Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°022
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°022


HÉTÉROS FACHOS ?

FEU !

Mis à jour le :15 avril 2005. Auteur : Claude et Dominique.


La propagande homophobe s’imprègne efficacement dans les esprits. Il faut dire qu’elle s’exerce depuis la naissance et qu’il est impossible d’y échapper. Dans 1984 d’Orwell, évoqué ici-même il y a deux mois, le narrateur finit par se persuader que Big Brother existe et par souhaiter sa propre mort, qu’il envisage comme une délivrance. De même, de nombreuses personnes finissent, à force d’injures et d’homophobie latente et intériorisée, par perdre goût à la vie, notamment les plus jeunes. Comme cette jeune fille qui a avalé un cocktail alcool-médicaments avant de faire son coming-out sur son lit d’hôpital devant sa famille en larmes. Ou comme ce jeune garçon, pourtant apprécié de ses parents et de ses amis, qui s’est pendu en laissant un petit mot : « Ah, au fait, je suis gay… » Ou encore comme cet ado qui arrive à un point accueil-jeunesse en jurant vouloir se tuer parce que ses parents divorcent, et qui au bout d’une heure finit par craquer et avouer que c’est parce qu’il est homo et qu’il a peur que son père le rejette…

Bien sûr, nombre de jeunes gays et lesbiennes vivent une adolescence épanouie. Mais le suicide est la deuxième cause de mortalité des 15-24 ans, après les accidents de la route, et un tiers des jeunes auraient des idées suicidaires. Si les raisons en sont évidemment multiples, il n’en reste pas moins que même à une époque qui s’honore de mieux accepter les relations homosexuelles, et où le fait d’être gay ou lesbienne est présenté comme le summum de la branchitude, la découverte de son orientation affective et sexuelle reste un cheminement solitaire et douloureux. Surtout quand cette orientation est hors norme. Selon les résultats préliminaires d’une étude épidémiologique, cités par Libération le 4 mars dernier, un jeune homo ou bi aurait treize fois plus de chances de faire une tentative de suicide qu’un hétéro.

Beaucoup nous ont écrit à propos des injures homophobes prononcées à tout bout de champ, en minimisant les dégâts causés par cette répétition incessante. Leur argument est simple : « On dit enculé, mais c’est pas ça que ça veut dire… » C’est pourtant ce que ça dit, et c’est aussi ce qu’entendent les jeunes filles et les jeunes gars qui partagent une orientation affective, sensuelle et sexuelle non hétéro. Un lecteur nous faisait remarquer qu’il avait pris conscience des dégâts induits par ce matraquage après avoir dit « pédé » devant son fils gay. Dans un contexte d’isolement et de consensus homophobe, banaliser l’injure n’est pas anodin. Peu de modèles positifs, peu de soutien de la famille ou des groupes de copains ou de copines, relations conflictuelles, peur de ne pas correspondre aux attentes collectives hétéronormées, de ne plus être aimé… Feu !

ARTICLE PUBLIÉ DANS LE N°22 DE CQFD, AVRIL 2005.






>Réagir<

insultes
David | 11 septembre 2007 |
En effet, les mots sont importants ; à chacun de rectifier son language même si c’est difficile. dans certains milieux, c’est normal de parler de « bougnoules » de « banboulas » de « gonzesses » de « salopes » de « sale juif » … et bien « sale pédé », « sale gouinasse » « sale travelo » « enculé », « pute » sont autant d’expressions homophobes, lesbophobes, transphobes, putophobes, sexistes à banir de notre language quotidien. A nous de trouver de nouvelles références, de nouvelles expressions pour nous charier entre nous ! ça peut être sacrément drôle et interessant de se pencher sur nos erreurs de languages et de changer nos habitudes. > FEU !
| 18 décembre 2005 |
je suis absolument contre les homophobes.Il y en a même qui torture ce qui ne sont pas hetero,et ce n’est pas de le fraternite comme nos 3 « regles » de vie en communaute.
 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |