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CQFD N°021



LA MACHINE A RADIER

Mis à jour le :15 mars 2005. Auteur : Nicolas Arraitz.

Après le camouflet reçu par l’Unedic de la part des recalculés (victoire en justice trop peu fêtée, trop peu mise à profit pour renforcer le mouvement des chômeurs), la bataille des statistiques s’est faite sournoise. C’est à une véritable guérilla que se livrent ANPE, CAF et Assedic pour radier le plus de monde possible et faire baisser artificiellement les chiffres du chômage. Les consignes viennent de haut, et tous les moyens sont bons. Quand l’acte de malveillance administrative est éventé par la victime, on invoque la prise d’initiatives de l’ordinateur (mot qui reprend alors tout son sens), même si la missive assassine a bel et bien été signée par un directeur d’agence en chair et en os.

Laissons la parole à ceux qui sont aux premières loges. Voici des extraits d’un tract intitulé « La radiation administrative des chômeurs, une action économique réfléchie » distribué en interne par des agents CGT de l’ANPE-13 et qui gagnerait à être diffusé plus largement.« Depuis une dizaine d’années, sous couvert de chasse aux fraudeurs ou autres oisifs professionnels, les diverses forces politiques s’étant succédé au pouvoir ont toutes pris le plus grand soin à optimiser le système d’élimination massive (statistiquement parlant) des chômeurs en réduisant à son minimum l’intervention humaine et en mécanisant à l’extrême les processus amenant à la sanction. Nos dirigeants ont d’abord déculpabilisé un grand nombre d’agents et ont ainsi court-circuité ceux qui ralentissaient la machine à exclure, voire la sabotaient. Parmi ceux-ci on compte un grand nombre de militants, syndiqués ou sympathisants de la CGT. Autant vous le dire franchement, nous en sommes fiers.

Les arguments du type : “C’est pas nous c’est la machine, faites une lettre au DALE et quand vous aurez un refus écrivez au DDA qui transmettra à la DDTE/FP” ne peuvent que renforcer le sentiment d’être livrés à un système déshumanisé contre lequel il est difficile de lutter. Or, il ne nous revient pas d’être les défenseurs de ce système. Notre devoir est de dire la vérité aux usagers : “ C’est le directeur d’agence locale qui prend la décision. ” Que les signataires assument leurs actes ! Nous n’avons pas à nous mettre en danger en endossant des responsabilités qui ne nous reviennent pas, et des décisions qui nous échappent totalement. Car le danger est bel et bien réel : réalisons que quand on prive des personnes, souvent avec charge de famille, de tout revenu pendant deux mois (ou plus) pour n’être pas venues à un rendez-vous, il peut y avoir des incidents. Comment réagirions-nous si, pour un retard ou un jour de travail raté, on nous privait de deux mois de salaire ? Il convient d’insister là-dessus, les sanctions sont démesurées et peuvent entraîner des individus dans des situations critiques. À titre d’exemple, financièrement il vaut mieux faire un excès de vitesse ou conduire en état d’ébriété que rater un entretien à l’ANPE.

Ces méthodes visent-elles vraiment à réduire le chômage ou plutôt à servir des intérêts particuliers ? Tout économiste averti vous le dira, la présence d’un important contingent de chômeurs intéresse directement les tenants de l’économie libérale pour l’effet qu’ont ceux-ci sur le niveau des salaires pratiqués dans les entreprises. Mais évidemment ceci ne peut marcher que si les demandeurs d’emploi se retrouvent en situation de devoir accepter n’importe quel emploi à n’importe quelle rémunération. C’est donc dans cet unique objectif que le patronat français, Medef en tête, a fait pression (sans avoir à trop forcer) sur les différents gouvernements de ces dix dernières années pour prendre des mesures en ce sens. Le système est assez dur comme ça, refusons d’en rajouter. Chômeurs, c’est pas leur métier ! Exclure, c’est pas notre métier ! » (www.cgt-anpe-paca.org) Du côté des usagers des administrations spécialisées dans le harcèlement et la mauvaise foi, il ne reste souvent que la bravade solitaire : « Monsieur le directeur, cette accumulation de contrôles, d’attentes et de visites obligatoires à différents organismes (CLI, CCAS, CPAM, ANPE, Assedic…) ne fait qu’encourager les chômeurs à abandonner leurs recherches, ce qui a pour effet de les radier automatiquement des listes et, bien sûr, de faire baisser les chiffres du chômage. J’imagine que vous y avez réfléchi et que, tout compte fait, vous ne vous en plaignez pas » , craque une chômeuse bordelaise.

« Au dernier courrier que je vous ai adressé (au sujet des stages d’ “ auto-marketing ” pour chômeurs) vous avez répondu par une convocation automatique au guichet de l’ANPE. Je m’y suis rendue. Mais on ne peut pas dire que cela ait amélioré ma situation. Au contraire, la “ conseillère ” m’a menacée de supprimer mon RMI car, a-t-elle dit, “ Cela n’a qu’un temps et n’est pas une solution. ” Je suis bien d’accord avec elle sur ce point, mais est-ce à elle d’en décider ? Il me semblait que le RMI était un droit et qu’on ne pouvait le supprimer à l’allocataire sans une raison explicitement exprimée dans la loi. L’ANPE est censée être au service des demandeurs d’emploi, et non un outil de coercition des pauvres au seul profit des employeurs et des statisticiens gouvernementaux. Je réaffirme d’une part que le problème n’est pas que je ne sais pas m’y prendre mais qu’il n’y a pas de travail, et d’autre part, que l’argent public dépensé pour la formation de “ marketing ” de soi-même, s’il était versé au demandeur d’emploi, lui permettrait de mener ses recherches dans d’excellentes conditions. ” Réponse à ce courrier : même lettre-type convoquant notre chômeuse au même guichet sous peine de radiation. Comment résister à ce harcèlement des bureaucraties antisociales ? Peut-être faudrait-il centraliser tous les cas de radiation abusive pour contre-attaquer collectivement ? Et construire un rapport de force considérable. Créer des bourses du travail autogérées, proposait quelqu’un. Ou s’inspirer de cette assemblée de chômeurs de Bilbao qui, il y a quelque temps, a réussi à imposer ses membres aux chefs de chantiers. En tout cas, si le printemps se fait chaud, il faudra que les chômeurs tiennent le haut du pavé : ne sont-ils pas l’avenir du travail, c’est-à-dire sa négation ?

Article publié dans le CQFD n° 21, Mars 2005.






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LA MACHINE A RADIER
| 19 septembre 2006 |

Dans la même veine…

Etant intermittent Francilien, j’ai comme mon colègue la chance de subsister des quelques heures de travails qu’on me propose. cela dit entre Fin juillet 2006 et aujourd’hui je me suis radier des assedic pour periode d’absence supérieur à 35 jours (je ne sais même pas comment faire ce type de déclaration) alors que j’ai déclarer des activités mensuelles régulières Tous les mois depuis Avril 2005. J’ai été réinscrit, mais c’est à présent mon renouvellement de droit qui se trouve bloqué du fait de l’absence d’une déclaration d’un de mes employeur. J’ai donc suivi les conseils de la très « sacrosainte plateforme telephonique » en renvoyant le dossier avec un DPAE urssaf du cachet en question : Une semaine plus tard refu car un ce type de justificatif n’est pas valide. Sur conseil de l’acceuil de mon antenne assedic j’ai réexpédier mon dossier avec une attestation sur l’honneur certifaint ne pas avoir recu de déclaration ou rémunération de cet employeur : une semaine plus tard nouveau refus car (contrairement à la loi) une attestation de ce type ne suffit pas. Je suis donc pris en otage par mon employeur et l’assedic pour un 1 cachet en fin de période des 10 mois et demi. Alors que je possède sans problème plus de 600 heures déclarées.

Il faut faire cesser ces abuts. Il faut raler, s’indigner, et protester. Que l’on réquilibre les sytème de financement et de répartition passe encore, si cela peu faire perdurer l’intermittence. Mais que l’on respecte le peut de droits qu’il nous reste. Surtout quand nos devoirs sont accru et bien remplis.

MARC GUEROULT intermittent écoeuré….

LA MACHINE A RADIER
Bernard | 20 août 2006 |
Ne vous inquiétez donc pas, si le Rmi est supprimé, ça sera 1789 puissance 1000, d’ailleurs, depuis 10 ans qu’on parle de le supprimer, que la France ne pourra bientôt plus payer, etc… le Rmi est toujours là et il n’a fait qu’augmenter. > LA MACHINE A RADIER
| 14 juillet 2005 | LA MACHINE A RADIER

Juste pour rire ! L’intermittent du spectacle (annexe 10 , musicien) que je suis et qui vient de traverser une longue, longue période avec peu de travail (30 à 40% de travail en moins depuis le grand fracas de juin 2003, mais il est vrai que « c’est un autre problème » dixit Mr le ministre Donnedieu de Vabre, lorsque je lui parlais travail et non pas protocole cad chômage -rencontre forcée, Coordination des intermittents de Rouen-) (… pardon , déjà je m’égare !) …voudrait juste, si vous le permettez, vous conter une « anecdote » récente avec son antenne ASSEDIC.

Je passe sur les justificatifs mensuels, centralisés à Paris, et donc totalement égarés… ; ayant tout de même la chance d’avoir eu suffisamment de travail sur 11 mois, je fournis fièrement les photocopies des feuillets « égarés », qui m’assureront LOGIQUEMENT une rééouverture de droits à l’annexe 10 de l’UNEDIC. Fin de droits précédents : 17 mars 2005 Fin juin 2005 : toujours rien ! ! Une conversation téléphonique avec une personne supposée s’occuper de mon dossier ASSEDIC, … pour me répondre qu’effectivement elle n’avais pas encore PRIS LE TEMPS d’ouvrir mon dossier depuis ces trois mois et demi ( !), et que de plus … elle partais en vacances dans les huit jours. Le rire est salutaire ! A inscrire aux chapitres des manœuvres citées dans votre article ?

J’ai encore la chance de vivre sur le petit peu de travail qui vient et va, et donc me contente encore de mon sort qui est sans commune mesure avec le quotidien de certains, privés de travail depuis des mois ou années.

Merci de m’avoir lu. Merci de votre tribune et votre journal. A.RASSE Intermittent du spectacle

 

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