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CQFD N°020



LA « GUERRE » DES DRESSEURS DE PUCES

Mis à jour le :15 février 2005. Auteur : Marion Tromel, Marion Tromel.


En juillet 2004, le Gixel – un puissant consortium regroupant quelque soixante-dix industriels de l’électronique, dont EADS, Thalès, Sagem, Gemplus… – remettait au gouvernement un Livre Bleu lui demandant d’investir massivement dans huit grands programmes stratégiques. Objectif : muscler la « croissance et l’emploi » en injectant des milliards dans la « sécurité sécurisée » [sic] et ainsi élever la France et l’Europe « au top mondial des pays sûrs ». Manifestement, les lobbyistes du flicage se sont délectés du gisement infini de synonymes que renferme le champ sécuritaire. Le chapitre « sécurité du territoire » en propose d’autres variantes : les pontes de la technologie y réclament « un véritable effort de guerre » pour restaurer un « sentiment de sécurité » favorable à la consommation. Et d’expliquer dans le plus pur jargon novlangue : «  La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles. »

Pour dorer la pilule à cette population, sottement accrochée encore à ses libertés individuelles, le Gixel a une idée : éduquer enfants et parents « dès la maternelle ». On donne ses empreintes pour rentrer à l’école, pour déjeuner à la cantine, pour récupérer sa progéniture à la sortie. Et ce n’est pas tout : il faudra aussi montrer patte blanche au boîtier électronique pour allumer son ordinateur, décrocher son téléphone, prendre le bus ou tirer du pognon… Six mois après la remise du Livre bleu, le message semble avoir été entendu, aussi bien par les députés (voir Alertez les bébés !!) que par les ministères de l’Éducation nationale et de l’Intérieur (voir Le pion de mon bahut s’appelle Big Brother). Cela méritait bien un hochet : le 21 janvier, le jury des Big Brother Awards a logiquement décerné le prix « Orwell Novlang » à Gixel pour sa contribution à un monde cliniquement propre.






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