Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°021
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°021


LA SUISSE INVENTE L’EXPULSION PROPRE

UN ADIEU À 50 000 VOLTS

Mis à jour le :15 mars 2005. Auteur : Marion Tromel.


Depuis trois mois, les citoyens suisses sont priés de donner leur avis sur un projet de loi relatif à « l’usage de la contrainte policière dans les domaines du droit des étrangers et des transports ». Sous cet intitulé fédérateur, qui célèbre le mariage de deux antithèses (contrainte policière et droit des étrangers), les autorités helvètes ont mis au point une sorte de guide de bonne conduite du refoulement des « immigrés illégaux » récalcitrants. La Suisse étant un pays de tradition humanitaire, le projet rappelle que l’usage des armes à feu, bien que non prohibé, doit rester un moyen ultime. L’administration de somnifères reste interdit, de même que la pratique, bien connue de toutes les polices européennes, de l’étouffement par bâillon.

Mais le projet comporte aussi quelques innovations appelées à faire école. Si le voyage est long, l’expulsé peut se voir contraint à porter une couche-culotte, histoire d’épargner à son escorte des allers-retours fastidieux dans la carlingue. Si le colis proteste, les policiers le ramèneront au calme à l’aide d’un pistolet à électrochocs, le fameux Taser M26. D’origine US, cette arme « non létale » tire jusqu’à six mètres deux petits dards effilés, reliés à un fil électrique dont la décharge (50 000 volts) provoque l’effondrement instantané du gibier. En France, une version améliorée du Taser équipe déjà plusieurs unités de la police, dont la BAC. Mais c’est la première fois qu’un État européen étend son usage aux reconduites à la frontière. Devant le tollé des ONG, des députés suisses ont fait valoir qu’une bonne décharge valait mieux qu’une grosse matraque. C’est un vrai débat : tabassage ou électrocution, artisanat ou haute technologie ? Bien sûr, l’enjeu est surtout économique : réduire le nombre de policiers affectés à l’accompagnement des indésirables. Un sou est un sou, même au pays des coffre-forts. En attendant, le Taser a déjà fait la bagatelle de soixante-quatorze morts aux États-Unis et au Canada. En Suisse, son usage est d’ailleurs interdit… pour les animaux. Sans doute les caniches ont-ils le cœur plus fragile que les étrangers.

ARTICLE PUBLIÉ DANS LE N°21 DE CQFD, MARS 2005.






>Réagir<

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |