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CQFD N°022


LA CHANCE AUX CHANSONS

LE PAPE DÉCOMPOSÉ, THE SAINTS RESSUCITÉS

Mis à jour le :15 avril 2005. Auteur : Will et Pierre Etbunk.


Après la diarrhée catho-cathodique sur la mort du « grand humaniste » à tête calottée et celle, sérénissime, de l’arapède visqueuse accrochée à son rocher défiscalisé, prions, mes chers frères et sœurs, pour que le prion ne nous décervelle pas complètement. En attendant, restons dans le sacré avec The Saints (www.saintsmusic.com), groupe mythique à l’AOC pur rock’n’roll millésime 1976, de nouveau sur la route pour y exploser leur nouvel album au titre révélateur, Nothing is straight in my house. Dans la salle, les ouailles composées en majorité de quadragénaires bedonnants à la descente facile se recueillent pas très pieusement devant la vieille garde du punk. Le vénérable Chris Bailey doit bien taper la cinquantaine, avec lui aussi une forte propension à vider boutanche sur boutanche. C’est le seul membre originel du gang australien. Rejoint sur cette tournée par le guitariste de The Church (décidément !) monté sur ressort, le papé a toujours sa bonne voix d’antan, quintessence du rock énervé urbi et orbi. Aux homélies anciennes comme « I’m stranded » s’ajoutent de nouvelles compos aussi tranchantes qu’à l’époque et quelques fameuses ballades cathartiques.

Un peu de copinage enfin avec la belle compil’ Paris-Grozny (www.marcho.net), « un concert pour chanter en tchétchène dans toutes les langues », manière de soutenir en fanfare ceux que Poutine disait vouloir « buter jusque dans les chiottes ». Faites gaffe s’il vous arrive de lire le livret du CD dans les gogues, le pacificateur russe est peut-être caché dans la cuvette.


A l’écoute du dernier album de 100 Raisons, on se retrouve un peu à la place du fin gourmet découvrant avec plaisir une préparation culinaire inconnue. On essaie de distinguer les ingrédients qui donnent aussi bon goût à l’ensemble. De l’accordéon joué à la façon chanson populaire ? Ouais, y en a. Des flûtes et de la bombarde ? Il y en a aussi. Des cordes et une batterie martyrisées à la sauce punk ? Ah oui, elles sont incontestablement présentes. La recette au final donne un mélange surprenant et difficilement classable. C’est une sorte de chanson punk, chaleureuse et festive avec des textes au débit rapide, chantés par une voix rocailleuse. Une fois l’album achevé, on a l’impression d’émerger d’une bonne bouffe entre potes, bien arrosée et enfumée. Sur la nappe, des paroles simplistes, poétiques et révoltées ont été griffonnées entre les mégots de clopes et de joints écrasés et les ronds de bouteilles. On sait que le réveil risque d’être un peu dur mais on remettra ça avec plaisir. Bonne surprise donc que ce groupe parisien composé de cinq mecs et d’une nana, d’âges visiblement assez divers et aux influences musicales plutôt éclectiques. On découvre sur la fin de l’album une reprise assez extraordinaire de « Où c’est que j’ai mis mon flingue ? », signalée sur la jaquette par une tête de mort, suggérant que son compositeur et interprète original, Renaud, a définitivement quitté notre monde. L’album risque de ne pas être très facile à trouver, heureusement le site du groupe est, lui, facilement accessible : http://100raisons.free.fr

ARTICLE PUBLIÉ DANS LE N°22 DE CQFD, AVRIL 2005.






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