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CQFD N°022


FAUX-AMIS

BORIS CYRULNIK

Mis à jour le :15 avril 2005. Auteur : Le bouledogue rouge.


Des talk-shows télévisés aux magazines féminins en passant par les journaux cultivés, il n’y a pas un média qui n’ait reçu et choyé au moins une fois Boris Cyrulnik. Le marché vendeur de la « recherche du bonheur » semble avoir trouvé en ce psychiatre un commercial affable, intelligent et compétent. Son concept, c’est la résilience, cette faculté à « rebondir » après un malheur pour en « sortir plus fort ». Les médias raffolent de résilience. Elle leur sert d’outil immédiatement opérationnel pour étayer d’un vernis objectif l’opposition néo-darwinienne entre « ceux qui s’en sortent » et « ceux qui restent sur le bord de la route ». Et cela sans crainte de voir, dans un brusque accès de résilience, la masse des lecteurs et téléspectateurs leur « rebondir » à la gueule, par saturation des modèles dépressifs qu’ils propagent - culte des puissants, des friqués, des mannequins à cravate ou en silicone. Car cette généreuse hospitalité est évidemment intéressée. C’est à une acceptation souriante des processus de désocialisation que nous sommes conviés. Il nous est dit : allez, reprenez-vous, toutes ces situations de précarisation, de dépossession, d’injustice, d’exclusion, peuvent êtres abordées d’une manière constructive, vous pouvez « réussir à vivre et à vous développer en dépit d’événements traumatiques ». D’autant que la résilience ne relève pas d’une opinion discutable, mais d’une découverte « sci-en-ti-fi-que » prenant les choses à la racine - « et la racine de l’homme c’est l’homme », comme disait un vieux barbu pas trop résilient, Marx. Être résilient, au fond, c’est quoi ? Se sentir bien avec son supérieur, bien dans sa boîte, bien chez Manpower, bien le samedi soir devant Ardisson ? C’est recevoir avec gratitude toutes les merdes qui vous tombent dessus ou c’est faire un pas de côté ? C’est collaborer ou résister, chercher carrière ou tracer sa voie, se soumettre à la loi du marché ou défendre ses droits, être un marchando-dépendant-bien-dans-son-époque ou un absolu défiant des mensonges qu’on veut nous faire avaler ?

Attrait des sunlights, poussée résiliente vers la célébrité, Boris Cyrulnik s’offre complaisamment à la caricature de ses propres recherches, d’ailleurs souvent passionnantes. Pas besoin d’être bardé de diplômes pour subodorer que l’appareil médiatique a pour fonction non pas de communiquer des connaissances mais d’imposer des convictions. « Moins on a de connaissances, plus on a de convictions », note Cyrulnik lui-même dans Un merveilleux malheur. Utilise-t-il son statut de « star de la psychiatrie » pour s’indigner de l’accaparement massif des richesses, pour affirmer le caractère vital qu’il y a à tenter de conserver sa propre humanité dans un monde inhumain ? Au pince-fesses télévisé, il intervient en conseiller technique de cette très contemporaine normopathie qu’est l’obligation au bonheur, laissant rouges de honte ceux qui « ne vont pas bien » et qui s’éreintent à « positiver » leur malaise dans une course commerciale à l’originalité standardisée. Spécialiste brillant, il vient apporter sa caution à la positive-attitude colportée par le boutiquier Raffarin, même s’il en critique le sens expéditif : « Positive attitude, c’est une conception américaine. C’est la seule valorisation de l’individu. » (France 3, 07/03/05). Parce que tel n’est pas le cas des médias de masse ? À la fin de cette même émission télévisée, la présentatrice demanda à Boris Cyrulnik : « Quel est donc selon vous le moyen d’arriver au bonheur ? » Réponse : « M’inviter plus souvent. » Mot d’esprit ? Cyrulnik devrait relire Le mot d’esprit dans ses rapports avec l’inconscient (Freud, 1905) : ça lui éviterait d’en faire trop, question résilience.

Publié dans CQFD n°22, avril 2005.






>Réagir<

BORIS CYRULNIK
sandra | 8 octobre 2007 | parfois les chiens font de doux chats…
sans faire de grandes phrases, je suis juriste et je peux te dire que quand tu vois des gens qui sortent de la misère humaine la plus totale et qu’ils sont gentils, sans Cyrulnik et sa théorie (très largement simplifiée à la télé) on aurait du mal a croire que c’est vraiment possible. Quelqu’un qu’en a bavé a de très grande chance d’etre déséquilibré, difficulté à lier des amitiés, à s’aimer soi-meme, etc. Mais voilà, meme qui a été élevé par un monstre peut s’en sortir grace à ce phénomène de résilience qui ne va pas de soit quand tu étudie la psychiatrie clinique… tu comprends, c’est la preuve scientifique que qui a souffert ne fera pas forcément souffrir les autres ! Honte à la télé qui simplifie tout pour ne garder que ce qui fait de l’audimat… BORIS CYRULNIK
luum | 20 février 2007 |

extrême et réutilisant la technique des médias… plein de raccourcis, plein de clichés… !! tu me fais juste penser à une caricature d’ado rebel… t’étales des mots parce que t’es « véner »… on s’en fout qu’il aille à la télé Cyrulnik, ses livres c’est peut être pas du Freud (comme il nous est conseillé de lire dans un autre article)… mais ça parle à tout le monde ! joey starr à la starac m’empêche pas d’écouter les premiers albums d’NTM… alors détends toi, détendez-vous… y’a d’autres combats dans la vie que de lâcher sa haine et sa frustration sur un auteur qui vous plait pas !!

et puis franchement (désolée, je mélange les articles anti-cyrulnik) mais la caricature du psychiatre !! et celle du vieux stal’ !! au secours !! les clichés !! vous feriez fureur sur un plateau de débat-divertissement !! vous vous énervez aussi en regardant ces émissions à la con ?

j’imagine qu’en discutant en live, on pourrait crier et défendre ses propres idées… et peut être finir par tomber d’accord… ça se trouve on se connait… et on pourrait être pote… mais là… c’est pas possible… vous aussi vous m’avez énervé !!

allez à plus…

BORIS CYRULNIK
SimSim | 17 février 2007 |
Simplement pour appeler à la réserve et l’objectivité… NON : Les psychiatres ne sont pas tous escros et la psychiatrie n’est pas une secte Cyrulnik a le mérite de faire réflechir des gens qui ne l’aurait pas forcément fait sans l’avoir vu à la télévision… et c’est déjà pas mal Voilà où j’en suis… C’est bien d’être critique et conscient de ce qui se passe autour de nous (réellement je veux dire) mais c’est encore mieux quand ça ne se transforme pas en aigreur qui discrédibilise tout propos… Et oui, pour être crédible il ne faut pas faire que cracher dans la soupe… Et si on prone que les Medias ont une vision biaisée de la réalité (donc qu’il n’existe pas de réel média objectif) -ce dont je suis persuadé- alors j’aimerais rappeler que CQFD est un medium comme un autre… Désolé mais je suis sincèrement convaincu que cracher dans la soupe n’est pas l’unique solution et qu’il faut le faire avec modération (ben oui on la mange tous la soupe… donc quitte à faire autant qu’elle reste un peu mangeable). Au passage, merci à CQFD pour avoir choisi SPIP et l’open-source, ça c’est une réelle alternative :-D BORIS CYRULNIK
Ze lonezome cowboy | 13 janvier 2007 |

Cyrulnik est le gourou du moment. On a connu Dolto, le Dr Ruth, Jacques Salomé, Le Doc, Claude Halmos, Brigitte Lahaie, à présent c’est du Cyrulnik qu’on nous sert à toutes les sauces. Cyrulnik détient la panacée à toutes les arborescences du mal-être. Cette panacée s’appelle la résilience, proposition qui s’inscrit pertinemment dans le normativisme en vigueur dans l’arrière-monde néolibéral où il nous est infligé de (sur)vivre. N’attends que de te toi, brother ! fais de tes expériences négatives le moteur de tes lendemains chantants !.., nous dit-il en substance.

Séduisante proposition, quoique pas très neuve, dont il me semble me souvenir qu’elle nous vient tout droit des ashrams de Californie du Nord et autres Centres de développement persos implantés dans l’arrière pays cannois. Amen, serait tenté d’y répondre l’accidenté de la vie qui n’aurait pas encore, pour son plus grand malheur, poussé la porte du banal cabinet d’un banal psychiatre ignoré des médias.

Car c’est là que réside le hic. Des millions d’années-lumière séparent un Cyrulnik (et en règle générale les psys médiatiques, tous vachement sympas, rassurants, chaleureux et à l’air compétent ) du psy que vous et moi pouvons être tentés de consulter un jour où le petit vélo qu’on a tous dans la calbombe se met à tourner comme sous les coups de pédales d’un coureur du Tour dopé à l’EPO.

Ce dont Cyrulnik évite soigneusement de parler, c’est de l’engrenage malsain où une personne fragilisée peut mettre le doigt jusqu’à se retrouver complètement hachée, dès lors qu’elle confiera ses petits bobos de l’âme, comme ses grands traumas, à l’un de ces pros du charlatanisme que l’on appelle des psychiatres - dont il convient de rappeler qu’ils se réclament d’une discipline aux postulats pour le moins sectaires, qui n’a rien de scientifique au sens strict et qui ne s’appuie jamais que sur des hypothèses de travail. Le psychiatre ne guérit pas ses patients, il se contente de traiter leurs maux à l’hébétude chimique, la camisole neuroleptique voire, pour les cas supposés dangereux (contribuant par là au juteux chiffre d’affaires des multinationales du médoc, dont les émissaires qui viennent régulièrement le voir, savent récompenser le pisseur d’ordonnances à rallonges à hauteur de sa fidélité aux dopes légales à forte valeur ajoutée). Et s’il arrive que l’un de ses patients se suicide (j’ai malheureusement connu autour de moi bon nombre de victimes indirectes des errements cliniques de ces gens-là), le psychiatre ne répond de rien, il n’a jamais de comptes à rendre ni à la famille ni à quelque autorité que ce soit, il est blanc comme la blouse qu’il porte à l’hôpital qui l’emploie comme garde-chiourme, au début de sa carrière, avant qu’il s’installe en ville pour financer les traites de sa Merco.

Le psychiatre se tait, griffonne, prescrit, empoche et use le cas échéant des prérogatives de flic stalinien qui lui sont accordées par le système médico-légal. Quelquefois il écrit des livres où il énonce des idées qu’il vend pour neuves. Si ça marche, et si ça colle à l’idéologie dominante au moment où ça marche, les média le propulsent au rang de gourou. Tant mieux pour lui, et autant pour nous, un bouquin signé par un psy étant toujours moins pernicieux que l’ordonnance qu’il peut vous délivrer.

BORIS CYRULNIK
G. Roblin | 11 janvier 2007 | A propos de la « résilience »
Je suis d’accord avec cette article, Boris Cyrulnik montre comment on fait pour survivre lorsque l’on est traumatisé, et non pas comment être réellement heureux. Sa force vient du fait qu’il invite les gens à ne plus être passifs (victimes) mais actif, c’est à dire à faire des choses mais cela peut effectivement soulager quelqu’un (comme de faire un sortie au cinema, voir un spectacle ou aller en vacances) mais il sous estime les traumatismes et leur conséquences. > BORIS CYRULNIK
| 2 janvier 2007 |
Il faut être un con de grande envergure pour analyser de la sorte le travail de cyrulnik. Un très gros con. Seul un grossier personnage peut abaisser le travail de recherches d’un homme de la sorte, grossier personnage que je renvoie à sa vulgarité. On ne critique pas ceux qui ont pour mérite d’aider les autres. Quand à ceux dont la critique est aisée mais dont l’art est inexistant, qu’ils se disent qu’ils ne servent à rien ni a personne, bien triste existence en vérité que n’avoir rien à faire sur terre … Pendez-vous, si cyrulnik ne vous apaise pas ; un imbécile de moins. Cyrulnik s’adresse aux gens en souffrance, pas aux crétins. Oui pendez-vous, le monde porte assez de cons inutiles. Pendez vous et vous prouverez que les discours de cyrulnik ne sont que des shows. Ou excusez vous puis taisez vous. BORIS CYRULNIK
angèle | 18 octobre 2006 |

Vous aimez Mozart ? Si oui, parceque sa musique vous enchante, et vous fait du bien, vous l’écoutez, et achetez ses disques… Mais ce peut être Jhonny Haliday que vous achetez parce qu’il aide a Vivre tout simplement votre quotidien. Ou est le mal à cela ? Cyrulnik, c’est pareil, s’il a du succès, c’est qu’il aide des centaines de personnes, a penser, réflechir, et être mieux dans leur tête et dans leur vie, et vous voudriez qu’il ne soit pas vulgarisé, ou qu’il ne vende pas ses livres ? Il nous fait partager ses connaissances et ses reflexions ! c’est pour ça que la societé existe : pour l’échange.

