Accueil
Sommaire du N°021
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°021


COURRIER DES LECTEURS

FAUT PAS DÉCONNER !

Mis à jour le :15 mars 2005. .


J’ai bien apprécié « Big fucker », article du mois dernier joliment troussé (comme un jupon ?) Cependant, je me demande si, en employant le mot « enculé », comme nom ou adjectif, on fait forcément référence aux pratiques sexuelles (la sodomie) et à l’intromission anale chère au Figaro. En effet, combien de fois n’entendons-nous pas la phrase : « Faut pas déconner ! », laquelle signifie littéralement : « Il ne faudrait pas que ma bite sorte du con où j’ai eu la chance de pouvoir la fourrer » ! Et si l’on se plaît à « déconner ensemble », cela signifie-t-il qu’on pratique tous le coïtus interruptus au même moment ? Faut-il entendre dans votre bouche, s’il vous arrive de prononcer une telle phrase, une intention hétérophobe, concernant des mecs et femmes, pas même foutus de bander jusqu’au bout, ou qui débandent avant que d’avoir satisfait leur partenaire ? Que nenni ! De même pour « ça t’en bouche un coin », « tu l’as dans le dos » (ou l’os, ou le cul), « s’en foutre »… Ne dit-on pas : « Je me suis fait baiser » ? S’imagine-t-on pour autant, en le prononçant, des situations de copulation débridée ? Je ne le pense pas.

Tout cela pour dire qu’il ne faut pas pousser le bouchon trop loin en matière de censure du langage, laquelle est déjà constante dans notre hypocrite société. Ainsi, on ne meurt pas, on « disparaît » (ce qui est pourtant radicalement différent), on n’est pas balayeur mais « technicien de surface », on ne vole pas l’État mais on « abuse de ses biens sociaux », etc. En résumé, corrigez-nous de nos travers qui vous irritent à juste titre, mais sans nous prendre obligatoirement pour d’impénitents casseurs de pédés. Bravo quand même, il vaut mieux exagérer dans votre sens que dans l’autre, qui consiste à oublier, ou à refuser de voir l’origine de certaines expressions et la charge de mépris et de méchanceté qu’elles peuvent véhiculer, souvent à l’insu de notre plein gré. Con-fraternellement,
Guy B., Puy-de-Dôme

ARTICLE PUBLIÉ DANS LE N°21 DE CQFD, MARS 2005.






>Réagir<

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |