poste-clés, que je recase mes amis dans les nombreux fromages qu’offre le pays, qui sont parfois à la limite de l’empoi fictif. C’est un vrai saccage joyeusement orchestré en « famille ». Mais il y a un détail que ces messieurs oublient :L’article 35 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 24 06 1793 stipule que « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs » Ecoutez la Rue quand elle vous parle avant qu’elle ne gronde… > LES RICHES SONT TOUT SEULS
| 18 mars 2005 |

Ce monde ne nous laisse que la colére.

« Nous tous, on est là. Encore vivants ! »

Pour combien de temps ?

Amitiés

 

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