Quel mauvais procès vous faites : seriez vous donc si jaloux. Si vous n’avez pas été capable de faire circulez des idées aussi positives que celles de Cyrulnik, qu’y pouvons nous, c’est votre manque d’imagination personnel qui est en cause, pas la vulgarisation magique que nous donne en cadeau Cyrulnik !!!

Si l’on pouvait entendre plus souvent des débats d’idées avec des Cyrulnik, des Michel Serres, des Hubert Rieves, le monde serait sans doute un peu moins bête, et surement plus altruiste : et si ces gens là gagent de l’argent : tant mieux, ils l’ont mérité.

BORIS CYRULNIK
Isabelle | 17 octobre 2006 |
Isabelle que dit au juste Cyrulnik ? : qu’il est possible de s’en sortir… possible ! pas obligatoire !! où y a-t’il l’exacerbation d’une opposition entre ceux qui s’en sortent et ceux qui « restent sur le bord du chemin » ? au contraire ! chacun fait ce qu’il peut avec les moyens dont il dispose mais peut-être que croire qu’il existe une chance de s’en sortir porte plus à l’espoir (oh la jolie chose, risquée, d’accord, mais qui va bêtement dans le sens de notre condition d’être vivant) que la croyance que tout est plié une fois pour toutes. Chacun fait ce qu’il peut et il le fait d’autant mieux qu’il sent qu’il lui reste des cartes à jouer. BORIS CYRULNIK
Jean Louis | 1er septembre 2006 | La recherche de soi in « Dualité et violence »

Les médias ont toujours fonctionné ainsi : se focalisant sur une personne représentative d’un domaine. Que Cyrulnik ait été choisi et collabore, c’est son problème. Ci-dessous un extrait de mon blog :

« Le pendant indispensable de l’image dévalorisante, c’est le système de valeurs. Il est contenu explicitement ou en filigrane dans des pensées, des raisons qui me viennent ou dans des propos entendus auxquels j’accorde ma foi (par prédisposition). Un exemple parmi des milliers dans ces lignes de Boris CYRULNIK (extraites de » L’ensorcellement du monde" Editions O Jacob) : 

 « Car l’angoisse nous contraint à la créativité, et la culpabilité nous invite au respect. Sans angoisses, nous passerions notre vie couchés. Et sans culpabilité, nous resterions soumis à nos pulsions. L’angoisse n’est digne d’éloge que lorsqu’elle est source de création. Elle nous pousse à lutter contre le vertige du vide en le remplissant de représentations. Elle devient source d’élan vers l’autre ou de recherche de contact sécurisant comme lors des étreintes anxieuses.  » 

 Angoisse et culpabilité peuvent devenir des valeurs propices à l’action, la création et au mouvement vers l’autre. Bien Mais l’’inaction, la solitude sont, ici, caricaturés. (« notre vie couchés ») Il faut agir. Il faut donner du sens. (« représentations ») Il faut aller vers l’autre. Les valeurs sont : créativité, respect, lutte, élan, recherche……

CYRULNIK, comme une multitude d’autres personnes avant eux et en même temps qu’eux, ont fait peser un enjeu sur moi avec leurs normes morales. Ils ont investi l’individu que je suis censé représenter, il lui ont donné de l’importance, du pouvoir (un pseudo-pouvoir qu’il utilisera aussi sur les autres) l’ont chargé d’une responsabilité. Ils ont justifié un peu plus, le divorce, déjà présent, avec moi-même. S’adressant au PENSEUR et à la VOLONTE (car l’un et l’autre sont indissociables), ils les ont réactivés alors qu’ils sont la cause de mes problèmes.

(J’utilise ici, pour la première fois, le « je » en générique)

BORIS CYRULNIK
Un résilient. | 28 août 2006 | Mon expérience.

Cyrulnik n’a pas besoin d’être défendu mais, quand même, j’ai envie de dire qu’il y a peu je ne savais pas qui il était, que je ne conaissais pas le concept de résilience et que ce que je découvre à ce sujet me parle vraiment.

J’ai fait un travail d’analyse pendant 8 ans et ai pu en finir avec mes syptômes lorsque j’ai découvet un taumatisme dont je n’avais pas conscience, car c’était un secret familial bien gardé ou peut être juste oublié car on n’y accordait pas beaucoup d’importance. J’ai en effet appris que je suis venu au monde parceque ma mêre n’a pas eu le droit d’avorter alors qu’elle le souhaitait pour ne pas prendre le risque d’avoir un second enfant atteint de mucoviscidose. Lorsqu’elle m’a appris cela j’ai eu l’impression qu’elle venait juste me confirmer une chose que j’avais toujours su… dans mon inconscient. Cela venait apporter du sens à tout ce que j’avais pu ressentir et exprimer. Cela avait contitionné ma relation avec ma mêre depuis ma vie intra-utérine. Je m’étais jusqu’ici comporté comme un traumatisé qui s’accrochait à la vie, rebondissait à chaque fois qu’il trébuchait et trébuchait à chaque fois qu’il rencontrait des ciconstances analogues, c’est à dire lorsque « l’être tant aimé » le rejetait ou hésitait à le garder. Mon être vascillait alors et je remettais mon existence en question. Ma vie menaçait de perdre son sens mais elle était chevillée à mon corps et je m’y accrochais, aidé par l’amour de mon père. Je me comportais et me ressentais comme un être traumatisé sans pour autant parvenir à déterminer clairement ce traumatisme. Je serais encore sur le divan si ce qui n’est pas vraiment un hasard ne m’avait apporté cette information. J’étais sur la voie de la résilience, ce qui m’a amené à entreprendre une analyse, et maintenant que je peux attribuer à mon ressenti un traumatisme tout ce qu’il y a de plus vallable, je me sens résilient. Comme je le disais, je ne connaissais pas cette notion il y a peu mais mon vécu était le même. Ce sont juste les mots que j’ai utilisé pour en parler qui ont changé. pour moi le plus important a été de faire une analyse et c’est mon désir de vivre qui est à l’origine de ce mouvement. Toutefois quel plaisir de lire Cyrulnik et d’entendre ce qu’il nous explique.

> BORIS CYRULNIK
Laurent | 2 octobre 2005 |
Peut-être que le message que porte Cyrulnik tiendrait dans « il y a une issue ; personne n’est condamné au malheur par le destin ». Les médias récupèrent ce message certes et le distordent parfois en donnant à entendre : « si vous perdez, ce n’est pas que le monde est trop dur, c’est que vous êtes un looser ». Mais ce faisant il font emmerger la problématique et donc permettent de débattre et donc permettent à chacun de recevoir cette invitation à l’émancipation contenu dans le concept de résilience (qui n’a pas besoin d’être « neuf » pour être libérateur). Et si on craint qu’ils donnent l’injonction « ne changez pas », je crois qu’on peut les en remercier ! (presciption du symptôme) > BORIS CYRULNIK
gg | 2 septembre 2005 |

conclusion : il faut absolument qu’il explicite l’amalgame à ne pas faire entre la ’résilience’ des traumas profonds, et l’usage de ce concept dans les ’magazines féminins’ associés à l’espoir individualiste et les petite déceptions bourgeoises. Malgré son ’intelligence’ il ne semble pas vouloir remettre systématiquement les choses en place. un psychiatre est scientifique mais n’est pas forcément sociologue ou altruiste.

Et un ’psychiatre’ n’est pas forcément ’psychologue’, un ’étho-comportementaliste’ encore moins. Ce n’est pas en triturant dans tous les sens un ’réseau neuronal suractivé’ qu’on désactive sa composante émotionnelle cristallisée et cristallisante, c’est en passant à autre chose, ce qui permet de calmer le ’court-circuit’ et par la suite de changer de point de vue, de le passer dans l’abstraction qui offre de nouvelles pistes de ressenti et d’analyse. La ’résilience’ est un travail personnel et intellectuel, et pas seulement un ’déconditionnement pavlovien’ validé par les sacrosaintes statistiques.

Et puis à part ce concept vieux comme le monde qui semble une découverte depuis qu’il lui a attribué un nom, au contraire de ses premiers ouvrages qui sont d’une grande richesse, le dernier livre de Cyrulnik est pratiquement un ramassis d’exemples récurrents assorti d’une composante autobiographique larmoyo-souriante qui font du volume autour d’un mot qu’on comprend en deux phrases (livre : ’les fantômes du passé’). Une belle merde commerciale chiée rapidement sur commande pour l’éditeur, il était d’ailleurs ceinturé d’une bannière rouge « le dernier Cyrulnik !! », au moins c’était explicite. Pas très instructif en tous cas, bien que le message ait été lancé sans doute de bonne foi au grand public des traumatisés (et pas des déprimés, ni des opprimés). La télé choisit bien ses symboles. Que d’espoir dans cette belle monarchie !

> BORIS CYRULNIK
| 19 juin 2005 |
C’est ce monde que l’on ne pas tarder à résilier… > BORIS CYRULNIK, pas si commercial à mes yeux
Elemmirë | 20 mai 2005 |
Bien sûr, tous les mots d’esprit ne sont pas réussis. Mais, non, Cyrulnik ne dit pas « c’est de ta faute si tu es malheureux », relisez-le, je vous jure que sa pensée est bien au-delà. Il y a de l’espoir dans ses mots, et est-il besoin de rappeler que lui-même en a vécu, du « traumatisme », pour l’autoriser à en parler ? Je ne dis pas que ses paroles seules peuvent soigner ; je ne dis pas que la résilience, ça marche à tous les coups ; je ne dis pas qu’il existe deux catégories de gens, les résilients et ceux qui sont foutus ; au contraire, ce qu’il faut comprendre, c’est que le bien-être ne dépend pas seulement de ce que les évènements extérieurs incontrôlables t’apportent, ce serait terrifiant, ça ! « La course au bonheur », une tendance de mode ? Quelqu’un peut-il me dire « Je suis ravi d’être malheureux et j’ai aucune envie de changer » ?? J’attends de voir… Non, la résilience, c’est une constatation : bon sang, mais comment font-ils, ceux-là, pour tenir le coup ? La résilience, c’est une question : en quoi sont-ils différents, ni meilleurs ni pires, mais qu’ont-ils qui les maintient en vie ? Et si, un jour, on comprenait ; et si la réponse était transmissible, applicable ? Sans psychotropes ou autres, un bien-être vrai ? C’est peut-être, sûrement même, une utopie, mais ça vaudrait le coup de chercher, non ? La résilience, ce n’est pas de la magie, ce n’est pas du fatalisme, ce n’est pas une façon de culpabiliser les meurtris ; c’est une curiosité pleine d’espoir, sans recette miracle, mais enfin, rien en psychologie ne fait recette miracle, ça se saurait !… Chacun perçoit ces idées là comme il le sent ; moi, quand je lis « Un merveilleux malheur », c’est une bouffée d’air. Ca ne me guérira pas, mais c’est doux tout de même. Je crois que ça vaut le coup que Mr Cyrulnik poursuive ses recherches… et qui sait ? Enfin, je ne pense pas que Cyrulnik ne soit qu’un psychiatre « commercial » et « affable » : ce qu’il fait, il y croit parce qu’il l’a vécu, me semble-t-il. Intelligent et compétent,oui ; et je vous remercie de le lui accorder. > BORIS CYRULNIK
dan | 11 mai 2005 | cyrulnik et soi disant etho neuro logie
je suis d’accord avec le texte .apres un ne serie de traumas dont je ne parle pas ici ,je rame depuis 4 ans avec un psy comportementaliste qui me renvoie des conneries de resilience et me culpabilise(58 euro la seance).Le seul mieux etre que je ressens je le dois a moimeme et aux chevaux (equitation). c’est effroyable d’entendre que l’on se rend malade tout seul.Ce commerce depsy assez cher profite d’un phenomene de mode s’enrichi du malheur des autres et se glorifie de competence et de savoir qu’ils ne possedent guere. Le fait d’etre aller aux usa ne suffit pas a mener tout le monde en bateau et a augmenter ses tarifs. danielle
 

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