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CQFD N°021



SORTEZ-LES, VOUS ÊTES CERNÉS !

Mis à jour le :15 mars 2005. Auteur : Willy Daunizeau.


Samedi 26 février marquait la fin de la période de sûreté de dix-huit ans qui assortissait la peine perpétuelle des trois d’Action Directe, serrés en 1987 et toujours emmurés à ce jour. Cette date symbolique leur permettant de demander une libération conditionnelle a été marquée par une mobilisation importante en France et à l’étranger. À Barcelone, occupation du consulat français. À Athènes, les manifestants ont squatté les bureaux de l’AFP pour envoyer fax et courriels aux autorités françaises. À Lannemezan, où est détenu Jann-Marc Rouillan, ce sont deux cents personnes qui ont investi le parvis de la centrale. Autour, des grappes de condés plutôt discrètes. Devant la taule, un blockhaus recouvert de filins anti-hélicos, slogans, bombages et chants vont crescendo. L’avocat de Rouillan, en visite ce jour-là, explique une fois de plus aux médias que son client ne reniera jamais ses actions passées. Une de ses proches nous raconte qu’il aurait de nouveau un crabe dans les éponges. Mais son dossier médical s’est une nouvelle fois perdu dans les méandres de l’administration pénitentiaire… Une négligence qui s’apparente à une forme de torture psychologique : « T’as le cancer, tu l’as pas… » Avant le départ des militants, un feu d’artifice est tiré par-dessus l’enceinte. Nous apprendrons par la suite que ceux du dedans ont tout entendu et que le lendemain, au parloir, l’ambiance était enthousiaste, bien que le directeur - inquiet pour sa prime ? - ait ordonné une fouille des détenus en promenade à l’heure du son et lumière. S’imaginait-il qu’il y avait une clef des champs dissimulée dans les fusées ?

À Bapaume, où est détenue une Nathalie Ménigon à moitié hémiplégique dont la nouvelle demande de suspension de peine pour raisons médicales a été une nouvelle fois jetée à la poubelle, c’est une centaine de personnes qui ont manifesté leur solidarité. Même chose à Ensisheim, où un énorme ballon gonflé à l’hélium drapé dans une banderole a librement survolé la taule dans laquelle « réside » Georges Cipriani, dont la santé mentale s’améliore peu à peu. Quant à Régis Schleicher, bien que sa période de « sûreté » ne fût que de quinze ans, ça fait maintenant vingt et un barreaux qu’il macère en prison. Son dossier de sortie est en béton armé, comme ceux des autres. Malgré ça, sa deuxième demande de libération conditionnelle a été refusée. Quand on connaît le traitement spécial (sept années d’isolement total, interdictions et humiliations diverses) infligé aux militants d’AD depuis des lustres et la promptitude teintée d’amnésie avec laquelle l’État français a libéré certain de ses commis - Papon, Le Floch, Marchiani… -, on se demande jusqu’à quand cette justice de classes poursuivra son acharnement. Néanmoins, n’en déplaise à certains, dehors, la mobilisation s’étend et n’est pas prête de s’arrêter.

ARTICLE PUBLIÉ DANS LE N°21 DE CQFD, MARS 2005.






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